Changements au sujet des retraites pour émigrés en France

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Le Soir Retraite : Nouvelles réformes
Ce qui attend les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités

 

Le système de retraite français, largement déficitaire, vient de subir une énième réforme, qui risque cette fois-ci d’aggraver le mécontentement des futurs retraités et surtout de voir le pouvoir d’achat de ceux qui sont déjà à la retraite amorcer une baisse. Les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités, sont concernés, avec peut-être une perspective positive pour les salariés exposés à une pénibilité particulière, comme c’est le cas pour la majorité d’entre eux.
La fiscalisation de la majoration de pension pour les parents de trois enfants et plus a suscité de nombreuses interrogations. Jusqu’à présent, les parents (mère comme père) ayant élevé trois enfants et plus bénéficient d’une majoration de pension de 10% (régime général et complémentaires).

Ce «bonus» qui n’était pas fiscalisé, le sera dès 2014, c’est-à-dire qu’il sera intégré dans les revenus imposables des retraités. Le gouvernement français prévoit aussi à partir de 2020 de revoir le système de ces majorations. Cette fiscalisation devrait s’appliquer pour les pensions perçues en 2013, c’est-à-dire sur les impôts payés en 2014. Les règles d’attribution de la majoration de 10% pour trois enfants seront modifiées, mais pas pour les retraités et ceux qui partiront à la retraite d’ici à 2020. Le montant de cette majoration devrait être progressivement plafonné et transformé en majoration forfaitaire par enfant pour les pensions prenant effet après 2020. Il n’y aurait donc pas de lien direct avec la date de naissance des enfants. Autre mesure qui va toucher les retraités, c’est le report de la revalorisation des pensions de retraite en novembre plutôt qu’au 1er avril.

1 salarié sur 5 concerné par le «compte pénibilité»
Environ 3,3 millions de salariés du privé pourront bénéficier des comptes sur les métiers pénibles mis en place dans le cadre de la réforme des retraites, selon une note d’impact du gouvernement français. Près de 18,2% des salariés du privé y auront accès. Environ 55% des bénéficiaires seraient des hommes et 45% des femmes. Les métiers pénibles peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatigant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques).
Beaucoup de travailleurs émigrés, occupant les postes les plus difficiles et dont les Français ne veulent pas, bénéficieront de ce «compte pénibilité». Ce «compte» doit permettre aux salariés d’acquérir des points en fonction du temps passé en situation de pénibilité, qu’ils peuvent ensuite utiliser pour se reconvertir, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite dans la limite de deux ans avant l’âge légal de 62 ans.

Des petites mesures techniques passées inaperçues
Les principales mesures du projet de réforme des retraites en France ont été présentées le 18 septembre dernier en Conseil des ministres. Parmi ces mesures, il y a l’allongement de la durée de cotisation. D’autres, plus «techniques», sont passées quasiment inaperçues. Or, elles auront des implications concrètes pour les seniors en fin de carrière. Le texte prévoit, par exemple, qu’à compter du 1er janvier 2015, une personne devra cesser toutes ses activités professionnelles pour demander le versement de ses pensions, tandis qu’actuellement, pour faire liquider sa retraite, il suffit de cesser l’activité professionnelle relevant du régime dans lequel vous faites votre demande. Actuellement, si vous êtes salarié et exercez en parallèle une activité indépendante, vous devez uniquement cesser votre activité salariée pour percevoir vos pensions de retraite du régime général et vos complémentaires. Ce ne sera plus le cas. Une autre mesure concerne le cumul emploi-retraite, ce dispositif qui permet de recommencer à travailler une fois sa retraite liquidée et donc de cumuler sa pension et la rémunération de sa nouvelle activité.
Aujourd’hui, lorsque vous reprenez une activité dans un autre régime que celui qui vous verse vos pensions, vous pouvez vous constituer de nouveaux droits dans ce nouveau régime. Mais le projet de réforme des retraites prévoit qu’à partir de 2015, vos cotisations seront désormais versées à fonds perdus. Résultat, cette «nouvelle activité» ne vous permettra plus d’améliorer le montant de votre pension de retraite.
LSR

Le Soir Retraite : Nouvelles réformes
Ce qui attend les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités

 

Le système de retraite français, largement déficitaire, vient de subir une énième réforme, qui risque cette fois-ci d’aggraver le mécontentement des futurs retraités et surtout de voir le pouvoir d’achat de ceux qui sont déjà à la retraite amorcer une baisse. Les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités, sont concernés, avec peut-être une perspective positive pour les salariés exposés à une pénibilité particulière, comme c’est le cas pour la majorité d’entre eux.
La fiscalisation de la majoration de pension pour les parents de trois enfants et plus a suscité de nombreuses interrogations. Jusqu’à présent, les parents (mère comme père) ayant élevé trois enfants et plus bénéficient d’une majoration de pension de 10% (régime général et complémentaires).

Ce «bonus» qui n’était pas fiscalisé, le sera dès 2014, c’est-à-dire qu’il sera intégré dans les revenus imposables des retraités. Le gouvernement français prévoit aussi à partir de 2020 de revoir le système de ces majorations. Cette fiscalisation devrait s’appliquer pour les pensions perçues en 2013, c’est-à-dire sur les impôts payés en 2014. Les règles d’attribution de la majoration de 10% pour trois enfants seront modifiées, mais pas pour les retraités et ceux qui partiront à la retraite d’ici à 2020. Le montant de cette majoration devrait être progressivement plafonné et transformé en majoration forfaitaire par enfant pour les pensions prenant effet après 2020. Il n’y aurait donc pas de lien direct avec la date de naissance des enfants. Autre mesure qui va toucher les retraités, c’est le report de la revalorisation des pensions de retraite en novembre plutôt qu’au 1er avril.

1 salarié sur 5 concerné par le «compte pénibilité»
Environ 3,3 millions de salariés du privé pourront bénéficier des comptes sur les métiers pénibles mis en place dans le cadre de la réforme des retraites, selon une note d’impact du gouvernement français. Près de 18,2% des salariés du privé y auront accès. Environ 55% des bénéficiaires seraient des hommes et 45% des femmes. Les métiers pénibles peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatigant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques).
Beaucoup de travailleurs émigrés, occupant les postes les plus difficiles et dont les Français ne veulent pas, bénéficieront de ce «compte pénibilité». Ce «compte» doit permettre aux salariés d’acquérir des points en fonction du temps passé en situation de pénibilité, qu’ils peuvent ensuite utiliser pour se reconvertir, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite dans la limite de deux ans avant l’âge légal de 62 ans.

Des petites mesures techniques passées inaperçues
Les principales mesures du projet de réforme des retraites en France ont été présentées le 18 septembre dernier en Conseil des ministres. Parmi ces mesures, il y a l’allongement de la durée de cotisation. D’autres, plus «techniques», sont passées quasiment inaperçues. Or, elles auront des implications concrètes pour les seniors en fin de carrière. Le texte prévoit, par exemple, qu’à compter du 1er janvier 2015, une personne devra cesser toutes ses activités professionnelles pour demander le versement de ses pensions, tandis qu’actuellement, pour faire liquider sa retraite, il suffit de cesser l’activité professionnelle relevant du régime dans lequel vous faites votre demande. Actuellement, si vous êtes salarié et exercez en parallèle une activité indépendante, vous devez uniquement cesser votre activité salariée pour percevoir vos pensions de retraite du régime général et vos complémentaires. Ce ne sera plus le cas. Une autre mesure concerne le cumul emploi-retraite, ce dispositif qui permet de recommencer à travailler une fois sa retraite liquidée et donc de cumuler sa pension et la rémunération de sa nouvelle activité.
Aujourd’hui, lorsque vous reprenez une activité dans un autre régime que celui qui vous verse vos pensions, vous pouvez vous constituer de nouveaux droits dans ce nouveau régime. Mais le projet de réforme des retraites prévoit qu’à partir de 2015, vos cotisations seront désormais versées à fonds perdus. Résultat, cette «nouvelle activité» ne vous permettra plus d’améliorer le montant de votre pension de retraite.
LSR

Pas de visa français sans test de connaissances

Regroupement familial : Pas de visa français sans test de connaissances

par Djamel B.
Les candidats au regroupement familial en France devront, désormais, passer un examen culturel dans leur pays d’origine et avoir des bases solides en français pour obtenir un visa, selon un décret qui doit paraître sur le journal officiel de la République française. Selon le journal Le Figaro, les candidats au regroupement familial devront apprendre le français dans leur pays d’origine pour l’obtention d’un visa. «Parce que la langue est le meilleur vecteur d’intégration», le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, souhaite désormais que les migrants, avant d’arriver sur le sol français, puissent s’exprimer en français, même rudimentaire, rapporte jeudi le Figaro sur son site internet. «Toute demande de visa d’immigration familiale donnera lieu à un examen culturel et linguistique, sur place, en répondant à des questions simples, précise le quotidien français qui a pu se procurer le décret.

Ils devront répondre à des questions, tel que : «En France, une jeune femme peut-elle travailler sans l’autorisation de son mari ?». Les migrants disposant des bases de français seront donc dispensés de cours, ainsi que les jeunes de moins de 16 ans et les plus de 65 ans, ajoute le journal. Ce dispositif d’apprentissage précoce du français, dès la terre d’origine, entrera en vigueur à partir du 1er décembre prochain, précise Le Figaro.

D’autre part, et selon le ministre de l’Immigration, le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière en France, pour les neuf premiers mois de 2008, a dépassé celui de l’ensemble de l’année 2007, qui était de plus de 23.000. A la fin septembre, souligne le ministre, le nombre d’éloignements des étrangers en situation illégale était supérieur au total des éloignements de toute l’année 2007. L’an dernier, ce chiffre avait atteint environ 23.200, au-dessous de l’objectif de 25.000 pour 2007, porté à 26.000 pour 2008, dans le cadre d’une politique visant à encourager l’immigration professionnelle et à limiter le regroupement familial. La politique mise en oeuvre par Brice Hortefeux, un proche de Sarkozy, se caractérise aussi par une volonté affichée de lutter contre l’immigration clandestine, notamment par l’expulsion des sans-papiers.

Cette politique a été décriée par plusieurs ONG, qui avaient dernièrement indiqué que le bilan de la droite en matière d’immigration est «désastreux et que les différentes lois Sarkozy et Hortefeux sur le sujet sont facteur d’injustice et de désordre… ». Le parti socialiste (P.S) aussi n’a pas été tendre en critique envers la politique de la droite en matière d’immigration. L’un des responsables du P.S., Faouzi Lamdaoui, a récemment souligné que «l’hyperactivité législative de Sarkozy ne sert qu’à dissimuler son mauvais bilan en matière d’immigration : quatre lois sur l’immigration en quatre ans, fait inédit sous la Vème République. La multiplication de textes inutiles et d’effets d’annonce populistes contribue à une stigmatisation intolérable des immigrés dans notre pays», écrit Lamdaoui, dans une tribune intitulée «Non à la France grimaçante d’Hortefeux», publiée par «Libération». Pour l’auteur de la tribune, «la pression exercée sur l’administration pour atteindre des objectifs démagogiques de 25 000 reconduites par an est dangereuse, et conduit à des drames humains semblables à celui des immigrés défenestrés ou noyés ces derniers mois». Le responsable du PS a préconisé «une nouvelle politique d’accueil et d’intégration plus efficace, reposant sur le contrat d’accueil et d’intégration, l’octroi du droit de vote aux étrangers non-communautaires après cinq ans de résidence légale aux élections locales par voie parlementaire et la réintroduction du droit au regroupement familial dans l’intérêt des familles, conformément à la convention européenne des droits de l’Homme».

En visite au Gabon, en septembre dernier, le ministre français de l’Immigration avait affirmé que l’Europe ne devait devenir «ni une forteresse, ni une passoire», soulignant qu’il fallait organiser l’immigration en tenant compte des particularités de chaque Etat. «C’est exactement l’inverse d’une barricade. L’Europe ne doit ni devenir une forteresse, ni une passoire», a estimé le ministre en répondant à un journaliste parlant d’une Europe qui se barricade. «On tient compte des particularités de chaque Etat. L’objectif, c’est d’organiser. Il faut mettre fin à une période où chacun s’ignorait l’un l’autre. Au contraire, il faut que l’on bâtisse des accords de gestion concertée des flux, et c’est ce que nous sommes en train de faire», a-t-il ajouté.

le quotidien oran
2 NOVEMBRE 2008Sommet européen sur l’immigration à Vichy : la France est-elle cohérente avec ses engagements universels ?

par Fayçal Megherbi *
Les 3 et 4 novembre, la présidence française de l’Union européenne réunit, à l’initiative de Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, l’ensemble des 27 ministres européens de l’Intérieur et de la Justice pour échanger sur les « bonnes pratiques » à promouvoir à l’échelle de l’Union européenne sur la question de l’immigration. Pendant ces derniers mois, des mesures à l’encontre des immigrés résidant en Europe ont connu une forte accentuation.

En effet, après le vote par le Parlement européen, le 18 juin dernier, de la «directive de la honte», qui a pour objet d’harmoniser les conditions de rétention et d’expulsion des immigrés en situation irrégulière dans l’Union européenne, l’acceptation le 26 septembre du Pacte européen sur l’Immigration et l’Asile, soumis pour adoption au Conseil de l’Union européenne le 15 octobre, la tenue de la Conférence interministérielle euro-africaine du 25 novembre en matière d’immigration et de développement pour tenter de transférer aux pays de transit ou d’origine des migrants l’impopularité d’une politique axée sur la répression, et enfin, l’organisation par le ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, à Vichy les 3 et 4 novembre, d’un Sommet européen en vue de la mise en oeuvre d’une politique convergente à l’échelle européenne en matière d’immigration, de droit d’asile, de contrôle des flux migratoires, de coopération et de développement.

Toutes ces initiatives confirment que la politique européenne, en matière d’immigration, progresse vers la construction de sa forteresse. L’Europe démocratique prend-elle en compte ses engagements en matière des droits de l’homme ? La politique française d’immigration «choisie», avec la négation du droit de vivre en famille, est-elle finalement conforme aux dispositions de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés européennes, qui prévoit des règles qui garantissent le principe de mener une vie familiale et privée stable et normale dans les Etats membres de l’Union européenne ? Le gouvernement français a justifié cette nouvelle approche de la politique de l’immigration par ses intérêts économiques.

Toutefois, une étude de l’Insee (1), réalisée en 2007 et publiée le 24 octobre dernier, souligne que le taux de chômage des immigrés, qui sont principalement ouvriers ou employés, est deux fois plus élevé que celui des non-immigrés, avec des différences selon les qualifications, le sexe et l’origine. En 2007, 361.000 immigrés de 15 ans ou plus étaient au chômage, d’après l’enquête Emploi de l’Institut national de la statistique.

Les immigrés (nés étrangers à l’étranger mais qui ont pu devenir Français) représentent ainsi 16% des chômeurs, alors qu’ils ne constituent que 9% de la population active (2,4 millions d’immigrés sur 27,8 millions d’actifs). Le taux de chômage parmi les immigrés (15,2%) est deux fois plus élevé que parmi les non-immigrés (7,3%).

Cet écart est en partie dû aux différences de qualification. «Les immigrés sont plus nombreux à occuper des emplois peu ou non qualifiés et sont donc davantage exposés au chômage», explique l’Insee. Parmi les 30-64 ans, les immigrés actifs sont trois fois plus nombreux que les non-immigrés à ne posséder aucun diplôme (37% contre 12%).

Mais, à diplôme égal, les immigrés actifs, dont un quart sont diplômés de l’enseignement supérieur, demeurent plus souvent au chômage que les autres.

Ainsi, le taux de chômage de ces immigrés diplômés est près du triple de celui des autres actifs de niveau équivalent. «Les formations qu’ils ont pu suivre à l’étranger ne sont pas forcément reconnues en France», souligne Pascale Breuil (Insee), qui se dit «prudente sur la question des discriminations». Les femmes immigrées sont également plus touchées par le chômage que les hommes immigrés (17,3% contre 13,5%) et elles travaillent plus fréquemment à temps partiel que les autres actives (34% contre 28%). Même constat chez les jeunes immigrés : 28% des 15-24 ans sont au chômage, contre 13% des 50 ans et plus.

L’Insee note également que les immigrés actifs nés dans l’Union européenne sont beaucoup moins exposés au chômage que les autres.

«Les immigrés qui viennent d’Espagne, d’Italie ou du Portugal, qui sont présents depuis plus longtemps en France», ont même un «taux de chômage inférieur» d’un point à celui des actifs non immigrés, précise Mme Breuil.

A l’inverse, les natifs d’Algérie ou de Turquie ont un risque de chômage triple de celui des non-immigrés.

Globalement, 62% des immigrés occupent des emplois d’ouvriers ou d’employés, contre 51% des autres actifs ayant un emploi. Les immigrés venus des pays d’Europe, autres que l’Espagne, l’Italie et le Portugal, sont davantage cadres ou professions intermédiaires.

Quant aux femmes immigrées, un tiers d’entre elles occupent des postes d’employées non qualifiées, contre une sur cinq pour les non-immigrées. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent majoritairement dans le tertiaire (73%). Et dans des secteurs comme le nettoyage, les services domestiques et les entreprises de sécurité, plus de 20% de la main-d’oeuvre est constituée d’immigrés. L’Insee précise qu’en Ile-de-France, 69% des salariés des entreprises de nettoyage sont des immigrés.

Peut-on parler de valeurs républicaines à la française en relevant, d’une part, les différences de traitement entre les employés en raison de leur origine, sexe et nationalité, et la violation d’une autre part le principe d’égalité (article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés européennes) ?

L’enjeu aujourd’hui n’est pas d’entourer l’Europe d’une enceinte de barbelés électrifiés et militairement gardés mais plutôt de garantir aux immigrés présents sur le sol européen le bénéfice de toutes les conditions pour s’insérer dignement dans la société française ou les sociétés européennes (accès au logement, à l’emploi, à la santé, à l’éducation…).

Par ces mesures, l’Europe sortira grandie s’il elle fonde sa construction sur le respect des droits de l’homme et la démocratie.

* Doctorant en droit et juriste d’ONG à Paris

(1) Institut national de la statistique et des études économiques

Le nombre des départs volontaires de clandestins en hausse

SANS PAPIERS :
Le nombre d’expulsion en hausse, celui des départs volontaires aussi

Sans papiers: Hortefeux dévoile des chiffres flatteurs, les associations les relativisent

Stephane de Sakutin AFP/Archives ¦ Vue réalisée le 19 janvier 2008 du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot au nord de Paris

Brice Hortefeux a chiffré ce jeudi sur France 2 à environ un tiers, «33 à 35 %», le nombre de retours volontaires d’étrangers en situation irrégulière qui devraient être atteints d’ici fin 2008 parmi les reconduites à la frontière.

Près de 7.500 retours volontaires ont été enregistrés entre janvier et août 2008, «contre 913 sur la même période de 2007, soit une progression de 726,5%», précise le cabinet du ministre de l’Immigration dans un communiqué. En 2006, le nombre de retours volontaires ne représentait que 7%. Pour Brice Hortefeux, il s’agit d’une «rupture totale», qui signifie que «le message est compris». La veille, il avait annoncé en présentant le budget de son ministère devant la Commission des finances élargie de l’Assemblée nationale que le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière pour les neuf premiers mois de l’année dépassait celui de toute l’année 2007.

Précaution

Il convient cependant de prendre ces annonces avec précaution. Sophie Baylac, du service de défense des étrangers à la Cimade s’interroge: «Je me demande ce qui se cache derrière ces chiffres des retours volontaires car Brice Hortefeux n’a pas précisé les nationalités concernées». La Cimade relève qu’en 2007, les Roumains et les Bulgares représentaient encore une part importante des reconduites à la frontière, alors que ces deux pays sont entrés dans l’UE depuis janvier 2007.

«Les ressortissants de ces pays demeurent malheureusement les citoyens indésirables de l’Europe, explique Sophie Baylac. Or, il est possible d’expulser un ressortissant européen pour deux raisons: soit parce qu’il représente une menace à l’ordre public soit parce qu’il constitue une charge déraisonnable sur le système d’aide sociale», rappelle-t-elle, soulignant que «l’aide au retour volontaire est une troisième option, moins contraignante». Avant d’ajouter: «La somme de 300 euros par adulte est attractive et beaucoup de ces personnes acceptent cette offre».

Scepticisme

Même scepticisme du collectif Rom Europe, qui affirme ce jeudi que «parmi les 6.000 départs volontaires enregistrés sur les cinq premiers mois de 2008», figurait «une forte représentation de Roumains et Bulgares, deux nationalités qui constituaient déjà 1⁄4 des éloignements en 2006, avant leur entrée dans l’Union européenne. Or on sait qu’il s’agit essentiellement de Roms dont le dénuement auquel ils se trouvent acculés sert de prétexte pour évacuer les lieux de vie, dans le cadre d’opérations de retour organisées de façon conjointe par la police et l’ANAEM (Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations).»

Mikael Goubin, avocat rennais spécialisé dans le droit de l’entrée et du séjour des étrangers en France et le droit d’asile, évoque lui aussi ces départs volontaires qui font le bonheur d’Hortefeux… sans en être vraiment: «Lors des préparations de mariage, souvent les conjoints de Français ont un visa de court séjour, et il leur faut un visa de long séjour. Il faut donc qu’ils retournent chez eux pour régler le problème. C’est parfois l’affaire de 48 heures, mais c’est comptabilisé quand même.»

Réadmission et bis repetita

Plusieurs mécanismes permettent de rendre les chiffres plus attractifs, comme la procédure de réadmission. Elle concerne des étrangers qui circulent irrégulièrement en France mais qui vivent, régulièrement ou pas, ou ont traversé un autre pays européen (exemple le plus grossier; un touriste né au Sénégal et régularisé en Italie en vacances en France et renvoyé chez lui. Ou encore des demandeurs d’asile qui ont déposé leur demande en France mais qui ont transité par un autre Etat membre, ou qui ont déjà déposé une demande dans un autre État membre. Dans ce cas, les règlements européens prévoient que l’étranger doit être renvoyé vers l’État européen responsable.

«Les possibilités de contestation étant pratiquement nulles, cette pratique de la réadmission, beaucoup utilisée en 2006 s’est encore développée en 2007 pour augmenter le nombre de reconduites à la frontière», précise la Cimade. Autre pratique courante, le renvoi au pays à triple détente des Roms, qui reviennent immédiatement en France. Certains sont ainsi expulsés trois fois par an et gonflent les statistiques.

Augmentation des demandes d’asile

Soit 21.263 reconduites à la frontière, forcées ou non. L’an dernier, ce chiffre avait été de quelque 23.200 éloignements, en-dessous de l’objectif de 25.000 pour 2007, porté à 26.000 pour 2008.

Brice Hortefeux a par ailleurs prévenu que son ministère allait «avoir besoin de crédits supérieurs» pour «faire face» à l’augmentation des demandes d’asile. Après une très forte baisse entre 2005 et 2007 (40%), le nombre de demandes d’asile à fin septembre 2008 était en hausse de 12,6% par rapport à l’année précédente, a-t-il précisé.

Un budget en baisse

«La situation s’est totalement inversée, a-t-il constaté. Pour 2009, j’ai engagé une concertation avec Eric Woerth, le ministre du Budget afin de prendre en compte cette évolution.»

Le budget 2009 du ministère, en baisse de 15%, prévoit une enveloppe globale de 538,7 millions d’euros en crédits de paiement qui se répartit en trois programmes: «immigration et asile», doté de 436 millions, «intégration et accès à la nationalité» doté de 77,8 millions et «développement solidaire et migrations» doté de 24,5 millions.
Stephane de Sakutin AFP/Archives ¦ Vue réalisée le 19 janvier 2008 du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot au nord de Paris
– 20Minutes

Des Algériens aux Etats-Unis perdent leur épargne et leur emploi


De nombreux Algériens établis aux Etats-Unis ont été touchés de plein fouet par la crise financière qui secoue la première puissance mondiale depuis plusieurs mois. Certains ont perdu des sommes colossales dans leur plan de retraite tandis que d’autres ont perdu leur emploi en raison de la récession.

Les plus touchés par la crise sont ceux ayant souscrit au fameux plan de retraite connu sous le code 401 K. Il s’agit d’un système d’épargne retraite géré par des fonds de pension qui investissent cet argent dans des actions et des obligations. Le plan autorise l’employé à déduire, hors taxes, une partie de son salaire pour l’investir dans différentes options offertes par son entreprise. Ce système a été mis en place par le gouvernement américain en 1981 sous la présidence du républicain Ronald Reagan avec des avantages fiscaux incitatifs. Depuis, le plan a attiré des millions de souscripteurs, y compris des Algériens vivant aux Etats-Unis, même ceux y résidant et y travaillant depuis peu.

«L’idée était que beaucoup d’Algériens voulaient profiter de ce plan pour engranger un bon pactole afin de finir éventuellement leur retraite au bled», a indiqué au Jeune Indépendant Mohamed Djeddour, un Algérien établi depuis 29 ans aux Etats-Unis dont la plus grande partie à Chicago dans l’Illinois.

«D’autres qui sont plus familiers avec le système de retraite algérien ont tourné le dos au 401 K, préférant le second système traditionnel qui est sans risque, mais qui n’attire que peu de souscripteurs dans un marché de plusieurs milliards de dollars», a dit Mohamed, 48 ans, originaire de l’Ouest algérien. Selon le Centre de recherche sur les retraites de l’université de Boston (Center for Retirement Research), au moins 65 % des salariés américains dépendent de leur épargne individuelle. Dès lors, chaque souscripteur était obligé de gérer son propre plan de retraite d’entreprise et à placer une partie de ses économies sur les marchés financiers. Les Algériens qui avaient opté pour ce produit ont subi les conséquences de la chute vertigineuses des sociétés de finances comme tous les souscripteurs américains.

«J’ai perdu une année de salaires et je n’ose plus aller jeter un coup d’œil sur mon épargne retraite», lançait Djamel, 44 ans, ancien vétérinaire converti dans la téléphonie mobile, rencontré dans un café du quartier d’Elston dans le North side de Chicago, la ville du candidat à la présidence américaine, le sénateur démocrate Barack Obama. Client chez Fidelity investement où il a placé son plan de retraite, Djamel ne décolère pas. « C’est la faute à ces spéculateurs et ces courtiers qui se remplissent les poches à New York», se lamente-t-il tout en gesticulant pour exprimer sa frustration.

«Heureusement que je suis encore jeune pour reconstruire mon plan de retraite», se console-t-il avant que son compatriote Hassen, assis à une table mitoyenne tout en sirotant un «café presse», lui rétorque que rien n’est désormais sûr dans un pays qui ne cesse de collecter les ouragans financiers. Selon les experts budgétaires du Congrès américain, la chute en cascade de la Bourse ces 15 derniers mois a fait disparaître quelque 2 trillions de dollars de l’épargne de retraite des salariés. Ces pertes vont contraindre de nombreux employés à travailler plus longtemps et à différer leur départ en retraite.

Pour d’autres Algériens, l’infortune est encore plus grande puisqu’ils ont perdu leur emploi ; leurs patrons ne pouvant plus assurer leurs salaires, les ont congédiés. Certains ont dû quitter leur emploi volontairement en raison des réductions salariales tandis que d’autres ont été renvoyés avec la promesse d’être repris une fois la tempête passée.

Quelque 160 000 Américains ont perdu leur emploi selon les chiffres officiels de septembre dernier. Tous les secteurs ont été touchés y compris celui de la presse où de nombreux journaux locaux ont dû licencier la moitié de leur staff, à l’image du quotidien Dallas Morning News qui a procédé vendredi dernier à des licenciements pour la quatrième fois depuis 2001.

Toutefois, d’autres Algériens plus ou moins aisés ont réussi à profiter de la situation pour acquérir des maisons à des prix abordables suite à l’effondrement vertigineux du marché de l’immobilier. Rachid, 50 ans, ingénieur manager chez Symantec dans le Silicon Valley en Californie, qui se trouvait de passage à Chicago pour rendre visite à un proche, avoue qu’il a pris l’avion de Qatar où son épouse travaille pour retourner aux Etats-Unis afin de conclure un contrat d’achat d’une propriété qui lui aurait coûté six fois le prix, n’était la récession.

De notre envoyé spécial à Chicago, Kamel Mansari

Le Jeune Indépendant

clés d’une expatriation réussie

EMPLOI ET CARRIÈRE
test de QI

intelligence

Les clés d’une expatriation réussie

carrière

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 salaire AUTEUR :Nicolas Sanders
recrutement carrière
226359
emploi
175

 

L’expatriation ne s’improvise pas. Découvrez cette série de conseils pratiques pour savoir ce que vous avez à perdre ou à gagner en changeant radicalement d’environnement géographique.

Il faut toujours se demander pourquoi l’herbe est plus verte ailleurs !
Test : Quel métier est fait pour vous ?

Travailler à l’étranger n’est pas toujours un choix personnel. Parfois, il s’agit d’une mutation des effectifs ou d’une promotion. A l’inverse, l’expatriation peut procéder d’une démarche personnelle, parce que l’on souhaite enrichir son expérience, monter un projet professionnel ou plus simplement changer de vie. Dans tous les cas, la décision doit être mûrement réfléchie.

Réussir à s’adapter
Ne partez pas à l’aveuglette ! A 500 ou à 5000 kilomètres de chez vous, la même question se pose : saurez-vous vous adapter à la culture locale ? Plus la distance est grande et plus le fossé est large. Si vous ne parlez pas la langue, vous serez confronté à une difficulté supplémentaire, mais pas insurmontable. Dans le cadre d’une promotion comme d’une mutation, vous risquez de vous éloigner pour un certain temps, en général deux à trois ans. Une expatriation lointaine et de longue durée implique nécessairement la question du retour. Il faudra vous réadapter à votre vie d’avant et retrouver votre place, ce qui n’est jamais gagné d’avance. [ De nombreux

Evaluer les conditions
L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. Vous devez vérifier si les conditions dans lesquelles vous évoluerez là-bas paraissent satisfaisantes ou non. Un Français travaillant à l’étranger dans une entreprise tricolore dispose généralement de nombreux avantages réglés par son employeur : impôts, logement, transports, frais divers, etc.

La situation est bien différente si vous êtes payé en devises locales et que vous ne devez compter que sur vous-même. En fonction de la destination, vous pouvez même être moins bien payé que ce que vous pourriez gagner dans votre pays d’origine. Toutefois, le coût de la vie y sera peut-être également très inférieur. La fiscalité reste un élément incontournable à considérer, en fonction de l’endroit qui sera votre lieu de résidence principale. [ Envie de bouger et grand départ  carrière]

Partir seul ou en famille
Selon son statut familial, il est plus ou moins difficile de s’expatrier. Surtout si la famille ne suit pas. Dans le cas contraire, il faut s’assurer que le changement ne leur posera pas de problème majeur (scolarité des enfants, activités du conjoint, etc.). Un conjoint obligé de démissionner pour suivre son époux expatrié a le droit de bénéficier, à son retour en France, d’allocations chômage (pour un séjour n’excédant pas 4 ans).

Pour envisager toutes les possibilités, il ne faut pas perdre de vue les horizons nouveaux que peut offrir une expatriation à son conjoint, comme démarrer un projet professionnel, suivre une formation ou des cours de langue. Dans tous les cas, la décision de partir doit associer tous les membres de la famille. Sinon, le pari est probablement plus risqué qu’on ne l’imagine. [ Une démarche personnelle  carrière]

Quitter la France

Devant la multiplication des mesures votées à l’encontre de la très grande majorité des Français : chômeurs, retraités, cadres, salariés, la constante dégradation du pouvoir d’achat, le démantèlement de tout le système social, la braderie de tous les services publics au privé…
Devant la dégradation constante des libertés : lois de plus en plus répressives, fichage des individus à partir de 13 ans, politique répressive vis-à-vis des immigrés…
Devant la dégradation voulue et entretenue par le pouvoir du climat social, la division des Français qu’on pousse à se battre les uns contre les autres, la rupture totale du lien social, les atteintes irréversibles à la solidarité…
Devant le climat de guerre civile provoqué par le petit autocrate de l’Elysée, son mépris pour l’ensemble des Français, son comportement de petit chef de clan, la dégradation et la perversion totales de la démocratie, de la fonction de chef de l’Etat…
Devant la conduite inéluctable de ce pays vers une autocratie policière…
Devant les atteintes à tous les droits : droit du travail, libertés, droit d’expression par la mainmise sur les médias entièrement à la botte…
Devant la morgue, le mépris, les insultes manifestés par tous les membres du clan mafieux au pouvoir vis-à-vis du peuple français…
Devant l’alignement inéluctable de ce pays des droits de l’homme et des libertés, sur le modèle ultralibéral anglo-saxon…
Devant l’aggravation de la précarité, de la misère, les atteintes portées au système de protection sociale et de santé…
Devant l’inéluctable organisation de ce pays en un système à deux vitesses : favorable aux riches, et impitoyable pour les pauvres…
Devant la livraison du pays, clés en main, aux puissances financières, aux vampires de la spéculation, aux conseils d’administrations du caca-rente…
Devant la transformation de ce pays en une société privée aux seuls bénéfices des nantis…

… Pour tous ceux pour qui c’est possible, une solution : quitter la France, s’expatrier.

La France est livrée, pour quatre ans encore, à ses pires ennemis, qui ont toute latitude pour faire voter les lois les plus scélérates, sans que la solidarité, qui, naguère, permit à son peuple de manifester pour empêcher les graves atteintes à ses droits les plus élémentaires, ne puisse plus s’exprimer : les Français étant totalement divisés, montés les uns contre les autres, isolés par le souci de leur propre survie, confinés dans le sauve-qui-peut-chacun-pour-soi, que les forces de la destruction au pouvoir ont réussi à imposer.

Les Français, sous la pression de conditions de vie de plus en plus précaires, se retrouvent soumis, oppressés, menacés, extorqués de leurs droits et de leurs libertés.

On épargnera l’épouvantable liste de toutes les mesures prises à l’encontre des citoyens ; chacun les connaît : démantèlement du droit du travail, franchises médicales, déremboursements, suppression de la durée légale du travail, remise en cause des droits des chômeurs, du RMI, des heures supplémentaires (à leur ancien taux), bientôt (c’est en route) du Smic, et des congés payés, lois liberticides, chape de plomb sur les médias, fichage des citoyens, précarisation du travail, atteintes au droit de grève, démantèlement de l’Education nationale, des services publics de proximité (hôpitaux, postes, tribunaux), économie en récession, inflation galopante, alignement de la politique extérieure sur l’Otan et les Etats-Unis (bientôt, sans doute, participation à une attaque guerrière en Iran), suppression du droit d’asile pour des milliers d’exilés menacés chez eux, chasse aux sans-papiers jusque dans les écoles, exercice d’un pouvoir autoritaire et absolu, sans le moindre contre-pouvoir possible.

La politique du petit Kondukator tout-puissant s’avère bien pire que tout ce qu’on en craignait, légitimement.

Rien ne s’arrangera d’ici la fin de son règne : on sait même que les choses ne vont faire que s’aggraver, pour la très grande majorité des citoyens.

Ce pays, livré au désespoir, n’a même plus les ressources de ses traditionnels moyens de lutte pour se défendre : les syndicats, divisés, n’arrivent plus à entraîner de mobilisation pour des grèves générales, les moyens d’expression légales : droit du travail, prud’hommes, sont mis sous l’éteignoir ; on n’assiste plus que, sporadiquement, à des manifestations corporatistes (pêcheurs, routiers, agriculteurs), sans aucun lien entre elles : chacun ne se battant que pour ses propres intérêts.

Ce pays n’est plus un peuple, mais un agrégat d’individus, de corporations, de communautés isolées et quelquefois opposées les unes aux autres ; le lien social en a été totalement rompu, le syndrome nimby y règne en maître, l’intérêt collectif n’est plus qu’un vague souvenir, le bien public une notion tombée aux oubliettes.

Ce pays est en danger. Quand les moyens légitimes d’expression des citoyens sont empêchés, leur dignité bafouée, leur liberté mise sous le boisseau ; toutes les conditions d’une montée en tension, prélude à une guerre civile s’accumulent, sans plus aucune soupape de sécurité pour les empêcher.
Les conditions d’une résistance sont étouffées dans l’œuf.

La cocotte-minute se transforme en bombe à retardement ; l’explosion sera inévitable, irrémédiablement suivie d’une répression qui créera toutes les conditions d’un Etat policier.

Tant que cette équipe sera au pouvoir, aucune amélioration n’est possible.

Aussi, une solution est tout à fait réalisable, pour toutes les catégories de citoyens pour qui c’est possible : s’expatrier le plus vite possible.

Pour tous les jeunes, en quête d’un premier emploi, l’horizon est large : d’autres pays de la communauté européenne (Espagne, Allemagne, pays scandinaves), le Canada, l’Australie, voire l’Inde.
Pour tous les cadres, qui viennent de voir voter une loi qui ramène leurs conditions de travail un siècle en arrière, de même.
Pour tous les retraités, contraints de grappiller les conditions d’une survie de plus en plus aléatoire, les nombreux pays de l’arc méditerranéen, où le niveau de vie est beaucoup moins élevé, et où leur retraite de misère leur assurera un niveau de vie décent : Maroc, Tunisie, voire Thaïlande, Vietnam ; où ils recevront, par ailleurs, un accueil des plus chaleureux.
Pour tous les travailleurs susceptibles de trouver de meilleures conditions de travail, à qualification égale, certains pays de la communauté européenne (toute la Scandinavie, l’Espagne…)

Je sais que l’expatriation n’est pas forcément une chose simple : rompre les liens quotidiens avec les familles, les amis, changer de cadre de vie, d’habitudes et de coutumes de vie, etc.

Pourtant, à bien y regarder, la plupart y ont beaucoup plus à gagner qu’à perdre : meilleur niveau de vie, nouvelles expériences, nouvelles relations, accueil chaleureux, conditions de travail améliorées, motivations à se créer un avenir.

 

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Emigration : Intérêt diplomatique avant le grand rush

La prise en charge de la communauté algérienne résidente à l’étranger, notamment ses besoins et ses interrogations, est repassée au devant des préoccupations de la diplomatie algérienne, si l’on en juge par les rencontres organisées par le ministère avec les diplomates en poste à l’étranger. Hier dimanche au siège du ministère, et devant les chefs de poste, le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a tenu à rappeler la mission première des diplomates, c’est-à-dire être au devant des préoccupations et des interrogations de la communauté nationale résidente à l’étranger.

Développant une nouvelle démarche en ce qui concerne la prise en charge de cette importante frange d’Algériens (environ 4 millions dans le monde, dont plus de 1,5 million en France), les autorités diplomatiques algériennes semblent s’éveiller sur une nouvelle exigence qui a été, ailleurs au Maghreb, mieux perçue, prise en charge et gérée. Au Maroc, les MRE (Marocains résidant à l’étranger) ont leurs propres structures d’accueil et de départ (police des frontières, douanes, banques, voyagistes), et, comme en Tunisie, les transferts financiers vers leur pays des émigrés représentent plus de 5 milliards de dollars annuellement. Dans leur pays, ils disposent d’une panoplie de mesures qui leur facilitent et rendent leurs vacances agréables, alors que leurs investissements dans leur pays bénéficient de toutes les facilités (bancaires, administratives, etc.).

Aujourd’hui, les autorités ont-elles compris le besoin impérieux de la communauté nationale à l’étranger d’être d’abord mieux représentée et défendue dans les pays d’accueil, ensuite d’être bien prise en charge lors des grandes vacances ? L’intégration de cette communauté est également un des objectifs des autorités diplomatiques, d’autant que la diaspora algérienne à l’étranger représente un formidable potentiel en termes financiers et de savoir-faire. Selon M. Medelci, cette intégration mettra au profit du pays le potentiel représenté par la communauté algérienne établie à l’étranger en matière de «savoir-faire, de ressources et de disponibilité», et la mettra en communion avec le reste du peuple algérien, qui lui aussi doit être informé de ce qu’est la communauté nationale à l’étranger.

«Il faut mieux écouter les préoccupations des ressortissants algériens, percevoir leurs messages et assurer d’autres niveaux de solidarité, outre la solidarité humaine», a-t-il dit à l’adresse des chefs de poste, avant de relever que «peut-être dans certains cas nous, qui sommes ici dans le pays, nous avons une vision un peu étriquée de ce que représente notre communauté à l’étranger. Il faut donc que cette communication entre Algériens puisse se faire d’une manière plus large, plus intelligente et plus mobilisatrice». Il a ainsi annoncé que des programmes d’actions conjoints entre le secteur des Affaires étrangères et celui de la Solidarité nationale seront élaborés et concrétisés selon les moyens disponibles en faveur de la communauté nationale à l’étranger. Il n’a pas précisé quels seront les moyens qui seront déployés pour mieux prendre en charge les besoins de la communauté nationale à l’étranger.

De son côté, le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale établie à l’étranger, M. Djamel Ould Abbès, a affirmé que son département ministériel oeuvrera à la protection des droits de la communauté algérienne émigrée. «La consolidation des liens avec la communauté nationale à l’étranger se fixe comme objectif premier de mettre à contribution la ressource humaine pour l’intérêt du pays et l’octroi, à ceux dont l’incapacité de produire est établie, le droit à une juste reconnaissance dans la dignité et le respect». «Nous veillerons sur la protection de leurs droits», a-t-il ajouté, avant de lancer un appel pour la mobilisation de cette communauté en faveur du développement national et la relance de l’économie nationale.

Pour autant, les deux ministres ont laissé beaucoup de points en suspens, notamment le degré d’intervention des autorités diplomatiques algériennes en faveur des sans-papiers, des harraga détenus dans les centres de transit, les cas sociaux, les reconduites aux frontières, etc. Autant de questions restées sans réponse, d’autant que les émigrés algériens, en Europe ou ailleurs dans le monde, sont souvent astreints au parcours du combattant quand ils veulent investir dans leur pays, ou simplement se faire virer de l’argent à partir de leurs comptes domiciliés dans les banques en Europe. Des questions, comme celles du transport et de l’accueil dans leur pays, qui constituent actuellement le talon d’Achille de la politique actuelle en matière de prise en charge de la communauté algérienne établie à l’étranger. Ou bien ce brusque intérêt n’est-il que conjoncturel, une opération de charme sans lendemain coïncidant avec la période des vacances

par Ali Babès

le qutidien d’oran