Changements au sujet des retraites pour émigrés en France

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Le Soir Retraite : Nouvelles réformes
Ce qui attend les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités

 

Le système de retraite français, largement déficitaire, vient de subir une énième réforme, qui risque cette fois-ci d’aggraver le mécontentement des futurs retraités et surtout de voir le pouvoir d’achat de ceux qui sont déjà à la retraite amorcer une baisse. Les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités, sont concernés, avec peut-être une perspective positive pour les salariés exposés à une pénibilité particulière, comme c’est le cas pour la majorité d’entre eux.
La fiscalisation de la majoration de pension pour les parents de trois enfants et plus a suscité de nombreuses interrogations. Jusqu’à présent, les parents (mère comme père) ayant élevé trois enfants et plus bénéficient d’une majoration de pension de 10% (régime général et complémentaires).

Ce «bonus» qui n’était pas fiscalisé, le sera dès 2014, c’est-à-dire qu’il sera intégré dans les revenus imposables des retraités. Le gouvernement français prévoit aussi à partir de 2020 de revoir le système de ces majorations. Cette fiscalisation devrait s’appliquer pour les pensions perçues en 2013, c’est-à-dire sur les impôts payés en 2014. Les règles d’attribution de la majoration de 10% pour trois enfants seront modifiées, mais pas pour les retraités et ceux qui partiront à la retraite d’ici à 2020. Le montant de cette majoration devrait être progressivement plafonné et transformé en majoration forfaitaire par enfant pour les pensions prenant effet après 2020. Il n’y aurait donc pas de lien direct avec la date de naissance des enfants. Autre mesure qui va toucher les retraités, c’est le report de la revalorisation des pensions de retraite en novembre plutôt qu’au 1er avril.

1 salarié sur 5 concerné par le «compte pénibilité»
Environ 3,3 millions de salariés du privé pourront bénéficier des comptes sur les métiers pénibles mis en place dans le cadre de la réforme des retraites, selon une note d’impact du gouvernement français. Près de 18,2% des salariés du privé y auront accès. Environ 55% des bénéficiaires seraient des hommes et 45% des femmes. Les métiers pénibles peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatigant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques).
Beaucoup de travailleurs émigrés, occupant les postes les plus difficiles et dont les Français ne veulent pas, bénéficieront de ce «compte pénibilité». Ce «compte» doit permettre aux salariés d’acquérir des points en fonction du temps passé en situation de pénibilité, qu’ils peuvent ensuite utiliser pour se reconvertir, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite dans la limite de deux ans avant l’âge légal de 62 ans.

Des petites mesures techniques passées inaperçues
Les principales mesures du projet de réforme des retraites en France ont été présentées le 18 septembre dernier en Conseil des ministres. Parmi ces mesures, il y a l’allongement de la durée de cotisation. D’autres, plus «techniques», sont passées quasiment inaperçues. Or, elles auront des implications concrètes pour les seniors en fin de carrière. Le texte prévoit, par exemple, qu’à compter du 1er janvier 2015, une personne devra cesser toutes ses activités professionnelles pour demander le versement de ses pensions, tandis qu’actuellement, pour faire liquider sa retraite, il suffit de cesser l’activité professionnelle relevant du régime dans lequel vous faites votre demande. Actuellement, si vous êtes salarié et exercez en parallèle une activité indépendante, vous devez uniquement cesser votre activité salariée pour percevoir vos pensions de retraite du régime général et vos complémentaires. Ce ne sera plus le cas. Une autre mesure concerne le cumul emploi-retraite, ce dispositif qui permet de recommencer à travailler une fois sa retraite liquidée et donc de cumuler sa pension et la rémunération de sa nouvelle activité.
Aujourd’hui, lorsque vous reprenez une activité dans un autre régime que celui qui vous verse vos pensions, vous pouvez vous constituer de nouveaux droits dans ce nouveau régime. Mais le projet de réforme des retraites prévoit qu’à partir de 2015, vos cotisations seront désormais versées à fonds perdus. Résultat, cette «nouvelle activité» ne vous permettra plus d’améliorer le montant de votre pension de retraite.
LSR

Le Soir Retraite : Nouvelles réformes
Ce qui attend les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités

 

Le système de retraite français, largement déficitaire, vient de subir une énième réforme, qui risque cette fois-ci d’aggraver le mécontentement des futurs retraités et surtout de voir le pouvoir d’achat de ceux qui sont déjà à la retraite amorcer une baisse. Les émigrés algériens en France, retraités et futurs retraités, sont concernés, avec peut-être une perspective positive pour les salariés exposés à une pénibilité particulière, comme c’est le cas pour la majorité d’entre eux.
La fiscalisation de la majoration de pension pour les parents de trois enfants et plus a suscité de nombreuses interrogations. Jusqu’à présent, les parents (mère comme père) ayant élevé trois enfants et plus bénéficient d’une majoration de pension de 10% (régime général et complémentaires).

Ce «bonus» qui n’était pas fiscalisé, le sera dès 2014, c’est-à-dire qu’il sera intégré dans les revenus imposables des retraités. Le gouvernement français prévoit aussi à partir de 2020 de revoir le système de ces majorations. Cette fiscalisation devrait s’appliquer pour les pensions perçues en 2013, c’est-à-dire sur les impôts payés en 2014. Les règles d’attribution de la majoration de 10% pour trois enfants seront modifiées, mais pas pour les retraités et ceux qui partiront à la retraite d’ici à 2020. Le montant de cette majoration devrait être progressivement plafonné et transformé en majoration forfaitaire par enfant pour les pensions prenant effet après 2020. Il n’y aurait donc pas de lien direct avec la date de naissance des enfants. Autre mesure qui va toucher les retraités, c’est le report de la revalorisation des pensions de retraite en novembre plutôt qu’au 1er avril.

1 salarié sur 5 concerné par le «compte pénibilité»
Environ 3,3 millions de salariés du privé pourront bénéficier des comptes sur les métiers pénibles mis en place dans le cadre de la réforme des retraites, selon une note d’impact du gouvernement français. Près de 18,2% des salariés du privé y auront accès. Environ 55% des bénéficiaires seraient des hommes et 45% des femmes. Les métiers pénibles peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatigant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques).
Beaucoup de travailleurs émigrés, occupant les postes les plus difficiles et dont les Français ne veulent pas, bénéficieront de ce «compte pénibilité». Ce «compte» doit permettre aux salariés d’acquérir des points en fonction du temps passé en situation de pénibilité, qu’ils peuvent ensuite utiliser pour se reconvertir, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite dans la limite de deux ans avant l’âge légal de 62 ans.

Des petites mesures techniques passées inaperçues
Les principales mesures du projet de réforme des retraites en France ont été présentées le 18 septembre dernier en Conseil des ministres. Parmi ces mesures, il y a l’allongement de la durée de cotisation. D’autres, plus «techniques», sont passées quasiment inaperçues. Or, elles auront des implications concrètes pour les seniors en fin de carrière. Le texte prévoit, par exemple, qu’à compter du 1er janvier 2015, une personne devra cesser toutes ses activités professionnelles pour demander le versement de ses pensions, tandis qu’actuellement, pour faire liquider sa retraite, il suffit de cesser l’activité professionnelle relevant du régime dans lequel vous faites votre demande. Actuellement, si vous êtes salarié et exercez en parallèle une activité indépendante, vous devez uniquement cesser votre activité salariée pour percevoir vos pensions de retraite du régime général et vos complémentaires. Ce ne sera plus le cas. Une autre mesure concerne le cumul emploi-retraite, ce dispositif qui permet de recommencer à travailler une fois sa retraite liquidée et donc de cumuler sa pension et la rémunération de sa nouvelle activité.
Aujourd’hui, lorsque vous reprenez une activité dans un autre régime que celui qui vous verse vos pensions, vous pouvez vous constituer de nouveaux droits dans ce nouveau régime. Mais le projet de réforme des retraites prévoit qu’à partir de 2015, vos cotisations seront désormais versées à fonds perdus. Résultat, cette «nouvelle activité» ne vous permettra plus d’améliorer le montant de votre pension de retraite.
LSR

Les déménagements de nouveau autorisés pour l’algerie

Les déménagements de nouveau autorisés : le «cadeau» de Bouteflika aux émigrés algériens

C’est le petit cadeau du candidat Bouteflika pour les algériens résidant à l’étranger à quelques semaines de l’élection présidentielle. Depuis quelques jours, les émigrés ne sont plus obligés de restituer leur carte de séjour lorsqu’ils effectuent un déménagement au pays.

En effet, début février, dans une instruction adressée aux représentations consulaires algériennes à l’étranger et dont TSA (www.tsa-algerie.com) a eu connaissance, le ministère des Affaires étrangères ne conditionne plus la délivrance du Certificat de changement de résidence (CCR) à la restitution de la carte de séjour. Le CCR est le document délivré par les consulats aux émigrés désirant effectuer un déménagement. Grâce à ce document, un Algérien résidant à l’étranger a la possibilité d’effectuer un seul déménagement dans sa vie sans payer les droits de douanes en Algérie. Cette formule est souvent utilisée par les émigrés ayant encore des familles en Algérie.

La loi de Finances complémentaire du 24 juillet, adoptée par le Parlement début septembre, avait instauré l’obligation de restituer la carte de séjour pour obtenir le CCR. Une mesure qui avait provoqué un fort mécontentement de la communauté algérienne à l’étranger. Lors de ses derniers déplacements en France, le ministre Djamel Ould Abbes a pu mesurer ce mécontentement : il a été régulièrement interpellé sur le dossier.

Récemment, une pétition avait même été lancée pour exiger la levée de la nouvelle mesure. Des associations communautaires ont même menacé d’appeler au boycottage de la prochaine présidentielle. Elles ont été entendues par le président.
Par rafik tadjer
tsa

Portraits d’immigres : Le mysterieux El-Hadj et la belle Linda

Portraits d’immigrés : Le mystérieux El-Hadj et la belle Linda

par Notre Bureau De Bruxelles: M’hammedi Bouzina Med

Adam a été expulsé du Paradis. Les prophètes ont, tous, vécu l’exil. Les hommes se sont toujours déplacés. Pourquoi ? Parce que l’homme est un bipède.

Hadj Abdelkader, le révolutionnaire.

A chaque rendez-vous électoral algérien, il est là. Au siège du Consulat à Bruxelles. Costume sombre des années soixante, il arbore fièrement sur le revers de son veston gauche un macaron frappé du drapeau algérien. En bandoulière, sur sa poitrine un badge « Consulat d’Algérie, élections du… ». Il endosse pour un moment une fonction officielle d’hôte des électeurs. 75 ans ? 80 ans ? Personne ne sait son âge. Tout le monde sait qu’il est un ancien de la « Fédération de France » du FLN en Belgique. Il habite entre les villes de Mons et de Charleroi, pas loin d’Hornu, où les Messalistes ont tenu leur congrès de juillet 1954 pour décider du « top départ » de la révolution armée et de qui sera le chef suprême. La suite on la connaît, les jeunes fougueux d’alors ont décidé, en Algérie, sans les Messalistes. El-Hadj connaît plein de choses sur cette période de la révolution. Aujourd’hui, El-Hadj parle très peu, va à la mosquée et se mobilise les jours de votes pour l’Algérie. Il a toujours répondu à l’appel de l’Algérie sans rien demander pour lui. Lui est encore dans la révolution. C’est une oeuvre permanente. El-Hadj ne comprend pas pourquoi d’autres Algériens ont appelé au boycott de la dernière élection présidentielle de 2004 ou lors du référendum sur la Concorde nationale. Pour lui, il faut toujours dire « OUI » à l’Algérie et ne pas chercher à comprendre pourquoi. Il est intégriste à sa manière. A Bruxelles, il y a quelques autres anciens de la « Fédération de France, section Belgique ». Ils ne parlent jamais d’El-Hadj Abdelkader et lui ne parle jamais d’eux. El-Hadj a soutenu le premier candidat RND à la députation pour l’immigration en 1997. Il a été élu. Il a soutenu les deux autres successeurs FLN et ils ont été élus. Personne ne sait si El-Hadj Abdelkader a une carte de militant du FLN, RND, Hamas… Tout le monde le respecte et il respecte tout le monde. C’est bien ainsi, vous disent les anciens immigrés. Et tous le salueront dès le début avril prochain, lorsqu’il sera à l’accueil du Consulat le jour de l’élection présidentielle.

LINDA, l’Algérienne

Elle est surnommée ainsi parce qu’elle a toujours un drapeau algérien dans tout rassemblement, rencontre ou fête des Algériens en Belgique. Tous les Algériens aiment et respectent Linda. Elle est depuis longtemps seule. La cinquantaine frappée, elle a vécu des moments terribles. Après le décès de sa fille à la fleur de l’âge, son unique fils âgé de 20 ans s’est suicidé en se jetant par le balcon du 7ème étage. Linda vit maintenant seule. Devant tant d’adversité, elle soulève l’admiration et le respect de tous les hommes et femmes. A chaque occasion de fête ou d’événement national, Linda arrive avec le drapeau algérien et lance des you-you. Très bien habillée, elle parle, rit et danse. Elle a été danseuse dans le ballet de la RTA, l’ancêtre de l’actuelle ENTV. Elle connaît plein d’artistes. Parfois, elle vous emmène dans son monde en vous contant des anecdotes où les chanteurs chaâbi comme Guerrouabi, Chaoû, Saloua… ne sont jamais loin. En janvier dernier, alors que la palestinienne Ghaza mourrait sous les bombes israéliennes, les Algériens de Bruxelles ont invité un représentant de l’Autorité palestinienne à Bruxelles et un poète libanais pour débattre de la situation et improviser une quête pour les enfants palestiniens soignés dans les hôpitaux belges.

Linda a roulé, seule, le couscous pour les soixante personnes venues au café de Zoubir pour la circonstance. Au mois de mai 2006, elle me sollicita pour lui rédiger une requête pour le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. La famille de son ex-époux lui a « volé » sa part de l’appartement d’Alger, situé pas loin du cinéma Debussy.

Linda voulait le laisser à son unique fils de 20 ans qui projetait de vivre à Alger. Je n’ai pas rédigé la lettre parce que Linda m’a demandé d’attendre jusqu’à la fin du mois d’août la réponse de son avocat d’Alger. Si la justice ne serait pas juste, alors elle saisirait le président. Linda estime qu’il ne faut pas importuner le président de la République sans raison valable. Il a tant à faire pour le reste de l’Algérie. Entre-temps, son fils est décédé. Linda ne parle plus de l’appartement d’Alger. Elle n’est plus seule. Elle dit que Dieu est avec elle parce qu’il en a décidé ainsi.

quotidien d’oran

VOYAGE MOUVEMENTÉ SUR LE VOL PARIS-ALGER D’AIGLE AZUR

Des passagers s’opposent à l’expulsion d’un jeune de 19 ansIl était 15 heures, ce lundi, quand les passagers du vol Paris-Alger ont commencé à embarquer.
A l’entrée de l’avion, une dizaine de policiers français distribuant un document «notice d’information à l’attention des passagers». Ces derniers étaient avertis des peines encourues — 5 ans d’emprisonnement et une amende de 18 000 euros — si jamais ils s’opposaient à une expulsion d’un ressortissant du territoire français. Le document précisait que «la décision de reconduite d’un étranger est un acte légitime de l’Etat français, qui s’exécute après que toutes les voies de recours eurent été épuisées »! Suit, en plus, toute une série de peines pour «outrage et rébellion», «destruction et dégradation », passible d’une peine de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 30 000 euros » ! Une fois à l’intérieur, au fond de l’avion, un jeune, Khames Houari (19 ans), encadré par cinq policiers en civil, en pleurs. Ses gémissements, en dépit des policiers qui tentaient de le calmer (sans brutalité), ont fini par attirer l’attention des passagers. Quelques-uns avaient en leur possession un tract que les parents — sa femme de nationalité française — avaient distribué juste au niveau des guichets d’enregistrement. Khames Houari, arrivé à l’âge de neuf ans, était en situation irrégulière. Ce jeune, arrivé en France à l’âge de neuf ans, est marié à Amira de nationalité française et est père d’un enfant âgé de deux mois. Il faut savoir que la loi française interdit l’expulsion d’un mineur. Elle a, semble-t- il, attendu qu’il ait 18 ans (l’âge de la majorité légale) pour passer à l’acte. «Au tribunal de Paris, lit-on dans le tract distribué par sa femme et ses amis, le 17 novembre, un homme qui a violé est ressorti libre alors qu’il n’avait pas de papiers». Khames, lui, a été expulsé après être passé par un centre de rétention. Les juges n’ont même pas tenu compte du fait qu’il était père d’un enfant de deux mois né en France. En Algérie, il ne connaît personne. Et renseignements pris, personne ne l’attendait à l’aéroport d’Alger. C’est dire ! Les passagers du vol Paris-Alger ne l’entendaient pas de cette oreille. Ils ont exigé que Khames, qui ignorait ses droits (il peut refuser d’embarquer), ne soit pas embarqué. Le ton est monté entre une partie des passagers et les policiers. Des cris fusent. «On ne part pas s’il est embarqué. » Un jeune couple, de nationalité française (d’origine algérienne), s’en est pris de manière véhémente aux policiers. Ces derniers appellent des renforts. Une douzaine de CRS arrive. Le commandant de bord intervient. Il demande aux passagers de regagner leurs places, les informant qu’il refuse d’embarquer le jeune Houari. Ce dernier quitte l’avion encadré par des policiers. Mais les CRS venus en force, aidés par des policiers en civil, s’en prennent au couple et les font descendre de force. D’autres alertent par téléphone portable la femme de Houari et ses amies, qui ont eu l’heureuse idée d’indiquer leurs numéros de téléphone dans le tract distribué aux passagers. Grâce à l’intervention des passagers, Khames Houari n’a pas pris le vol Paris-Alger. Un répit pour ce jeune père dont le tort est de n’avoir pas de papiers et dont la vie est en France, pas en Algérie. Pour M. Brice Hortefeux, ministre de l’Identité nationale (et son patron, Nicolas Sarkozy), qui a pour feuille de route d’expulser 30 000 étrangers en situation irrégulière par an, c’est un échec. Les avocats du jeune Houari disposent d’un certain temps pour que ce dernier échappe à l’expulsion. Sa vie est en France. Sa femme est française. Son fils est français. Quant aux passagers algériens, dont de nombreux jeunes de la deuxième génération de nationalité française, se rendant en Algérie pour les fêtes de l’Aïd, leur réaction a été remarquable.

Hassane Zerrouky
le soir d’algerie

Des Algériens aux Etats-Unis perdent leur épargne et leur emploi


De nombreux Algériens établis aux Etats-Unis ont été touchés de plein fouet par la crise financière qui secoue la première puissance mondiale depuis plusieurs mois. Certains ont perdu des sommes colossales dans leur plan de retraite tandis que d’autres ont perdu leur emploi en raison de la récession.

Les plus touchés par la crise sont ceux ayant souscrit au fameux plan de retraite connu sous le code 401 K. Il s’agit d’un système d’épargne retraite géré par des fonds de pension qui investissent cet argent dans des actions et des obligations. Le plan autorise l’employé à déduire, hors taxes, une partie de son salaire pour l’investir dans différentes options offertes par son entreprise. Ce système a été mis en place par le gouvernement américain en 1981 sous la présidence du républicain Ronald Reagan avec des avantages fiscaux incitatifs. Depuis, le plan a attiré des millions de souscripteurs, y compris des Algériens vivant aux Etats-Unis, même ceux y résidant et y travaillant depuis peu.

«L’idée était que beaucoup d’Algériens voulaient profiter de ce plan pour engranger un bon pactole afin de finir éventuellement leur retraite au bled», a indiqué au Jeune Indépendant Mohamed Djeddour, un Algérien établi depuis 29 ans aux Etats-Unis dont la plus grande partie à Chicago dans l’Illinois.

«D’autres qui sont plus familiers avec le système de retraite algérien ont tourné le dos au 401 K, préférant le second système traditionnel qui est sans risque, mais qui n’attire que peu de souscripteurs dans un marché de plusieurs milliards de dollars», a dit Mohamed, 48 ans, originaire de l’Ouest algérien. Selon le Centre de recherche sur les retraites de l’université de Boston (Center for Retirement Research), au moins 65 % des salariés américains dépendent de leur épargne individuelle. Dès lors, chaque souscripteur était obligé de gérer son propre plan de retraite d’entreprise et à placer une partie de ses économies sur les marchés financiers. Les Algériens qui avaient opté pour ce produit ont subi les conséquences de la chute vertigineuses des sociétés de finances comme tous les souscripteurs américains.

«J’ai perdu une année de salaires et je n’ose plus aller jeter un coup d’œil sur mon épargne retraite», lançait Djamel, 44 ans, ancien vétérinaire converti dans la téléphonie mobile, rencontré dans un café du quartier d’Elston dans le North side de Chicago, la ville du candidat à la présidence américaine, le sénateur démocrate Barack Obama. Client chez Fidelity investement où il a placé son plan de retraite, Djamel ne décolère pas. « C’est la faute à ces spéculateurs et ces courtiers qui se remplissent les poches à New York», se lamente-t-il tout en gesticulant pour exprimer sa frustration.

«Heureusement que je suis encore jeune pour reconstruire mon plan de retraite», se console-t-il avant que son compatriote Hassen, assis à une table mitoyenne tout en sirotant un «café presse», lui rétorque que rien n’est désormais sûr dans un pays qui ne cesse de collecter les ouragans financiers. Selon les experts budgétaires du Congrès américain, la chute en cascade de la Bourse ces 15 derniers mois a fait disparaître quelque 2 trillions de dollars de l’épargne de retraite des salariés. Ces pertes vont contraindre de nombreux employés à travailler plus longtemps et à différer leur départ en retraite.

Pour d’autres Algériens, l’infortune est encore plus grande puisqu’ils ont perdu leur emploi ; leurs patrons ne pouvant plus assurer leurs salaires, les ont congédiés. Certains ont dû quitter leur emploi volontairement en raison des réductions salariales tandis que d’autres ont été renvoyés avec la promesse d’être repris une fois la tempête passée.

Quelque 160 000 Américains ont perdu leur emploi selon les chiffres officiels de septembre dernier. Tous les secteurs ont été touchés y compris celui de la presse où de nombreux journaux locaux ont dû licencier la moitié de leur staff, à l’image du quotidien Dallas Morning News qui a procédé vendredi dernier à des licenciements pour la quatrième fois depuis 2001.

Toutefois, d’autres Algériens plus ou moins aisés ont réussi à profiter de la situation pour acquérir des maisons à des prix abordables suite à l’effondrement vertigineux du marché de l’immobilier. Rachid, 50 ans, ingénieur manager chez Symantec dans le Silicon Valley en Californie, qui se trouvait de passage à Chicago pour rendre visite à un proche, avoue qu’il a pris l’avion de Qatar où son épouse travaille pour retourner aux Etats-Unis afin de conclure un contrat d’achat d’une propriété qui lui aurait coûté six fois le prix, n’était la récession.

De notre envoyé spécial à Chicago, Kamel Mansari

Le Jeune Indépendant

trop de divorces chez les maghrébins au Canada

À l’étranger, le malheur n’arrive jamais seul, le divorce coïncide souvent avec la période difficile, pour la plupart d’entre eux durant les premières années de l’émigration, au moment même où ils souffrent de l’éloignement familial, de l’isolement et des affres de l’exclusion.

Les couples se mettent dans une situation financière difficile, propice aux conflits conjugaux. Une fois sur le sol américain, le rêve croise la réalité du vécu quotidien. La nouvelle comptabilité échappe aux instruments d’analyse sur lesquels, l’immigrant a fondé son projet d’émigration. Parmi les surprises qui les attendent sont la non reconnaissance des diplômes, de l’expérience de travail à l’étranger et le retrait du nom de l’époux de l’identité de sa femme.

Yasmina, 32 ans, avait vendu tous ses bijoux et remit ses économies à son conjoint avant de quitter son pays natal. « Une fois au Canada, lors d’une querelle, confie-t-elle, il m’a dit : ferme ta gueule, c’est grâce à moi que tu es ici et si tu n’es pas contente, la porte ! Ses propos ont mis le feu dans ma tête, c’était impossible d’éteindre l’incendie ensemble, il fallait que je parte. Je ne pouvais plus le supporter ». Le cas de Yasmina n’est malheureusement pas une exception. En fait, 60 % des couples étrangers explosent dans les cinq premières années suivant leur arrivée au Canada. En terme de pourcentage, les Maghrébins sont bien placés. Ce n’est pas vraiment une surprise. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en rendre compte. Les agents de l’immigration ne cachent plus la vérité aux nouveaux arrivants qui assistent aux séances d’informations du ministère de l’immigration du Québec.

L’intervention de l’Imam, de la mosquée Abou Bakr Essedik, n’a pas surpris les fidèles le dimanche 4 mai 2003 lorsqu’il a déclaré qu’il y a un grand problème lié au divorce. Entre midi et 17h00, dit-il, quinze personnes sont venues me voir pour le divorce, c’est trop ! ». Bénévole, Farid Mékideche a été témoin de plusieurs cas et son expérience est riche d’enseignements. Depuis 17 ans, plusieurs couples se sont séparés dans son entourage. Au début, confie-t-il, « je ne comprenais pas ce qui se passait, mais il fallait intervenir rapidement auprès des familles. La médiation était difficile, mais nécessaire.
Sur les 12 cas où j’ai eu à intervenir, un seul s’est soldé par un échec ». L’homme d’affaires montréalais, avait pensé former un comité de sages pour intervenir dans les affaires délicates touchant la communauté, mais il a été confronté à plusieurs obstacles. Il reconnaît lui-même que c’est difficile de convaincre les gens du bien fondé de son projet, cependant il ne désespère pas, en compagnie d’un Imam, il a rendu visite à une femme séparée, le but étant d’offrir des services de médiation pour elle et son époux. Mais l’accueil a été mouvementé : « Après les présentations, dit-t-il, la femme a menacé d’appeler la police si on ne repartait pas tout de suite ». Alors l’Imam m’a dit : « Je n’ai rien à faire ici, j’ai fait ce que je devais faire, nous partons maintenant ».

De leur côté, les associations communautaires se battent seules pour apporter un peu de réconfort aux personnes en difficulté. La plupart de ces associations, comme le Centre Culturel Algérien, le Regroupement des Marocains au Canada (RMC), le Regroupement des Algériens au Canada (RAC) ou encore les Services Sociaux à la Famille Musulmane du Québec (SSFMQ) sont privées de financement, elles vivent de dons.

Tout à refaire

Ce n’est pas facile pour les nouveaux immigrants de percer rapidement dans une société qui remet en cause tous les acquis obtenus au pays d’origine (formations, diplômes et expériences de travail). De plus, les immigrants ne sont pas habitués à la rigueur administrative, ni aux lois qu’ils ne connaissent pas bien. Une fois en Amérique du Nord, on les traite comme s’ils avaient grandi dans la culture occidentale. On reconnaît leurs torts, mais pas leurs acquis. Autant d’obstacles à l’intégration immédiate. C’est la période la plus critique estimée entre un et cinq ans où tout peut basculer dans la vie d’un couple. Dans un premier temps, ils doivent se contenter de la portion congrue de l’aide sociale et des allocations familiales en attendant d’intégrer le marché du travail. Pour faciliter leur adaptation, la majorité des nouveaux arrivants s’établissent parmi les leurs, dans un quartier à leur image. C’est dans les lieux publics, (parcs de jeux, magasins et marchés) qu’ils font connaissance avec des personnes issues de leur communauté. Et souvent, grâce aux enfants qui provoquent les rencontres. Au Canada, l’épouse prend conscience du rôle qu’elle peut jouer au sein de la société, du pouvoir et des privilèges de la femme dans la famille. Bien informée, elle pèse le pour et le contre avant de réagir, mais chose certaine, elle ne veut plus subir. L’image de réussite que lui renvoient les femmes célibataires issues de toutes les communautés renforce ses pensées et au risque de tout bouleverser, elle veut changer les rapports de force au foyer. Surpris, le mari ne voit pas les choses de la même façon. À partir de ce moment, le couple s’engage dans une aventure périlleuse.

Le cauchemar s’empare du rêve

Dans ces moments difficiles, tout sépare le couple, le coupable c’est toujours l’autre. La femme craque souvent en premier, coupée de ses racines après avoir tout abandonné derrière elle. Confrontée au choc culturel, un phénomène qui touche les nouveaux immigrants, elle a du mal à supporter l’éloignement. Les parents, les frères et soeurs manquent, entendre leur voix chaque semaine ne suffit pas à combler le vide ni à stopper les larmes. Enfermée dans un quartier nouveau où il faut tout réinventer et tout apprendre, rien ne la rattache à ce qu’elle a vu et connu dans son pays d’origine. Les moments de détente et de divertissement sont gâchés par les médias. La télévision n’apporte pas grand-chose, les faits divers dominent. L’actualité locale et internationale sont déprimantes et ne parlent que de violence. C’est la solitude totale. La plupart des femmes pleurent les premiers mois. Elles se sentent ignorées et parfois humiliées. Le manque d’affection et d’amour devant l’incompréhension du conjoint fait naître les premiers signes de désaccord. Les mauvais souvenirs du couple remontent à la surface. Chacun accuse l’autre de l’avoir entraîné dans une aventure insensée. Tout éclate devant les enfants qui ne savent plus vers qui se tourner. C’est le début du processus infernal qui mène à la séparation, il est insupportable.

La séparation du couple

La situation s’envenime entre les époux, l’homme tremble lorsque la femme menace de composer le 911, l’un des deux va poursuivre l’autre devant la justice. C’est souvent la femme. La panique dans le couple, la détresse et l’affolement conduisent aux erreurs immenses, dont celle de dire n’importe quoi à n’importe qui et n’importe où. Qui doit partir ? La plupart du temps, le coeur brisé à cause des enfants, le père quitte le foyer ou se retrouve en prison après l’intervention des policiers. Dans d’autres cas, l’épouse battue et abattue est placée dans un centre d’accueil pour femmes. Des principes bidon sont parfois à l’origine du conflit. On s’accroche à n’importe quoi pour briser un foyer fragile. . La plupart des femmes ont fait des sacrifices énormes pour participer, aux côtés de leur mari, à l’effort d’émigration. Comme Yasmina, elles ont donné leurs yeux pour venir au Canada. Par ailleurs, durant les premières semaines et les premiers mois qui suivent la séparation, le père paie cher l’échec conjugal. Il ne peut pas voir ses enfants comme il le souhaite et même lorsqu’ils sont avec lui, il a du mal à les voir repartir. Cette épreuve difficile est vécue péniblement par les hommes qui doivent graduellement composer avec le sort en attendant la décision d’un juge. Les ex-époux ne peuvent plus se voir et si l’occasion se présente, c’est la haine qui guide leurs conversations.

Pousser le drame à l’extrême

Dans la plupart des cas de divorce, les enfants se retrouvent du côté de la mère, une situation normale, mais injuste, car certaines femmes exploitent la naïveté des enfants pour les dresser contre le père dans un pays où les gens croient dur comme fer que les enfants ne mentent pas. Certaines épouses poussent le drame à l’extrême : elles ne cherchent plus à obtenir le divorce, mais elles veulent se débarrasser complètement de leur époux. C’est la pire chose qui puisse arriver un jour à un père. Affronter publiquement ses propres enfants et que ces derniers, les yeux dans les yeux, l’accusent devant un juge de choses invraisemblables, tels l’inceste et l’harcèlement sexuel. À ce drame, en succède un autre au moment où le père est désorienté par la séparation et inquiet du sort de sa progéniture.

Source: *********

Diaspora algérienne,Destination… Dubaï

Nos cadres installés en Europe et en Amérique affluent de plus en plus vers les Emirats arabes unis qui les accueillent à bras ouverts. Leur savoir-faire est le bienvenu dans ce pays en pleine expansion.

De plus en plus de chercheurs algériens établis depuis des années aux Amériques et en Europe immigrent vers les pays du Golfe et notamment les Emirats arabes unis, considérés, en raison de bon nombre de privilèges et d’opportunités d’affaires, comme un nouvel éldorado.
«La communauté algérienne établie aux Emirats s’élève officiellement à 7 000 personnes entre enseignants universitaires, chercheurs et hommes d’affaires, mais nous constatons aujourd’hui une ruée d’une grande vague d’Algériens qui viennent des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l’Angleterre ou de la Belgique, ce qui va augmenter sensiblement le nombre de l’élite algérienne dans cette région du monde», a indiqué Ali Labchaki, porte-parole de la diaspora algérienne à Dubaï, en marge d’un colloque dédié, hier, à la résidence d’Etat El-Mithaq, à la communauté nationale établie à l’étranger, et organisé par l’APN. Cette nouvelle forme d’exil est motivée, selon notre interlocuteur, par «les innombrables facilitations accordées dans le cadre de «l’émigration sélective», à la diaspora arabe en général par les sociétés émiraties qui ne se privent pas de proposer des salaires astronomiques, des avantages sociaux juteux et des possibilités d’évolution dans les carrières».
Dans un autre registre et lors de ce colloque auquel étaient conviés plus de 700 expatriés de haut niveau, le problème de la retraite a été soulevé avec acuité. Bon nombre d’enseignants et de chercheurs voulaient en effet acculer les pouvoirs publics à chercher un règlement définitif à ce récurrent problème «si jamais ces expatriés décident de rentrer définitivement au pays», comme nous l’a si bien confirmé M. Dahmane El-Hadj, enseignant à l’université de Mulhouse (France) et président de Deux rives, une association qui privilégie, outre les échanges scientifiques, le dialogue interculturel. «Beaucoup d’Algériens comptent revenir travailler au pays, mais hésitent encore à le faire car ils savent pertinemment qu’ils auront en face et de toutes les façons, l’épineux problème de la retraite.»Pour sa part, un chercheur algérien établi à Edmonton (Canada) estime que «les scientifiques algériens dont certains gagnent jusqu’à 200 000 dollars par an, ne reviendront jamais en Algérie pour gagner 200 fois moins même si on leur règle le problème de la retraite». Ce que notre homme suggère c’est plutôt une passerelle entre l’Algérie et sa grande communauté établie à l’étranger. Les participants ont, en outre, évoqué les problèmes auxquels est confrontée la communauté nationale dans le pays d’accueil, notamment en Europe à la suite des restrictions introduites dans la loi européenne relative à l’immigration. Il a été aussi admis que les consulats d’Algérie à l’étranger devraient constituer un trait d’union entre les membres de la communauté et leur pays. Mais si «ce colloque constitue une tribune pour discuter une stratégie nationale consensuelle en direction de notre communauté établie à l’étranger», comme le soulignait M. Si Afif, président de la Commission des affaires étrangères à l’APN, il était loin d’assurer un certain consensus dans la mesure où plusieurs chercheurs ont affiché leur mécontentement à propos des «discours creux et démagogiques».

R.N