manque d’eau au Moyen-orient et en Afrique du nord

Bientôt un manque d’eau au Moyen-orient et en Afrique du nord
Les régions arides du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord seront bientôt confrontées à une crise de l’eau grave si les gouvernements ne prennent pas les mesures nécessaires pour mieux gérer cette ressource rare et limitée.
Le Moyen-Orient utilise de manière excessive ses ressources limitées d’eau et la quantité d’eau disponible par tête sera divisée par deux d’ici 2050, entraînant des pressions sociales fortes alors que de nombreuses personnes quitteront la campagne, d’après les déclarations de la Banque Mondiale jeudi.

Mais une crise peut encore être évitée si les gouvernements saisissent cette occasion pour réparer les réseaux d’eau, construire de nouvelles infrastructures comprenant des usines de dessalement et éduquent les populations pour les inciter à ne pas gâcher des ressources limitées, peut-on lire dans un rapport publié par la Banque Mondiale.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, deux des régions les plus arides du monde, consomment de manière excessive des ressources d’eau douce déjà rares.

Le déclin de la qualité de l’eau a déjà fait baisser le PIB du Maroc, de l’Algérie et de l’Egypte de 1%, et le PIB de l’Iran de 3%, d’après les données de la Banque Mondiale.

Alors que la population du Moyen-orient et d’Afrique du nord est sur le point d’exploser et que le changement climatique devrait réduire les précipitations de 20% d’ici 2050, l’institution incite les gouvernements de la région à élaborer des réformes urgentes.

« Nous devons simplement réduire la quantité d’eau utilisée, surtout pour l’agriculture qui représente 85% du total de notre consommation d’eau » a déclaré Julia Bucknall, spécialiste de la gestion des ressources naturelles à la Banque Mondiale, dans la capitale du Maroc, Rabat.

Les compagnies d’eau doivent réduire les pertes d’eau dues à l’évaporation et investir dans des réseaux modernes et efficaces, d’après elle. Les agriculteurs devraient par ailleurs s’équiper de techniques d’irrigation qui gaspillent moins et passer à des cultures qui apportent plus de revenus par quantité d’eau consommée.

Les responsables de la Banque Mondiale ont déclaré que la Tunisie et la Jordanie avaient réussi à bien gérer la demande en eau et étaient les pays de cette région du Moyen-Orient et d’Afrique du nord qui avaient la plus grande quantité d’eau encore disponible.

« Si nous faisons des projets pour l’avenir, c’est beaucoup plus simple que la gestion de la crise qui nous attend » a déclaré Julia Bucknall.

Une grande partie de l’Afrique du Nord est de plus en plus dépendante des importations de céréales alors que les récoltes agricoles diminuent, la quantité de terres agricoles disponibles diminue et la population croît.

Le Maroc est un exemple à suivre pour la région étant donné qu’il récolte la pluie avec un réseau de barrages, mais dans la région de Souss, qui est une région de production agricole intensive (près d’Agadir) les niveaux d’eau ont chuté à 70 mètres en dessous du sol alors qu’ils étaient à 10 mètres en dessous du sol en 1982.

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La crise alimentaire bouleverse la planète

Le monde a faim. Et il se révolte. Samedi encore, de nouveaux incidents se sont déroulés au Bangladesh pour réclamer une baisse des prix des produits alimentaires. Depuis plusieurs semaines, des émeutes éclatent partout à la surface du globe. Burkina-Faso, Sénégal, Côte d’Ivoire, Egypte… Même des pays généralement épargnés par ces crises de subsistance, comme le Maroc, ont connu des poussées de fièvre.

Au total, selon la FAO (l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture), ce sont trente-sept pays qui ont été touchés par ces révoltes. Cette semaine, à Haïti, des manifestations ont fait cinq morts et des dizaines de blessés. Les prix y ont flambé en quelques jours: le sac de riz est passé de 35 à 51 dollars (32 euros). Samedi, le président haïtien René Préval a annoncé qu’il allait le baisser à 43 dollars pour calmer le mécontentement populaire. Dans le même temps, le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a été renversé, après le vote par le Sénat d’une motion de censure. Partout, la même cause produit les mêmes effets: la brusque montée des cours des produits agricoles – en un an, ceux du blé et du riz ont doublé – fait flamber le prix des produits de première nécessité. « L’augmentation sur les céréales peut avoir un effet catastrophique dans les pays qui ne sont pas en autosuffisance alimentaire », a estimé cette semaine le commissaire européen à la Coopération et au Développement, Louis Michel, qui dit redouter « un vrai tsunami économique et humanitaire ».

L’ONU est elle aussi préoccupée, comme le démontre une note interne, révélée hier par le journal Le Monde: « Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l’ensemble du système d’aide alimentaire soit incapable de faire
face. » La question s’est aussi invitée au sommet des ministres des Finances du G7 qui se déroule ce week-end à Washington. Et Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture, souhaite mettre la sécurité alimentaire au centre des débats lors de la réunion avec ses homologues européens prévue demain à Bruxelles. La crise est mondiale mais, pour l’heure, elle touche surtout les pays en voie de développement. « Les prix des produits alimentaires sont devenus tellement élevés que les plus pauvres n’y ont plus accès, explique Hervé Guyomard, directeur scientifique à l’Inra. La situation est telle que certains fournisseurs refusent de livrer des pays où ils courent le risque de voir leur marchandise pillée par la population. Autre problème: il n’y a pas de réserves disponibles. Les stocks mondiaux ont atteint leur niveau le plus bas depuis vingt-cinq ans. »

Des fonds spéculatifs sont aussi entrés dans la danse

La soif de consommation des pays émergents, comme la Chine et l’Inde, entretient aussi une demande qui croît plus vite que l’offre. Exemple: la consommation de viande en Chine par habitant est passée de 20 kg en 1980 à 50 kg aujourd’hui. Sachant qu’il faut 7 à 8 kg de céréales pour produire un kilo de viande, difficile de maintenir une stabilité des prix. Et dans ce marché tendu, le moindre accident enraye la machine. Comme ce fut le cas avec les mauvaises récoltes de l’année dernière liées aux conditions climatiques. La demande croissante en biocarburants – près de 100 millions de tonnes de céréales l’an passé – a perturbé un peu plus le marché. « C’est du jamais-vu. On ne comprend pas ce qui se passe et ça nous rend vraiment inquiets, explique Jean-Pierre Brun, un courtier en riz basé dans le sud de la France. En ce moment, c’est la récolte du riz en Asie. A cette période, les prix redescendent habituellement. Or, là, ils restent extrêmement élevés. »

Certains Etats exportateurs garderaient leur marchandise pour la vendre au plus haut. Devant la panique, des pays producteurs comme le Vietnam, l’Inde ou la Thaïlande ont interdit les exportations. Des fonds spéculatifs sont aussi entrés dans la danse. « La variation des prix à court terme les a beaucoup intéressés. Et désormais, ils participent à cette volatilité du marché », analyse Andrée Defois, de la revue spécialisée Stratégie grains. En Europe, où la part du budget des ménages dans l’alimentation reste mesurée, les effets de la crise ne se font pas trop sentir. « Mais dans les mois qui viennent, le panier de la ménagère française va augmenter dans des proportions importantes, prévient Jean-Pierre Brun. Car il va bien falloir répercuter la hausse actuelle des prix. Et cela se fait avec six mois de retard. » Pour l’heure, c’est la situation dans les pays en voie de développement qui inquiète. La France a envoyé cette semaine à Haïti une aide alimentaire de 800 000 euros. La FAO a débloqué 17 millions de dollars.

Autant de cautères sur une jambe de bois. « Sur le long terme, il va falloir trouver des solutions qui permettent de produire plus et mieux. C’est le défi auquel doit faire face la recherche mondiale », estime Hervé Guyomard. Et il y a urgence. Chaque année, la population mondiale augmente de 80 millions d’habitants.

Par Antoine MALO
Le Journal du Dimanche

Afrique du nord: stabilité et instabilité au XXIe siècle?

Démographie, développement économique et nouvelle donne des hydrocarbures au coeur de l’avenir stratégique de l’arc méditerranéen.

La démographie, force ou faiblesse ? Cette vérité du développement humain est particulièrement préoccupante en Afrique de Nord. François Daguzan, chercheur à la FRS, a voulu lors d’une journée- débat consacrée à la stabilité et instabilité de l’Afrique du nord au XXIème siècle,  » faire tomber les fantasmes et les idées reçues  » sur la démographie du Maghreb.

S’il y a un très grand risque pour que  » l’économie ne soit pas au rendezvous de la démographie à l’horizon 2030 « , les pays du Maghreb ont bien entamé leur transition démographique contrairement au voisin égyptien pour qui la pression démographique reste un  » problème majeur « . Certes, en trente ans, la population du Maghreb a été multipliée par deux mais la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse du taux de fécondité due à des politiques de planning familial, à la scolarisation des filles et à la modernisation des modes de vie. Si le taux de natalité est proche de celui des pays européens, la proportion des moins de 15 ans représente 50 % de la population. D’où des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès. Contrairement aux pays d’Asie qui ont fait le choix de l’ouverture internationale, l’économie des pays d’Afrique du nord, reste encore sous contrôle étatique. Plus grave, la rente pétrolière de l’Algérie et de la Libye a souvent été  » un élément paralysant et non un facteur de développement  » a insisté François Daguzan. Si la Tunisie, est souvent citée comme un exemple de réussite économique, le pays a lui aussi joué sur une rente touristique dont les retombées économiques ont été maigres pour la population tunisienne.

Au-delà de leurs liens historiques, les deux rives de la méditerranée ont aussi nombres d’intérêts économiques en commun. L’Union européenne est le premier partenaire commercial des pays d’Afrique du nord. Dix ans après le Sommet de Barcelone scellant le partenariat euro méditerranéen, le bilan est plus que mitigé. Les chefs d’Etat européens ont aujourd’hui la volonté de relancer ce processus notamment à travers le programme MEDA qui constitue le cadre financier de la coopération des pays de l’UE avec les pays de l’arc méditerranéen. Fondé sur la mise en place d’une zone de libre-échange et d’actions de soutien à la transition économique, il doit regrouper également des actions destinées à favoriser un développement économique et social ainsi que des actions de soutien à la coopération régionale et transfrontalière. Pour la période 2000-2006, 35 milliards d’euros ont été engagés par l’UE à destination des pays suivants : Algérie, Tunisie, Maroc, Égypte, Jordanie, Liban, Syrie, Chypre, Israël, Malte, Territoires palestiniens, Turquie. Nicolas Sarkis du centre franco-arabe du pétrole a quant à lui estimé que l’interdépendance énergétique des deux rives de la méditerranée ne ferait que  » s’accroître dans les décennies à venir  » étant donné le contexte mondial d’ accélération de la demande énergétique. A l’horizon 2030, la production régionale de pétrole,  » devrait passer de 80 à 120 millions de barils par jour « .

La vraie question du développement économique de cette région reste centrée d’après Fouad Benhalla, ancien directeur général de RFI, sur le décalage entre les populations et leurs politiques,  » une rencontre entre la société et le pouvoir sera-t-elle possible sans drame ? « .

L’éditorial de Claude Imbert – Cette colère qui monte

Claude Imbert – Le point
Jeudi 17 Avril 2008

Jusqu’à présent, leurs souffrances se cachent. Chez eux, pas de Tibet pour nourrir nos compassions de bien nourris. Pas d’Ingrid Betancourt, pas de figure pathétique pour le trémolo des télévisions. Ces pauvres-là n’ont pas, comme nos assistés, la bouche pleine pour crier dans les rues leur énième rouspétance. Ils sont, eux, les muets d’une multitude lointaine, éparse, anonyme. Des fourmis de la fourmilière humaine, oubliés du Ciel et de la Terre. Une centaine, bientôt peut-être plusieurs centaines de millions qu’écrase une fatalité inconnue de nos contrées. Celle de la faim.

La faim, on la savait peu à peu réduite par le progrès humain à des confins désertiques. Elle resurgit non plus dans les sables mais dans l’entassement géant des grandes métropoles. Une saccade d’émeutes, celles des ventres creux, flambe dans les bidonvilles d’Egypte, de Bolivie, du Mexique, du Pakistan, des Philippines, d’Haïti, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Sénégal, et j’en passe… Un crépitement de disettes d’un autre type. Elles étranglent des misérables incapables de se procurer le blé, le riz, le maïs de leur ordinaire que leur arrache l’envolée des prix. Rechute imprévue dans un des enfers de l’humanité !

Dramatique raté de la globalisation des échanges, de la crise financière, de la vertigineuse croissance démographique, de l’aspiration des peuples pauvres vers l’eldorado illusoire des villes, du déracinement de l’agriculture, que sais-je encore… Et qui fait une fois de plus rêver-mais en vain !-d’une maîtrise enfin mondiale… de la mondialisation.

Dans l’immédiat, on dénonce volontiers un effet collatéral de la crise financière. La spéculation, ailleurs échaudée, se reporte sur du « solide » : les matières premières et les denrées de base. Les cours du blé et du riz ont quasiment doublé en une année. Mais la concordance d’une production agricole record et de cette flambée des cours donne à penser que les prix agricoles resteront durablement élevés. Du coup, on réévalue les besoins de la population mondiale et l’avidité de nouveaux mastodontes qui ne produisent plus chez eux de quoi nourrir leur propre population. En fait, l’offre agricole, très performante, augmente brillamment mais pourtant moins que la demande qu’attise la spéculation sur les stocks céréaliers (1).

C’est une épouvantable désillusion ! La mondialisation avait spectaculairement réduit dans le monde les zones de famine récurrente. La production agricole, en permanente croissance, se faisait forte d’anticiper la croissance démographique. Elle peut, d’ailleurs encore, dit-on, s’épanouir jusqu’à nourrir les 9 milliards d’humains qu’on nous promet pour 2050. L’humanité enregistrait ainsi une victoire historique contre la pauvreté. De la perspective de famines inéluctables on était passé à l’état, encore peu satisfaisant mais moins tragique, de zones de « malnutrition ».

Dans cet étranglement imprévu, la nouveauté, c’est celle « de situations où il y a de la nourriture mais où les misérables n’ont pas de quoi la payer ». Alors, dans l’angoisse, et un peu de panique, on recommence à douter qu’une production agricole globale suffise pour satisfaire les besoins mondiaux. Les uns s’alarment d’un détournement de céréales vers l’éthanol et autres biocarburants. Les autres d’une atrophie des cultures vivrières, en Afrique notamment, par le réchauffement climatique et l’exil des paysans vers les villes. D’autres, enfin, d’une évolution de la demande des peuples nouvellement développés et, par exemple, nouveaux consommateurs de viande, d’où un besoin accru de céréales destinées au bétail… Pour finir tombe ce catastrophique pronostic onusien : « Plus de 1 milliard d’humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025, soit 600 millions de plus que précédemment anticipé… »

Tous les pays victimes sont déjà ravagés par des révoltes de désespoir. Et leur tissu social, lacéré par l’ensauvagement de la misère : les crève-la-faim n’ont pas les moyens de la civilité publique : manger d’abord, la morale plus tard… Et, certes, le premier des droits de l’homme est… de survivre !

Conséquence seconde : les pays pauvres vont se raidir contre les riches de la planète. Dans la globalisation qui rapproche-pour le meilleur et pour le pire !-des nations et civilisations aux niveaux de vie si éloignés, la pression politique et migratoire ne peut qu’enfler. Les grands « machins » internationaux commencent de se remuer. Il n’est que temps. Jamais autant de ventres creux n’auront salivé sur nos banquets de riches ! L’Europe, sur ses balcons, entend, au loin, cette colère qui monte…

1. Voir l’excellent dossier du Monde (dimanche 13-lundi 14 avril).

LaRouche évoque la pire crise de l’histoire moderne

Le 10 avril, s’adressant à un groupe de diplomates en poste à Washington, Lyndon LaRouche brossa un tableau sans complaisance de la situation stratégique mondiale. Le monde est confronté à la plus grave crise de l’histoire moderne, dit-il d’emblée, marquée par le fait que « le système financier mondial est dans une crise hyperinflationniste, à l’échelle globale, dont la dynamique est comparable à celle que connut l’Allemagne de Weimar en 1923. »

Pour comprendre la nature du danger, LaRouche proposa de se pencher sur la période autour de 1890, lorsque l’empereur GuillaumeII limogea le chancelier Bismarck, dont la politique s’inspirait en partie des progrès accomplis aux Etats-Unis – notamment la construction du chemin de fer continental, qui représentait une menace géopolitique pour l’empire britannique dans la mesure où il mettait fin à l’hégémonie de la puissance maritime.

Bismarck résistait aux plans de guerre en Europe continentale, mais son départ, marquant la fin de cette résistance, fut suivi de toute une série d’événements : « L’assassinat du Président français, l’affaire Dreyfus, le lancement de la guerre britannique contre la Chine en 1895 par l’intermédiaire du Japon, etc. Toute cette période, de 1890 à 1945, fut essentiellement une ère de conflit stratégique autour d’enjeux géopolitiques.

« Aujourd’hui, nous avons une situation similaire, qu’on ne peut comprendre qu’à la lumière de cette période. C’est la continuation de ce conflit géopolitique, géré par les Britanniques. » Après que la politique de Franklin Roosevelt fut renversée aux Etats-Unis par son successeur, le président Truman, et surtout suite à l’assassinat de Kennedy, le monde entier s’est engagé vers une nouvelle crise. En 1971, poursuivit LaRouche, Nixon abandonna le système de Bretton Woods, laissant flotter le dollar. Puis, ce fut la fameuse crise du pétrole, totalement orchestrée, et la création du pétrodollar par les institutions bancaires anglo-hollandaises, c’est-à-dire que la valeur du dollar passa sous contrôle du marché d’Amsterdam. Depuis lors, les Etats-Unis se sont auto-détruits.

« Et voici que ce grand processus hyperinflationniste est en train d’exploser. Rien ne peut sauver le système monétaire et financier mondial, il est condamné. Le seul remède consiste à instaurer un nouveau système. »

LaRouche attira l’attention sur un nouveau danger : l’organisation du Traité de Lisbonne, qui représente sans doute une plus grande menace de guerre que lors des années 1930, si jamais l’Europe, s’étendant jusqu’aux frontières de la Russie et de la Biélorussie, tombe sous la coupe d’une nouvelle dictature, après que les nations de l’UE aient renoncé à leur souveraineté.

Cette évolution, combinée au début de l’explosion hyperinflationniste, constitue la plus grave menace de guerre et de crise potentielle. L’empire britannique a provoqué, de facto, l’état de guerre en Chine et l’instabilité au Pakistan.

La Chine, l’Inde et la Russie, entre autres, tentent de se rapprocher pour coopérer et résister à l’offensive britannique. Mais « la présidence américaine est un fantoche, poursuivit LaRouche. Le Congrès n’est d’aucune utilité en ce moment, surtout depuis les dernières élections législatives. Un groupe fasciste autour de Felix Rohatyn, George Soros, etc., exerce un contrôle financier sur le Parti démocrate et la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi. Le Congrès américain, aussi bien la Chambre que le Sénat, est impuissant.

LaRouche revint sur l’orchestration d’un possible conflit avec la Chine, à partir du Tibet et de l’opération des Ouïgoures. En Afrique, les attaques contre le Zimbabwe s’insèrent dans le processus de génocide global, qui vise aussi l’Afrique du Sud, entre autres.

Cette crise, souligna LaRouche, nous mène au bord de la guerre. « Etant donné les conditions de guerre dans le monde moderne, cela signifierait des guerres barbares, pas des guerres ordonnées. » Ce qui se passe en Asie du Sud-Ouest, ce foyer de guerre orchestré par le gouvernement Blair en Irak, n’est qu’un avant-goût du processus.

« Je suis convaincu qu’il existe des remèdes. Il existe des solutions. Mais vous ne trouverez pas grand-chose, au sein du gouvernement américain actuel, pour l’assumer. »

source : http://www.solidariteetprogres.org/article4046.html

Plumpy’Nut pour lutter contre la malnutrition

Plumpy’nut, la « véritable révolution » dans la lutte contre la malnutrition. A l’heure où la hausse du prix des aliments enflamme la rue, de Port-au-Prince à Ouagadougou, l’expression semble audacieuse. C’est pourtant celle qu’ont choisie d’employer plusieurs responsables d’organisations spécialisées de premier plan, dont Jean-Hervé Bradol, président de Médecins sans frontières (MSF). Plus sobrement, Denis Metzger, président d’Action contre la faim (ACF), salue un « tournant ».

L’objet de leur enthousiasme se présente sous la forme d’un sachet en feuille d’aluminium rempli de 92 grammes d’une pâte brune au goût sucré de cacahuète. Inventé et breveté en 1997, expérimenté en Ethiopie, cet aliment dont le nom commercial, Plumpy’nut, signifie  » noix dodue » ou « grassouillette », a connu, le 7 juin 2007, une première consécration officielle. Ce jour-là, la directrice générale du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, Josette Sheeran, a salué l’avènement d' »un produit dont la composition permettra de sauver des millions de jeunes vies ».

D’une même voix, l’Unicef, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le PAM ont alors reconnu « une approche novatrice (qui) permet de progresser contre la malnutrition aiguë sévère qui affecte quelque 20 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde ». Les trois agences de l’ONU ont publié un texte commun prônant le recours aux  » aliments thérapeutiques prêts à l’emploi » désignés par leur sigle anglais de RUTF (ready to use therapeutic foods) et dont le Plumpy’nut, fabriqué par une étonnante PME française, est le produit phare.

Entourée d’enfants sauvés de la famine en un temps record, Susan Shepherd, coordinatrice de MSF au Niger, confirme ce « succès impressionnant » dans un pays où, d’ordinaire, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans : « Les mamans voient tout de suite les résultats et sont encouragées, constate-t-elle dans une vidéo diffusée sur Internet par l’organisation non gouvernementale (ONG). Il y a moins d’abandons. »

Jusqu’à présent, ces enfants au seuil de la mort relevaient d’un protocole à base de lait thérapeutique. Le traitement suppose une prise en charge lourde incluant une hospitalisation et un long suivi médical destiné à éviter erreur de dosage et complications. Le lait, fourni sous forme de poudre, nécessite l’adjonction d’eau potable chaude et donc de moyens de cuisson.

Les aliments de type Plumpy’nut font disparaître ces obstacles. Prêts à l’emploi, ils peuvent être administrés par les mères elles-mêmes, sans eau et donc sans risque d’infection ni d’erreur de dilution, mais ne dispensent pas d’un suivi. Les mères, qui étaient réticentes à laisser au village leurs aînés pour séjourner dans un dispensaire avec leur petit dernier dénutri, repartent désormais de la consultation avec les sachets nécessaires à un mois de traitement. Ces aliments sont appréciés des enfants pour leur goût, entraînent une augmentation spectaculaire de leur poids et une amélioration rapide de leur état.

Leur composition, qui mêle lait en poudre, arachide, huiles végétales et sucre, enrichie en vitamines et sels minéraux, est équivalente au lait thérapeutique, mais permet une conservation même par grande chaleur. Leurs ingrédients – locaux – et leur processus de fabrication – simple – rendent possible leur production sur place.

Une dizaine d’années ont été nécessaires pour que l’intuition d’André Briend, le médecin concepteur du Plumpy’nut – remplacer le lait par un aliment solide aussi apprécié des enfants que le Nutella, aussi nutritif que les produits antérieurs et aussi facile d’emploi qu’un gâteau sec -, prenne forme, se diffuse et commence à faire l’objet d’un consensus.

Mais la « révolution » des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi ne se limite pas à une technique innovante. Pour s’imposer, ces nouveaux aliments bousculent les habitudes. Les ONG qui les portent aux nues aujourd’hui ont longtemps traîné des pieds. Les aliments prêts à l’emploi  » ont remis en cause un modèle de traitement basé sur de petits hôpitaux de brousse, explique André Briend, aujourd’hui médecin à l’OMS. Certaines ONG avaient construit leur réputation sur leur capacité à organiser de telles unités. Toute une routine s’était installée. »

D’autres obstacles ont surgi : certains médecins, rétifs à l’idée d’abandonner leurs prérogatives, attribuent la malnutrition au comportement inadéquat des mères, qui justifierait la nécessité d’une aide médicale. Sans compter une certaine hostilité des humanitaires à l’égard des produits de l’industrie agroalimentaire.

Avec l’ardeur des convertis, MSF prend aujourd’hui la tête d’une croisade comparable à celle menée pour la diffusion dans les pays pauvres des médicaments antirétroviraux contre le sida. L’organisation milite non seulement en faveur de la généralisation de l’usage des RUTF pour traiter la malnutrition aiguë des jeunes enfants dont seuls 3 % y ont accès aujourd’hui. Mais, forte de l’expérience très positive chez 65 000 enfants de la région nigérienne de Maradi, dont elle se prévaut, l’organisation en prône l’emploi contre la malnutrition modérée, aujourd’hui traitée avec des « farines enrichies » moins efficaces.

Au-delà de l’intervention d’urgence, les petits sachets nutritifs permettraient donc d’envisager une action pérenne à large échelle. Les nouveaux aliments peuvent être distribués plus facilement et donc plus largement à un âge fatidique dont dépend la survie sans séquelles. Or les retards de développement accumulés entre 6 mois et 3 ans sont rédhibitoires.

Pourtant, d’autres écueils ont surgi. Même s’il a évolué, le système d’aide alimentaire reste marqué par la nécessité d’écouler les excédents de céréales américaines. « L’aide financière attribuée à chaque pays par le PAM reste proportionnelle au tonnage de céréales qui lui est distribué. Personne n’a intérêt à favoriser les sachets de Plumpy’nut », explique un haut responsable sous le sceau de l’anonymat. En outre, la pâte nutritive coûte, à poids égal, dix fois plus cher que les farines distribuées par le PAM. Même si son efficacité permettrait, selon un spécialiste, de diviser par dix les quantités distribuées, ce produit qui cible les formes graves de malnutrition ne constitue pas un remède miracle à la crise actuelle, qui plombe le prix des ingrédients qui le composent.

Les promoteurs du Plumpy’nut n’hésitent pas à renverser l’argument. Jean-Hervé Bradol, président de MSF, estime que  » l’explosion des coûts va obliger à mettre le problème sur la table ». « Avec la crise, tout le système de l’aide alimentaire va devoir être remis à plat », pronostique un autre responsable.

De fait, la dramatisation des enjeux liés à l’alimentation des pays pauvres pousse déjà à imaginer des pistes variées de financement et de promotion, y compris des subventions aux matières premières antifaim et la participation de structures privées. Déjà, Danone, engagé au Bangladesh dans la fabrication de yaourt enrichi à bas prix, mais aussi la Fondation Bill et Melinda Gates s’intéressent à la »révolution » du Plumpy’nut.

Par Le Monde

Les Seigneurs de la Finance décrètent la mort de masse par la famine

un commentaire de Glen Ford sur les ondes de Black Agenda Radio [La radio de l’Agenda Noir]

Fidel Castro disait que les biocarburants sont un « génocide, » et il avait raison. Et il ne saurait être question de l’identité des auteurs de ce génocide mondial: les Seigneurs de la Finance qui formulent la politique étrangère et intérieure des États-Unis. Cette politique demande que 20 millions d’acres de maïs en provenance d’états comme l’Iowa ne soient plus utilisés comme aliment mais plutôt comme combustible. Comme on pouvait s’y attendre, un tel détournement massif a presque immédiatement fait monter le prix de tous les autres produits alimentaires de base, une catastrophe mondiale se dessine rapidement et facilement puisque depuis plusieurs décennies, la production alimentaire planétaire a été pris en charge par l’agrobusiness qui ne sont que des parasites humains qui spéculent sur la quantité de nourriture qui est achetée et vendue, de même qu’à qui elle le sera et pour quelles fins. Ces seigneurs de la Finance sont des tueurs à grande échelle.

L’argent « rapidement gagné » a totalement déformé le « marché » des marchandises si nécessaire au maintien de la vie et a obligé à descendre dans la rue des millions de pauvres désespérés dans des dizaines de pays. « En moins d’un an, le prix du blé a augmenté de 130 %, le soja de 87 % et de riz de 74 %, » écrivait le journal The Guardian en Angleterre.

Il s’agit de rien de moins que des crimes contre l’humanité qui ne peuvent faire autrement que de détruire la vie de millions de personnes qui sont déjà en situation précaire.

Le soi-disant « marché, » un marché qui, dans les faits, n’est actuellement qu’un club de super-riches qui dénaturent et qui détruisent simplement en y touchant toutes les choses de valeur de l’humanité, est un marché de la mort pour chacun d’entre nous et qui nous y amènera de façon beaucoup plus rapide que par les effets du réchauffement climatique qui est, lui aussi, grandement accélérée par la macabre et avide ruée vers les cultures vivrières servant à nourrir les voitures plutôt que les hommes. Dans un tel environnement meurtrier et manipulé uniquement à des fins de profits pour les Seigneurs de la Finance, ni les arbres, ni les paysans n’ont une chance. Les Nations Unies dit qu’il lui faudrait environ un demi milliard de dollars pour les cas les plus critiques de famine, mais aucun montant en aide d’urgence ne peut être suffisant pour compenser la hausse des prix sauvages qui sont déjà en cours et qui permettra aux Seigneurs de la Finance d’empocher des milliards.

L’Agrobusiness a anéanti les petits agriculteurs aux États-Unis de même qu’elle a appauvri et jeté hors de leurs terres des millions de paysans à travers le monde entier. Maintenant, les Seigneurs de la Finance ont imposé un triage par la mort de la faim sur la planète. Les personnes qui vivent avec deux dollars ou moins par jour devront mourir et après, alors que les prix continueront à augmenter, ceux qui vivent avec trois dollars par jour vont suivre.

Les hommes qui profitent de ces meurtres de masse utilisent des termes tels que « ajustement structurel » et « les fondements économiques » afin de donner une apparence de rationalité à un système chaotique qu’ils ont créé à la volée dans le seul but de commettre un gigantesque vol. En fin de compte, les Seigneurs de la Finance ont maîtrisé seulement qu’un seul art: la production d’un enchevêtrement de catastrophes, plus meurtrières les unes que les autres. Bientôt, si ce n’est déjà fait, les Haïtiens qui vivent dans la pauvreté n’auront plus d’huile de cuisine pour la mélanger à l’argile qui entre dans la fabrication de leurs « pâtés sales. » De la saleté que les Seigneurs de la Finance aura créé, ils auront eu la consommation et la mort des haïtiens.

Traduction de Dany Quirion pour Alter Info

Source : http://www.blackagendareport.com/ind…589&Item id=1

NDT :

(1) 80% de la population d’Haïti gagne moins de 2 dollars par jour et ils ne mangent pas à leur faim, loin s’en faut. Sur une base quotidienne, plusieurs haïtiens n’ont pour seule nourriture que l’argile (voire de la glaise, de la boue), du sel et de l’huile végétale qui, une fois mélangé ensemble, donne un plat que certain journalistes de la presse alternative anglaise nomment : Dirt Pie (Pâté Sale).

La photographie qui accompagne la traduction française de cet article fut publiée par le journal The Telegraph en Angleterre (en passant, merci au photographe). Elle accompagnait un article sur cette situation vécue en Haïti. Le texte que le Telegraph écrivait sous cette même photo était : « Madame Kiskey, âgée de 43 ans, fait des biscuits de boue… »

L’article anglais du Telegraph : http://www.telegraph.co.uk/news/main…/whaiti130.xml

Autre article anglais auquel l’auteur de cet article fait référence : http://www.counterpunch.org/sharon04112008.html

Mardi 29 Avril 2008