Limonaderie d’Ain Amenas, un modèle de réussite dans le Sud

ain-amenasLa limonaderie d’Ain Amenas, un modèle de réussite dans le Sud

ILLIZI-
 La limonaderie d’Ain Aménas, distante de 240 km du chef lieu de la wilaya d’Illizi constitue, de l’avis de ses promoteurs, un modèle de réussite dans cette partie de l’extrême sud du pays. Créée en 2008, cette entreprise, première du genre montée par Mme Belagoune Ounessa, au titre du dispositif de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC), pour une enveloppe financière de 3,5 millions DA, constituait un défi relevé dans cette région enclavée et déshéritée ou font défaut pareilles structures économiques.

APS

Exploitation des clandestins a ADRAR

ADRAR
L’exploitation des clandestins bat son plein

 

Adrar est en train de devenir un point de passage par excellence pour les prétendants à la conquête de l’Europe. Ils viennent des pays frontaliers et leur envie et de rejoindre les côtes espagnoles très prisées pour se fondre ensuite à travers des pays tels que l’Italie et la France.
Adrar, grâce à son développement socioéconomique, est devenu l’endroit de prédilection qui attire de jeunes Africains à la recherche d’un travail qui leur permettrait de subsister, faire des économies pour ensuite disparaître vers les destinations convoitées. Leur physique leur permet de s’intégrer facilement à la population locale et d’échapper à d’éventuels contrôles. Cette main-d’œuvre à bon marché est très recherchée et très convoitée à cause, d’une part, des faibles prix pratiqués mais aussi de leur endurance. Leur savoir-faire est multiple et touche plusieurs domaines : broderie, couture, sculpture sur bois, cordonnerie, maçonnerie… Ils excellent surtout dans la couture traditionnelle et certains nationaux les recrutent pour les installer et les héberger et bien-entendu les exploiter. Chacun y gagne. Afin de passer inaperçus on n’hésite pas à les enfermer dans des ateliers où ils s’attellent à la fabrication de tuniques, de «bazan»… Ces produits une fois exposés et vendus sur le marché rapportent gros à leurs propriétaires et les bénéfices réalisés sont mirobolants. Chacun trouve son compte. D’autres immigrés moins qualifiés sont recrutés pour des travaux de forage et de construction. Des tâches éreintantes réalisées sous un soleil cuisant, payées à un prix dérisoire. Certains qui ont pris attache et connaissance avec la ville optent pour d’autres formes de gain facile : le vol, la prostitution, le faux et usage de faux, les faux documents de voyage… Ainsi, au courant de l’année 2007, plus de 280 cas qui les impliquaient directement furent traités. Plusieurs nationalités étaient concernées (Maliens, Nigériens, Congolais, Mauritaniens, Nigérians, Libériens, Burkinabais, Ivoiriens, Camerounais…) D’après les services de la Sûreté ce fléau est en train de prendre de l’ampleur : 178 immigrants clandestins ont été interceptés durant le premier trimestre 2008 contre 301 en 2007. De son côté la gendarmerie fait elle aussi état des faits : arrestation de 58 clandestins (hommes et femmes). Les personnes arrêtées n’ayant commis aucun délit à part cette infraction d’une présence illégale sont reconduites aux frontières. En attendant, Adrar vit au rythme de cette chaleur pesante et agaçante et il n’est pas rare de se voir arrêter par un clandestin : «Et monsieur, bonjour, vous n’auriez pas quelques pièces ?»
El-Hachemi S.

lesoir d’algerie

 

l’agriculture algérienne, temoignage poignant d’un ingenieur !

Introduction :

Dans le cadre de la rubrique DJAZAIROUNA, il y aura cette sous-rubrique concernant l’agriculture algérienne et ce que j’ai appelé « sa descente aux enfers ».

Pourquoi ?

Pour la simple raison que j’étais un cadre du ministère de l’agriculture que j’ai vite déserté pour le ministère de l’enseignement supérieur. De plus, j’avais une toute petite exploitation agricole, mais toute petite. Ingénieur agronome, spécialisé dans la science du développement, je pense être autorisé à vous en parler en connaissance de cause.

Oui, j’ai assisté, quelques fois impuissant à ce que j’appellerais « l’exécution sommaire » de la branche nourricière de notre pays, de cette agriculture qu’on avait confiée entre les mains d’irresponsables, dont le seul but était de se remplir les poches. Oui, je vais, à travers cette sous-rubrique, soulever avec vous et j’espère avec vous les raisons qui ont fait que notre agriculture est actuellement sinistrée.

Je vais tenter d’avoir un discours vulgarisateur afin que mon message soit mieux perçu par les non-initiés. Mon but n’est pas de régler des comptes avec des personnes mais de vous prouver que nous aurions pu, si les conditions étaient réunies, de mieux gérer notre patrimoine à tous : EL FILLAHA YAL KHAOUA !…

Et pourquoi ce besoin de vous en parler ?

Parce que je suis interpellé tout simplement par une évidence qui me cingle l’esprit. Savez-vous que les pays forts actuellement ne sont pas ceux qui détiennent la bombe H ou une technologie de quelque sorte que ce soit…
Non, les pays forts du moment sont ceux qui s’autosuffisent en termes d’alimentation et qui se permettent même d’asseoir leur développement sur leurs exportations en matières agricoles. Quel luxe et quelle arme redoutable. Oui, parce qu’on a beau détenir l’arme atomique, si le voisin du dessus ou du dessous en possède aussi, on a vite fait le tour, on appuie sur les boutons et Basta.

Non, détenir l’arme alimentaire est bien plus précieux.

ET NOTRE PAYS DANS TOUT CA?

L’image que l’Algérie était le grenier de Rome est révolue. Brutus et César sont loin de nous mais parlons de l’époque contemporaine qui nous concerne.

Ce que l’on peut d’ores et déjà dire, c’est qu’au lendemain de
l’indépendance, l’Algérie détenait cette arme alimentaire, Oui YA LKHAOUA, l’Algérie se suffisait en termes alimentaires. Elle pouvait faire vivre la population autochtone et se permettait même d’exporter des fruits et légumes vers la métropole. Il y avait des bateaux qui filaient vers la France dont les soutes étaient remplies d’oranges et même de céréales. Oui, le blé dur algérien est l’un des meilleurs AU MONDE de part ses qualités gustatives et ses aptitudes à se concilier à toutes sortes de minoteries. ARRHHHHHAAAAAAOUATES !…

Pour ceux qui ne connaissent pas, ils peuvent se renseigner, la variété
BEN BACHIR était très appréciée par les meuneries parisiennes qui en raffolaient pour leur clientèle huppée : Oui, mesdames et messieurs, avec la variété BEN BACHIR, on faisait le pain blanc qu’on dégustait chez MAXIM’S, Le FOUQUET’S ou autre palais gastronomiques.

Alors, que s’est-il passé en 38 ans pour que notre pays devienne à la merci des autres pays pour LA NOURRITURE de ses concitoyens autochtones. Loin de moi tout discours alarmiste, mais si demain, chaque pays devait prendre la décision de vivre en autarcie, c’est-à-dire (garde ton blé, je garde ma technologie ect…) eh bien, YA LKHAOUA, notre réserve est de…..45 jours…. Entre temps, on pourra peut-être trouver une recette pour manger…
notre pétrole. Quoique l’on parle de la possibilité de fabriquer des steaks tartares à base de pétrole… Trêve de balivernes et passons aux choses sérieuses.

Non, la situation peut se résumer ainsi et ATHHABOUUUUU OILLA
TAKKARHOUUUUUU, la situation est grave mais pas désespérée car les Algériens ont des ressources insoupçonnées. Je dis ça pour me consoler et pour vous consoler. Mais le soleil a été longtemps caché par le tamis que les mailles de ce dernier ont été carbonisées par l’énergie solaire et que maintenant, les dirigeants du pays n’osent plus nous montrer ce tapis car on démasquerait
vite la supercherie et leurs visages transis de peur et de honte… Quoique je ne suis pas sûr sur ce dernier point !…

COMMENT EN EST-ON ARRIVES LA ?

Bonne question et merci de…. Oui, comment en est-on arrivés là ?

D’abord, il y a des causes structurelles qu’on aurait pu éviter. La plus importante qui se présente comme un nez au milieu du visage est la CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE. Il y avait 10 millions d’algériens en 1962 alors que l’on compte de nos jours plus du triple. N’importe quelle agriculture, aussi performante soit-elle ne peut résister à un triplement de la population en 3 décennies.

Que celui qui n’a pas 5 ou 6 Frères et soeurs me jettent la première
pierre. Je ne parle pas des jeunes actuels, gardez vos pierres parce que vos parents dont je fais partie de leur génération ont compris leur peine et les familles algériennes sont devenues, j’allais dire… plus normales.

Ceci pour vous dire que notre agriculture a été MESSKINA essoufflée par ce rythme et qu’elle n’a pas pu résister à des naissances d’une telle cadence.

Comment aurions-nous pu éviter ça ?

Il n’était pas nécessaire de sortir de St Cyr ou autre pour dire qu’il
fallait limiter les naissances. Non, même là, des esprits éclairés sont venus pour constituer LE CONSEIL SUPÉRIEUR de je ne sais pas quoi pour décréter que limiter les naissances était HARAM et LAYAJOUZ… On avait vu quelques décennies plus tard le produit…

Oui, même dans notre Saint Coran, on relève que chaque individu a sa part
dans ce monde. Oui, on n’est pas contre, mais on chérirait tellement le fait d’offrir à nos enfants quelque chose de bien et pas n’importe quoi : Il ne s’agit pas de faire des bambinos pour les laisser baver devant l’opulence de ce monde. L’idéal serait de leur faire partager cette opulence et non être malade de les voir privés de ceux que les autres enfants du monde considèrent comme acquis. La satellisation de la terre et la mère parabole sont en train de faire des ravages chez tous les enfants du Tiers-Monde, j’allais dire du Quart-Monde. Le NITENDO comme ils disent, donne envie à un enfant Américain, Français ou Anglais comme il soulève également l’envie de l’enfant d’El Harrach, de Batna ou de Tolga. Sauf que pour le même prix de ce NITENDO, une famille Algérienne peut vivre 15 jours et que pour les autres familles citées, la dépense ne représente même pas un repas. La différence est de taille… Vous ne trouvez pas !…

Je ne parle pas du manque de logements ou autre. Lorsque le taux
d’occupation des logements en Algérie est de 7,5 personne par logement, on a tout dis.

Enfin, je termine par ce point en disant aux jeunes actuels, allez,
ceux qui ont entre 25 et 40 ans qu’on est heureux YA LES JEUNES, YA LOULED, de vous avoir parmi nous. Moi-même, j’ai 3 ou 4 frères et soeurs (je ne sais plus combien !…) dans cette strate et que si on avait appliqué la politique de limitation de naissance à temps, eh bien, vous ne serez pas là à nous rendre la vie plus… agréable !… Mais, pas d’égoïsme et tâchons plutôt de relever le défi qui nous attend tous… Quel programme ?

La seconde raison : Comment une agriculture se développe ?

L’agriculture est une branche de l’économie sociale dont le rôle est de nourrir les hommes. A ce titre, et pour revenir à notre critère de croissance démographique, l’agriculture peut jouer plusieurs rôles.

1. Si, par exemple, les hommes n’ont d’autres soucis que de se nourrir, c’est à dire qu’ils ne cherchent pas à avoir autre chose que de manger pour faire plus simple, et à condition qu’ils ne soient pas nombreux, une agriculture de cueillette suffit à leurs besoins. C’est à dire qu’ils se mettent au diapason des saisons et à demeure, ils cueillent les légumes et les fruits de saison pour se nourrir. Il fallait simplement ne pas être exigeant et ne pas réclamer des pêches au mois de janvier par exemple !…

2. La situation se complique lorsque d’autres besoins s’expriment ou qu’ils deviennent plus nombreux. Je ne vais pas vous faire l’histoire médiévale de l’agriculture, mais sachez que plus les hommes évoluent, plus leurs besoins deviennent variés et divers. Et là, l’agriculture se doit de surpasser son rôle d’autosubsistance. Elle doit dégager ; pour participer à cet effort ; des surplus agricoles afin de les échanger contre des biens et des services qu’elle ne peut produire :

– « Je te donne un quintal de mon blé et tu me donnes une photocopieuse » pour l’exemple. L’agriculture participe effectivement dans ce cas à l’évolution de la société et pour faire plus contemporain, je dirais qu’elle participe au développement.

Bien entendu, lorsque la population augmente, les exigences imposées à l’agriculture prennent une courbe exponentielle à laquelle il faudra s’y résoudre.

La solution, aussi cartésienne et mathématique est simple. Si on a des superficies, c’est-à-dire si on peut déplacer des gens vers de nouvelles terres inexploitées, le mal est pour ainsi dire moindre. Et c’est ainsi qu’au fil de l’histoire de l’humanité, des peuplades se sont fixés ça et là au gré des terres disponibles. A ce niveau, retenez tout de même que les Algériens commencent à reculer vers…..le SUD, justement dans cette optique.

Mais le bât blesse lorsque les superficies ne suffisent plus. Hélas, la superficie de l’Algérie n’est pas élastique et la distance qui sépare Maghnia de Annaba n’a pas changée depuis 1962. Et là, dans cette éventualité, il n’y a que le génie de l’homme pour sortir de l’ornière. On va demander aux mêmes surfaces de produire plus : c’est ce que l’on appelle en terme économique LA PRODUCTIVITÉ. Je reviendrai plus loin sur ce point, névralgique à plus d’un titre.

Il y a bien sûr des stades intermédiaires mais c’est une autre paire de manches qu’on décortique à nos étudiants en agronomie. Ce n’est pas le cas. Je m’adresse, je suppose à un public hétéroclite qui a le souci de comprendre, s’il est connecté à ce site et à cette rubrique spécialement, de comprendre le pourquoi du comment du chose de la mort de l’agriculture algérienne.

Parce que YA LAOULED, l’agriculture algérienne est agonisante et les fossoyeurs, ceux-là mêmes qui l’ont dirigée et qui continuent à le faire, sont déjà armés de pelles et de pioches pour creuser sa tombe.

C’est pourquoi que lorsque l’on a saisi ces points, on peut comprendre le reste de mon discours et c’est mon but.

Revenons maintenant à cette notion de PRODUCTIVITÉ. C’est le noeud géorgien de l’agriculture algérienne. Je veux d’abord vous apporter mon point de vue sur cette notion :

Prenons un hectare de terre arable. Il produit, mettons sans
l’intervention de l’homme et des techniques modernes…allez, on va dire 200 kilogrammes de blé, 2 quintaux. ZOUZE EKNATTARES. C’est-à-dire que si on sème des graines de blé dans un carré de 100 mètres de côté, on obtient 2 quintaux de blé. Déjà à ce niveau, on peut d’ores et déjà se poser la question : Oui, mais combien de graines jette-t-on sur le sol ?

Pour ne pas rendre mon discours barbare, la moyenne admise est d’un quintal par hectare, c’est-à-dire pour le carré de 100 mètres de côté : 100 kilos….

Voilà, on a fixé les limites de la nature. Autrement dit, la nature, sans l’intervention de l’homme, peut à elle seule, et dans le cas du blé, doubler la quantité de ce que l’homme veut bien y enfouir en son sein.

A l’autre bout de la chaîne et pour vous donner un exemple, les meilleurs producteurs de blé au monde se trouvent en France, précisément dans la plaine de la BEAUCE. Eh bien YAL KHAOUA, ces messieurs produisent 120 quintaux à l’hectare, c’est-à-dire 60 fois plus que Dame Nature.

Vous allez me dire : Mais que justifie cet écart de 2 A 120 quintaux ? Eh bien, justement pour faire simple, disons que c’est cela le mérite et le résultat bête et froid de la PRODUCTIVITÉ. C’est-à-dire que plus qu’on bichonne Dame Nature et plus elle est généreuse.

Et c’est quoi BICHONNER DAME NATURE. Eh bien tout simplement lui donner tous les atouts pour qu’elle s’exprime mieux. Et là, Y A LOULED, je ne vais rentrer dans les détails Algéro-Algériens sinon mon discours deviendra plus technique donc plus ennuyeux.

Non, ce que je veux vous dire, c’est que notre Terre Algérienne, elle
avait besoin d’être bichonnée, en clair mieux traitée et si possible par du personnel compétent et tout le reste.

Car le constat est dramatique pour ce qui concerne le blé. Les rendements Algériens tournent autour de 5 voir 6 allez poussons jusqu’à 10 quintaux à l’hectare. Pas plus. C’est-à-dire que nous sommes loin, très loin des rendements que je viens de vous donner.

Les esprits optimistes peuvent penser que puisque la marge de manoeuvre est large à ce point, on ne peut qu’évoluer vers le haut…Non, non, non, malheureusement les conditions ne sont pas encore réunies poue cela… Les erreurs relevées par le passé perdurent toujours et prennent des tournures plus graves… (ce sera peut-être InchAllah, le thème d’un nouveau débat !)

Et pourquoi le cas du blé pour l’exemple ?

Pour des raisons évidentes :
– D’abord, l’Algérien est l’un des plus gros consommateurs de céréales dans le monde. 175 kilogrammes par habitant et par an. Vous allez me dire, mais c’est pas possible 175 kilogrammes de cérérales mais il exagère ce type. Non, non, non, je n’exagère pas du tout. Lorsque vous additionnez les quantités de baguettes de pain, de KESSRA, de MAKROUD, de pâtes alimentaires
que vous consommez, vous allez revoir votre copie. Et puis, il n’ya pas de honte à avoir au fait que nous soyons de gros mangeurs de céréales. Ce n’est pas une maladie contagieuse…RABBI INNAJINA !…

– La seconde raison est beaucoup plus grave et elle est la conséquence d’une politique suicidaire. Du fait de notre hyper consommation de céréales et de rendements aléatoires comme on vient de le voir, nous importons bon an mal an plus de 30 millions de tonnes de céréales. CA VOUS DIT RIEN COMME
QUANTITÉ, mais j’y arrive. Si ce n’est pas plus car le problème s’est aggravé avec l’introduction d’une aviculture (les poulets) intensive qui nécessite des quantités faramineuses de céréales. Et résultat des courses, une partie importante de nos ressources pétrolières sont destinées à régler les factures des céréales : En clair, on est en train de manger notre pétrole !…

Vous ne trouvez pas que le gâchis est indéfinissable, qu’on aurait dû appliquer une autre politique qui préserve nos richesses minières ou réserver les recettes pétrolières à créer des emplois à nos jeunes ou à construire des logements qui manquent tant à notre population.

Non, on préfère manger notre pétrole, quelque soit le goût !…

Pour la quantité de 30 MILLIONS DE TONNES, une illustration pour vous donner l’ampleur du désastre. Eh bien, tous les jours qu’ALLAH fait, il y a un bateau de céréales qui décharge sa cargaison dans tous les ports céréaliers d’Algérie. De Maghnia à Annaba, ce sont des monstres d’acier qui nous vomissent un blé produit aux États-Unis, au Canada, en Argentine et j’en
passe…. Et vous allez voir pour ELFATOURA !…

En fait, c’est quoi tout le reste ?

J’ai eu ‘l’impression, tout au long de ma petite expérience
d’agriculteur que l’agriculteur algérien jetait les graines sur le sol et que pour lui là s’arrêtait le travail. RABBI IJJIB ALHHHHHHAME ANCH ALLAH. On a assisté même à des SALLATES ELLISTISSKA pour sauver l’année.

C’est vrai que l’eau est indispensable à la plante comme l’oxygène l’est pour nous. Mais Ya LOULED, l’agriculture moderne qu’on appelle intensive n’est pas cela du tout. Parce que le terme intensif est justement générateur de cette notion barbare de PRODUCTIVITÉ.

Non, pour que l’agriculture offre à l’homme de quoi se nourrir, il faut que d’abord qu’elle se nourrisse elle-même. Et là me vient à l’esprit une maxime chère à nous tous : IHHHABE EL BAGRA ALLLI MATAHHHHLAFACHE, MATAKOULCHE OU TAHHLABE BEZEF ! N’est-ce pas là un dicton de chez nous. Non, pour que la vache produit une quantité nécessaire, il faut qu’elle ai d’abord une quantité suffisante d’aliments pour :

– Se nourrir elle-même,
– Nourrir le veau qu’elle porte si elle est parturiente,
– Et seulement ensuite qu’elle s’autorise à exporter le surplus d’aliment en lait, en viande ect…

J’ai tenté de vous apporter cette ludique introduction pour vous montrer à quel point l’agriculture algérienne a été malmenée depuis le début et je vais de suite vous le prouver :

Oui, car malheureusement on avait des responsables qui, pour la plupart s’en foutaient (excusez-moi du terme) mais ils s’en foutaient éperdument de ces données. On avait des technocrates, bien installés au Ministère de l’agriculture et je peux le jurer, qui ont eu l’avancement de carrière le plus précoce de tous les fonctionnaires de la planète.

Rien ne les intéressait, on pouvait tenter de les convaincre, on avait l’impression de parler avec des outres vides. Et je parle des directeurs centraux du ministère de l’agriculture ; du temps où ce dernier était situé boulevard Colonel Amirouche pour ceux qui connaissent. Maintenant, je sais qu’il a été déplacé mais je ne sais pas où et je veux, à la limite ne pas le savoir. Pour la simple raison que je n’y mettrais plus jamais les pieds. Je garde de trop douloureux souvenirs pour revenir me remémorer des situations qui ont mené notre agriculture à un état de misère endémique.

Parce qu’en fait tout le reste est une gestion opportune et rigoureuse des ressources foncières, humaines, sociales, techniques et j’en passe.

A chaque fois qu’il y avait une directive qui atterrissait sur les bureaux de nos chers technocrates, on organisait des forums de discussion, des sortes de réunionnites où chacun s’arrangeait pour gonfler au mieux son ordre de mission et le sujet de la réunion pouvait passer au second plan.

Pour ma part, je peux vous donner quelques exemples où j’ai été malmené, mais je vous avoue que j’ai aussi malmené quelques hauts responsables. Pour le simple fait que je croyais ET JE CROIS toujours que je détenais, non pas la solution, ce serait prétentieux de ma part, mais je savais, je l’avais appris YA LKHAOUA, oui je savais, enfin j’étais au fait des bêtises qu’il ne fallait pas faire. C’est déjà pas mal non !…

Eh bien, à chaque fois, je me suis battu à telle enseigne que je ne suis pas resté longtemps au ministère de l’agriculture. Comme je vous l’avais bien dis, j’avais rejoint le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. J’ai, en quelque sort PRIS de la hauteur. Je suis passé du boulevard Amirouche à BEN AKNOUN.

Non, mais sérieusement, quelques exemples :

– Déjà lors de notre stage de perfectionnement, j’avais relevé des inepties de premier ordre. Il y avait à l’époque l’AUTOGESTION (ATTASYIIIIIIRE ATHHATI), qui battait son plein et j’ai été effaré de voir comment notre agriculture était gérée. Il y avait par exemple des plans de campagne qui venaient directement d’Alger, pondus bien entendu par des ronds de cuir qui n’avaient jamais mis les pieds dans un champ.

Un plan de campagne est en quelque sorte UN ORDRE : Là, vous plantez des choux, là, vous plantez des radis… Et si jamais vous vous avisez à planter les choux à la place des radis EZZAGATE HHALIKOUME !…

Et c’est ce qui s’est passé durant presque 20 ans en Algérie. Et ça, seuls les initiés le savaient, c’est-à-dire les gens qui avaient une relation très étroite avec l’agriculture.

Je ne vous dis pas aussi les conséquences d’une telle farce. On pouvait avoir sur les marchés QUE des concombres… ou QUE des pommes de terre… ou QUE des radis et ainsi de suite….

On bassinait les esprits de l’Algérien moyen par des concepts politiques dépassés. On stigmatisait une situation donnée, on camouflait la réalité et on donnait au petit Peuple des raisons fausses qui faisaient recette.

Je peux vous donner des exemples à travers toutes les expériences pratiquées sur l’agriculture et à cet effet, notre agriculture est devenue, au fil des 3 dernières décennies, un champ d’expérimentation de formules de développement plus ou moins magiques importées toutes, qui de Yougoslavie (Autogestion) qui de Cuba (La révolution Agraire) qui de France ou d’Espagne (pour l’élevage avicole) et bien d’autres exemples.

Et à chaque fois la réalité nous ramenait à un constat d’échec qui est devenu latent, qui s’est collé telle une ventouse à la réalité algérienne. On ne peut que se résigner à attendre une aide extérieure qui sera de toute manière inadaptée à un environnement algérien.

L’agriculteur algérien ne peut avoir la même réflexion que son homologue français ou moldave… Nous cultivons, nous autres, non pas des plantes diverses dans nos champs, mais… insérées entre les graines… s’est glissée… la mentalité algérienne, avec sa spécificité, son vécu… et bien d’autres facteurs que nos chers responsables ont occulté et qui font qu’aujourd’hui BLEDNA dépend de l’étranger pour son alimentation.

Je trouve pour ma part que c’est scandaleux à plus d’un titre et c’est avec cette sombre conclusion que je compte me séparer de vous aujourd’hui…MAIS, avec un grand MAIS… je compte sur vous pour me poser toutes sortes de questions sur cette agriculture alitée, agonisante, sous perfusion… toutes sortes de question… Révolution agraire, financement de l’agriculture… élevage… et je vous apporterai les enseignements de l’heure qui vous montreront qu’à chaque fois, la politique agricole algérienne a été gérée comme un SOUK !…

B.B

DJAZAIROUNA


manque d’eau au Moyen-orient et en Afrique du nord

Bientôt un manque d’eau au Moyen-orient et en Afrique du nord
Les régions arides du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord seront bientôt confrontées à une crise de l’eau grave si les gouvernements ne prennent pas les mesures nécessaires pour mieux gérer cette ressource rare et limitée.
Le Moyen-Orient utilise de manière excessive ses ressources limitées d’eau et la quantité d’eau disponible par tête sera divisée par deux d’ici 2050, entraînant des pressions sociales fortes alors que de nombreuses personnes quitteront la campagne, d’après les déclarations de la Banque Mondiale jeudi.

Mais une crise peut encore être évitée si les gouvernements saisissent cette occasion pour réparer les réseaux d’eau, construire de nouvelles infrastructures comprenant des usines de dessalement et éduquent les populations pour les inciter à ne pas gâcher des ressources limitées, peut-on lire dans un rapport publié par la Banque Mondiale.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, deux des régions les plus arides du monde, consomment de manière excessive des ressources d’eau douce déjà rares.

Le déclin de la qualité de l’eau a déjà fait baisser le PIB du Maroc, de l’Algérie et de l’Egypte de 1%, et le PIB de l’Iran de 3%, d’après les données de la Banque Mondiale.

Alors que la population du Moyen-orient et d’Afrique du nord est sur le point d’exploser et que le changement climatique devrait réduire les précipitations de 20% d’ici 2050, l’institution incite les gouvernements de la région à élaborer des réformes urgentes.

« Nous devons simplement réduire la quantité d’eau utilisée, surtout pour l’agriculture qui représente 85% du total de notre consommation d’eau » a déclaré Julia Bucknall, spécialiste de la gestion des ressources naturelles à la Banque Mondiale, dans la capitale du Maroc, Rabat.

Les compagnies d’eau doivent réduire les pertes d’eau dues à l’évaporation et investir dans des réseaux modernes et efficaces, d’après elle. Les agriculteurs devraient par ailleurs s’équiper de techniques d’irrigation qui gaspillent moins et passer à des cultures qui apportent plus de revenus par quantité d’eau consommée.

Les responsables de la Banque Mondiale ont déclaré que la Tunisie et la Jordanie avaient réussi à bien gérer la demande en eau et étaient les pays de cette région du Moyen-Orient et d’Afrique du nord qui avaient la plus grande quantité d’eau encore disponible.

« Si nous faisons des projets pour l’avenir, c’est beaucoup plus simple que la gestion de la crise qui nous attend » a déclaré Julia Bucknall.

Une grande partie de l’Afrique du Nord est de plus en plus dépendante des importations de céréales alors que les récoltes agricoles diminuent, la quantité de terres agricoles disponibles diminue et la population croît.

Le Maroc est un exemple à suivre pour la région étant donné qu’il récolte la pluie avec un réseau de barrages, mais dans la région de Souss, qui est une région de production agricole intensive (près d’Agadir) les niveaux d’eau ont chuté à 70 mètres en dessous du sol alors qu’ils étaient à 10 mètres en dessous du sol en 1982.

actualites-news-environnement

Afrique du nord: stabilité et instabilité au XXIe siècle?

Démographie, développement économique et nouvelle donne des hydrocarbures au coeur de l’avenir stratégique de l’arc méditerranéen.

La démographie, force ou faiblesse ? Cette vérité du développement humain est particulièrement préoccupante en Afrique de Nord. François Daguzan, chercheur à la FRS, a voulu lors d’une journée- débat consacrée à la stabilité et instabilité de l’Afrique du nord au XXIème siècle,  » faire tomber les fantasmes et les idées reçues  » sur la démographie du Maghreb.

S’il y a un très grand risque pour que  » l’économie ne soit pas au rendezvous de la démographie à l’horizon 2030 « , les pays du Maghreb ont bien entamé leur transition démographique contrairement au voisin égyptien pour qui la pression démographique reste un  » problème majeur « . Certes, en trente ans, la population du Maghreb a été multipliée par deux mais la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse du taux de fécondité due à des politiques de planning familial, à la scolarisation des filles et à la modernisation des modes de vie. Si le taux de natalité est proche de celui des pays européens, la proportion des moins de 15 ans représente 50 % de la population. D’où des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès. Contrairement aux pays d’Asie qui ont fait le choix de l’ouverture internationale, l’économie des pays d’Afrique du nord, reste encore sous contrôle étatique. Plus grave, la rente pétrolière de l’Algérie et de la Libye a souvent été  » un élément paralysant et non un facteur de développement  » a insisté François Daguzan. Si la Tunisie, est souvent citée comme un exemple de réussite économique, le pays a lui aussi joué sur une rente touristique dont les retombées économiques ont été maigres pour la population tunisienne.

Au-delà de leurs liens historiques, les deux rives de la méditerranée ont aussi nombres d’intérêts économiques en commun. L’Union européenne est le premier partenaire commercial des pays d’Afrique du nord. Dix ans après le Sommet de Barcelone scellant le partenariat euro méditerranéen, le bilan est plus que mitigé. Les chefs d’Etat européens ont aujourd’hui la volonté de relancer ce processus notamment à travers le programme MEDA qui constitue le cadre financier de la coopération des pays de l’UE avec les pays de l’arc méditerranéen. Fondé sur la mise en place d’une zone de libre-échange et d’actions de soutien à la transition économique, il doit regrouper également des actions destinées à favoriser un développement économique et social ainsi que des actions de soutien à la coopération régionale et transfrontalière. Pour la période 2000-2006, 35 milliards d’euros ont été engagés par l’UE à destination des pays suivants : Algérie, Tunisie, Maroc, Égypte, Jordanie, Liban, Syrie, Chypre, Israël, Malte, Territoires palestiniens, Turquie. Nicolas Sarkis du centre franco-arabe du pétrole a quant à lui estimé que l’interdépendance énergétique des deux rives de la méditerranée ne ferait que  » s’accroître dans les décennies à venir  » étant donné le contexte mondial d’ accélération de la demande énergétique. A l’horizon 2030, la production régionale de pétrole,  » devrait passer de 80 à 120 millions de barils par jour « .

La vraie question du développement économique de cette région reste centrée d’après Fouad Benhalla, ancien directeur général de RFI, sur le décalage entre les populations et leurs politiques,  » une rencontre entre la société et le pouvoir sera-t-elle possible sans drame ? « .

Plumpy’Nut pour lutter contre la malnutrition

Plumpy’nut, la « véritable révolution » dans la lutte contre la malnutrition. A l’heure où la hausse du prix des aliments enflamme la rue, de Port-au-Prince à Ouagadougou, l’expression semble audacieuse. C’est pourtant celle qu’ont choisie d’employer plusieurs responsables d’organisations spécialisées de premier plan, dont Jean-Hervé Bradol, président de Médecins sans frontières (MSF). Plus sobrement, Denis Metzger, président d’Action contre la faim (ACF), salue un « tournant ».

L’objet de leur enthousiasme se présente sous la forme d’un sachet en feuille d’aluminium rempli de 92 grammes d’une pâte brune au goût sucré de cacahuète. Inventé et breveté en 1997, expérimenté en Ethiopie, cet aliment dont le nom commercial, Plumpy’nut, signifie  » noix dodue » ou « grassouillette », a connu, le 7 juin 2007, une première consécration officielle. Ce jour-là, la directrice générale du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, Josette Sheeran, a salué l’avènement d' »un produit dont la composition permettra de sauver des millions de jeunes vies ».

D’une même voix, l’Unicef, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le PAM ont alors reconnu « une approche novatrice (qui) permet de progresser contre la malnutrition aiguë sévère qui affecte quelque 20 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde ». Les trois agences de l’ONU ont publié un texte commun prônant le recours aux  » aliments thérapeutiques prêts à l’emploi » désignés par leur sigle anglais de RUTF (ready to use therapeutic foods) et dont le Plumpy’nut, fabriqué par une étonnante PME française, est le produit phare.

Entourée d’enfants sauvés de la famine en un temps record, Susan Shepherd, coordinatrice de MSF au Niger, confirme ce « succès impressionnant » dans un pays où, d’ordinaire, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans : « Les mamans voient tout de suite les résultats et sont encouragées, constate-t-elle dans une vidéo diffusée sur Internet par l’organisation non gouvernementale (ONG). Il y a moins d’abandons. »

Jusqu’à présent, ces enfants au seuil de la mort relevaient d’un protocole à base de lait thérapeutique. Le traitement suppose une prise en charge lourde incluant une hospitalisation et un long suivi médical destiné à éviter erreur de dosage et complications. Le lait, fourni sous forme de poudre, nécessite l’adjonction d’eau potable chaude et donc de moyens de cuisson.

Les aliments de type Plumpy’nut font disparaître ces obstacles. Prêts à l’emploi, ils peuvent être administrés par les mères elles-mêmes, sans eau et donc sans risque d’infection ni d’erreur de dilution, mais ne dispensent pas d’un suivi. Les mères, qui étaient réticentes à laisser au village leurs aînés pour séjourner dans un dispensaire avec leur petit dernier dénutri, repartent désormais de la consultation avec les sachets nécessaires à un mois de traitement. Ces aliments sont appréciés des enfants pour leur goût, entraînent une augmentation spectaculaire de leur poids et une amélioration rapide de leur état.

Leur composition, qui mêle lait en poudre, arachide, huiles végétales et sucre, enrichie en vitamines et sels minéraux, est équivalente au lait thérapeutique, mais permet une conservation même par grande chaleur. Leurs ingrédients – locaux – et leur processus de fabrication – simple – rendent possible leur production sur place.

Une dizaine d’années ont été nécessaires pour que l’intuition d’André Briend, le médecin concepteur du Plumpy’nut – remplacer le lait par un aliment solide aussi apprécié des enfants que le Nutella, aussi nutritif que les produits antérieurs et aussi facile d’emploi qu’un gâteau sec -, prenne forme, se diffuse et commence à faire l’objet d’un consensus.

Mais la « révolution » des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi ne se limite pas à une technique innovante. Pour s’imposer, ces nouveaux aliments bousculent les habitudes. Les ONG qui les portent aux nues aujourd’hui ont longtemps traîné des pieds. Les aliments prêts à l’emploi  » ont remis en cause un modèle de traitement basé sur de petits hôpitaux de brousse, explique André Briend, aujourd’hui médecin à l’OMS. Certaines ONG avaient construit leur réputation sur leur capacité à organiser de telles unités. Toute une routine s’était installée. »

D’autres obstacles ont surgi : certains médecins, rétifs à l’idée d’abandonner leurs prérogatives, attribuent la malnutrition au comportement inadéquat des mères, qui justifierait la nécessité d’une aide médicale. Sans compter une certaine hostilité des humanitaires à l’égard des produits de l’industrie agroalimentaire.

Avec l’ardeur des convertis, MSF prend aujourd’hui la tête d’une croisade comparable à celle menée pour la diffusion dans les pays pauvres des médicaments antirétroviraux contre le sida. L’organisation milite non seulement en faveur de la généralisation de l’usage des RUTF pour traiter la malnutrition aiguë des jeunes enfants dont seuls 3 % y ont accès aujourd’hui. Mais, forte de l’expérience très positive chez 65 000 enfants de la région nigérienne de Maradi, dont elle se prévaut, l’organisation en prône l’emploi contre la malnutrition modérée, aujourd’hui traitée avec des « farines enrichies » moins efficaces.

Au-delà de l’intervention d’urgence, les petits sachets nutritifs permettraient donc d’envisager une action pérenne à large échelle. Les nouveaux aliments peuvent être distribués plus facilement et donc plus largement à un âge fatidique dont dépend la survie sans séquelles. Or les retards de développement accumulés entre 6 mois et 3 ans sont rédhibitoires.

Pourtant, d’autres écueils ont surgi. Même s’il a évolué, le système d’aide alimentaire reste marqué par la nécessité d’écouler les excédents de céréales américaines. « L’aide financière attribuée à chaque pays par le PAM reste proportionnelle au tonnage de céréales qui lui est distribué. Personne n’a intérêt à favoriser les sachets de Plumpy’nut », explique un haut responsable sous le sceau de l’anonymat. En outre, la pâte nutritive coûte, à poids égal, dix fois plus cher que les farines distribuées par le PAM. Même si son efficacité permettrait, selon un spécialiste, de diviser par dix les quantités distribuées, ce produit qui cible les formes graves de malnutrition ne constitue pas un remède miracle à la crise actuelle, qui plombe le prix des ingrédients qui le composent.

Les promoteurs du Plumpy’nut n’hésitent pas à renverser l’argument. Jean-Hervé Bradol, président de MSF, estime que  » l’explosion des coûts va obliger à mettre le problème sur la table ». « Avec la crise, tout le système de l’aide alimentaire va devoir être remis à plat », pronostique un autre responsable.

De fait, la dramatisation des enjeux liés à l’alimentation des pays pauvres pousse déjà à imaginer des pistes variées de financement et de promotion, y compris des subventions aux matières premières antifaim et la participation de structures privées. Déjà, Danone, engagé au Bangladesh dans la fabrication de yaourt enrichi à bas prix, mais aussi la Fondation Bill et Melinda Gates s’intéressent à la »révolution » du Plumpy’nut.

Par Le Monde

Réinventons l’énergie

by Jeffrey D. Sachs

NEW YORK *– L’économie mondiale est maltraitée par une forte hausse des prix de l’énergie. Pendant que quelques pays exportateurs d’énergie du Moyen-Orient et d’ailleurs récoltent d’énormes profits, le reste du monde souffre, subissant un baril de pétrole à 110 $US et un doublement du prix du charbon.

Faute d’une énergie abondante et bon marché, ce sont tous les aspects de l’économie mondiale qui sont menacés. Les prix des denrées alimentaires, par exemple, augmentent à mesure que ceux du pétrole explosent, en partie à cause de l’augmentation des coûts de production mais aussi parce que les terres arables aux États-Unis et ailleurs passent de la production alimentaire à celle des biocarburants.

Il n’existe pas de solution miracle pour les prix du pétrole. L’augmentation des prix reflète les conditions élémentaires de l’offre et de la demande. L’économie mondiale, notamment en Chine, en Inde et ailleurs en Asie, a connu une croissance rapide, ce qui a conduit à une augmentation rapide de la demande d’énergie, surtout pour l’électricité et les transports. Mais les réserves mondiales de pétrole, de gaz naturel et de charbon ne peuvent pas suivre facilement, malgré la découverte de nouveaux gisements. Et à de nombreux endroits, l’offre de pétrole décline à mesure que les gisements s’épuisent.

Le charbon est plus abondant, et peut être transformé en carburants liquides pour le transport. Pourtant c’est un substitut inapproprié, en partie à cause de l’offre limitée, et en partie parce qu’il émet de grandes quantités de dioxyde de carbone par unité d’énergie, et que par conséquent il représente une source dangereuse de bouleversement anthropique du climat.

Si l’on veut que les pays en développement continuent de connaître une croissance économique rapide et que les pays riches évitent la crise, il sera nécessaire de mettre au point de nouvelles technologies énergétiques. Il conviendra de cibler trois objectifs : des alternatives à bas coût aux énergies fossiles, une plus grande efficacité énergétique et la réduction des émissions de dioxyde de carbone.

La technologie la plus prometteuse à long terme est l’énergie solaire. Les radiations solaires totales touchant la planète représentent environ 1 000 fois l’utilisation énergétique commerciale du monde. Cela signifie que même une partie réduite de la surface terrestre, notamment dans des régions désertiques, recevant des radiations solaires massives, peut fournir des quantités d’électricité conséquentes à une grande partie du reste du monde.

Des centrales solaires dans le désert de Mohave en Amérique, par exemple, pourraient satisfaire les besoins en électricité de plus de la moitié du pays. Des centrales solaires en Afrique du Nord pourraient fournir de l’énergie à l’Europe de l’Ouest. Et d’autres au Sahel, au sud du vaste Sahara, pourraient fournir de l’énergie à une grande partie de l’Afrique de l’Est, de l’Ouest et du Centre.

Le projet le plus prometteur en termes d’efficacité énergétique est peut-être la “technologie hybride plug-in” pour les voitures, qui devrait pouvoir tripler l’efficacité énergétique des voitures neuves dans les dix prochaines années. Le principe serait que les voitures roulent principalement grâce à des batteries rechargées chaque nuit sur le réseau électrique, avec un moteur à essence hybride pour les soutenir. General Motors pourrait en proposer une première version d’ici 2010.

La principale technologie permettant d’utiliser le charbon tout en respectant l’environnement est la capture et le stockage géologique du dioxyde de carbone des centrales électrique qui utilisent ce combustible. Cette “capture et séquestration du carbone,” ou CSC, est nécessaire d’urgence dans les principaux pays consommateurs de charbon, surtout la Chine, l’Inde, l’Australie et les États-Unis. Les technologies-clés pour la CSC ont déjà été mises au point, il est temps de passer des projets aux vraies centrales de démonstration.

Pour exploiter toutes ces technologies pleines de promesses, les gouvernements doivent consacrer des fonds à la science et aux coûts élevés des premières étapes de tests. Sans au moins un financement public partiel, l’implantation de ces nouvelles technologies sera lente et inégale. Il faut savoir que la plupart des grandes technologies qui nous paraissent aujourd’hui toutes naturelles – les avions, les ordinateurs, Internet et les nouveaux médicaments, pour n’en citer que quelques-unes – ont reçu des financements publics essentiels au début de leur développement et de leur diffusion.

Il est choquant et inquiétant que les financements publics demeurent insignifiants, car le succès de ces technologies pourrait se traduire littéralement par des billions de dollars de résultats économiques. Un exemple : selon les données les plus récentes de l’Agence internationale de l’énergie, en 2006 le gouvernement des États-Unis a investi seulement 3 milliards de dollars dans la recherche et le développement énergétiques. En dollars ajustés de l’inflation, cela représente un déclin d’environ 40 % depuis le début des années 1980, et cela équivaut aujourd’hui aux dépenses militaires des États-Unis pendant un jour et demi.

La situation est d’autant plus décourageante quand on y regarde de plus près. Les financements consacrés par les États-Unis aux énergies renouvelables (solaire, éolienne, géothermique, de l’océan et la bioénergie) représentent au total seulement 239 millions de dollars, soit trois heures du budget de la défense. Les dépenses pour la capture et la séquestration du carbone équivalaient à juste 67 millions de dollars, et celles consacrées à l’efficacité énergétique de tout type (construction, transports et industrie) se montaient à 352 millions de dollars.

Le développement de nouvelles technologies énergétiques n’incombe naturellement pas aux seuls Etats-Unis. La coopération mondiale autour de ces technologies est nécessaire à la fois pour augmenter les réserves et pour s’assurer que l’utilisation de cette énergie respecte l’environnement, notamment pour détourner le changement climatique anthropique de l’utilisation des carburants fossiles. Non seulement ce serait bénéfique d’un point de vue économique, mais la politique en profiterait aussi, car cela permettrait d’unir le monde dans notre intérêt commun plutôt que de le diviser dans une lutte amère autour de réserves de pétrole, de gaz et de charbon qui s’amenuisent.

source : http://www.project-syndicate.org/com…achs140/French