Des dizaines d’Africains tentent d’entrer Melilla en provenance du Maroc


Plusieurs dizaines d’immigrants clandestins ont forcé dimanche un point de passage frontalier entre le Maroc et Melilla, pour tenter d’entrer dans l’enclave espagnole, où des affrontements se sont produits avec les forces de l’ordre, selon les autorités espagnoles. Quelques-un des 70 Africains qui ont forcé le passage pour entrer à Melilla, sur la côte nord du Maroc, se sont montrés violents à l’égard des policiers, a indiqué la représentation du ministère espagnol de l’Intérieur, ajoutant qu’un agent avait été blessé.

Le ministère n’a pas fourni de détails sur ces violences, mais des médias espagnols ont fait état de clandestins armés de bâtons et de projectiles en tous genres. Au final, peu ont réussi à franchir la frontière et trois ont été arrêtés et transférés vers un centre de rétention pour clandestins.

Selon la radio Cadena Ser, certains s’étaient installés dans des arbres ou s’étaient cachés dans des poubelles pour éviter d’être repérés après être entrés dans l’enclave avant l’aube, mais la police espagnole les a interpellés. Un communiqué de la direction de migration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l’Intérieur cité par l’agence de presse marocaine MAP, a de son côté annoncé qu’un groupe de 58 Subsahariens avait tenté, dimanche matin, de forcer le dispositif de sécurité mis en place au passage de Beni-Ansar à Nador pour passer au préside de Melilla.

Grâce à la vigilance des éléments en poste, cette tentative a été avortée, d’après la même source, qui a ajouté que sept cas d’évanouissement avaient été enregistrés et que les ressortissants avaient été évacués à l’hôpital de Nador pour des soins légers. Les autorités marocaines continueront à lutter sans relâche contre les réseaux de trafic d’êtres humains, souligne le communiqué.

Onze immigrants clandestins étaient morts en 2005 dans des affrontements avec les forces de sécurité en tentant d’entrer à Melilla et à Ceuta, autre esclave espagnole. Trois autres sont décédés l’année suivante alors qu’ils essayaient de gagner Melilla.

source : AP

Exploitation des clandestins a ADRAR

ADRAR
L’exploitation des clandestins bat son plein

 

Adrar est en train de devenir un point de passage par excellence pour les prétendants à la conquête de l’Europe. Ils viennent des pays frontaliers et leur envie et de rejoindre les côtes espagnoles très prisées pour se fondre ensuite à travers des pays tels que l’Italie et la France.
Adrar, grâce à son développement socioéconomique, est devenu l’endroit de prédilection qui attire de jeunes Africains à la recherche d’un travail qui leur permettrait de subsister, faire des économies pour ensuite disparaître vers les destinations convoitées. Leur physique leur permet de s’intégrer facilement à la population locale et d’échapper à d’éventuels contrôles. Cette main-d’œuvre à bon marché est très recherchée et très convoitée à cause, d’une part, des faibles prix pratiqués mais aussi de leur endurance. Leur savoir-faire est multiple et touche plusieurs domaines : broderie, couture, sculpture sur bois, cordonnerie, maçonnerie… Ils excellent surtout dans la couture traditionnelle et certains nationaux les recrutent pour les installer et les héberger et bien-entendu les exploiter. Chacun y gagne. Afin de passer inaperçus on n’hésite pas à les enfermer dans des ateliers où ils s’attellent à la fabrication de tuniques, de «bazan»… Ces produits une fois exposés et vendus sur le marché rapportent gros à leurs propriétaires et les bénéfices réalisés sont mirobolants. Chacun trouve son compte. D’autres immigrés moins qualifiés sont recrutés pour des travaux de forage et de construction. Des tâches éreintantes réalisées sous un soleil cuisant, payées à un prix dérisoire. Certains qui ont pris attache et connaissance avec la ville optent pour d’autres formes de gain facile : le vol, la prostitution, le faux et usage de faux, les faux documents de voyage… Ainsi, au courant de l’année 2007, plus de 280 cas qui les impliquaient directement furent traités. Plusieurs nationalités étaient concernées (Maliens, Nigériens, Congolais, Mauritaniens, Nigérians, Libériens, Burkinabais, Ivoiriens, Camerounais…) D’après les services de la Sûreté ce fléau est en train de prendre de l’ampleur : 178 immigrants clandestins ont été interceptés durant le premier trimestre 2008 contre 301 en 2007. De son côté la gendarmerie fait elle aussi état des faits : arrestation de 58 clandestins (hommes et femmes). Les personnes arrêtées n’ayant commis aucun délit à part cette infraction d’une présence illégale sont reconduites aux frontières. En attendant, Adrar vit au rythme de cette chaleur pesante et agaçante et il n’est pas rare de se voir arrêter par un clandestin : «Et monsieur, bonjour, vous n’auriez pas quelques pièces ?»
El-Hachemi S.

lesoir d’algerie

 

manque d’eau au Moyen-orient et en Afrique du nord

Bientôt un manque d’eau au Moyen-orient et en Afrique du nord
Les régions arides du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord seront bientôt confrontées à une crise de l’eau grave si les gouvernements ne prennent pas les mesures nécessaires pour mieux gérer cette ressource rare et limitée.
Le Moyen-Orient utilise de manière excessive ses ressources limitées d’eau et la quantité d’eau disponible par tête sera divisée par deux d’ici 2050, entraînant des pressions sociales fortes alors que de nombreuses personnes quitteront la campagne, d’après les déclarations de la Banque Mondiale jeudi.

Mais une crise peut encore être évitée si les gouvernements saisissent cette occasion pour réparer les réseaux d’eau, construire de nouvelles infrastructures comprenant des usines de dessalement et éduquent les populations pour les inciter à ne pas gâcher des ressources limitées, peut-on lire dans un rapport publié par la Banque Mondiale.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, deux des régions les plus arides du monde, consomment de manière excessive des ressources d’eau douce déjà rares.

Le déclin de la qualité de l’eau a déjà fait baisser le PIB du Maroc, de l’Algérie et de l’Egypte de 1%, et le PIB de l’Iran de 3%, d’après les données de la Banque Mondiale.

Alors que la population du Moyen-orient et d’Afrique du nord est sur le point d’exploser et que le changement climatique devrait réduire les précipitations de 20% d’ici 2050, l’institution incite les gouvernements de la région à élaborer des réformes urgentes.

« Nous devons simplement réduire la quantité d’eau utilisée, surtout pour l’agriculture qui représente 85% du total de notre consommation d’eau » a déclaré Julia Bucknall, spécialiste de la gestion des ressources naturelles à la Banque Mondiale, dans la capitale du Maroc, Rabat.

Les compagnies d’eau doivent réduire les pertes d’eau dues à l’évaporation et investir dans des réseaux modernes et efficaces, d’après elle. Les agriculteurs devraient par ailleurs s’équiper de techniques d’irrigation qui gaspillent moins et passer à des cultures qui apportent plus de revenus par quantité d’eau consommée.

Les responsables de la Banque Mondiale ont déclaré que la Tunisie et la Jordanie avaient réussi à bien gérer la demande en eau et étaient les pays de cette région du Moyen-Orient et d’Afrique du nord qui avaient la plus grande quantité d’eau encore disponible.

« Si nous faisons des projets pour l’avenir, c’est beaucoup plus simple que la gestion de la crise qui nous attend » a déclaré Julia Bucknall.

Une grande partie de l’Afrique du Nord est de plus en plus dépendante des importations de céréales alors que les récoltes agricoles diminuent, la quantité de terres agricoles disponibles diminue et la population croît.

Le Maroc est un exemple à suivre pour la région étant donné qu’il récolte la pluie avec un réseau de barrages, mais dans la région de Souss, qui est une région de production agricole intensive (près d’Agadir) les niveaux d’eau ont chuté à 70 mètres en dessous du sol alors qu’ils étaient à 10 mètres en dessous du sol en 1982.

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Afrique du nord: stabilité et instabilité au XXIe siècle?

Démographie, développement économique et nouvelle donne des hydrocarbures au coeur de l’avenir stratégique de l’arc méditerranéen.

La démographie, force ou faiblesse ? Cette vérité du développement humain est particulièrement préoccupante en Afrique de Nord. François Daguzan, chercheur à la FRS, a voulu lors d’une journée- débat consacrée à la stabilité et instabilité de l’Afrique du nord au XXIème siècle,  » faire tomber les fantasmes et les idées reçues  » sur la démographie du Maghreb.

S’il y a un très grand risque pour que  » l’économie ne soit pas au rendezvous de la démographie à l’horizon 2030 « , les pays du Maghreb ont bien entamé leur transition démographique contrairement au voisin égyptien pour qui la pression démographique reste un  » problème majeur « . Certes, en trente ans, la population du Maghreb a été multipliée par deux mais la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse du taux de fécondité due à des politiques de planning familial, à la scolarisation des filles et à la modernisation des modes de vie. Si le taux de natalité est proche de celui des pays européens, la proportion des moins de 15 ans représente 50 % de la population. D’où des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès. Contrairement aux pays d’Asie qui ont fait le choix de l’ouverture internationale, l’économie des pays d’Afrique du nord, reste encore sous contrôle étatique. Plus grave, la rente pétrolière de l’Algérie et de la Libye a souvent été  » un élément paralysant et non un facteur de développement  » a insisté François Daguzan. Si la Tunisie, est souvent citée comme un exemple de réussite économique, le pays a lui aussi joué sur une rente touristique dont les retombées économiques ont été maigres pour la population tunisienne.

Au-delà de leurs liens historiques, les deux rives de la méditerranée ont aussi nombres d’intérêts économiques en commun. L’Union européenne est le premier partenaire commercial des pays d’Afrique du nord. Dix ans après le Sommet de Barcelone scellant le partenariat euro méditerranéen, le bilan est plus que mitigé. Les chefs d’Etat européens ont aujourd’hui la volonté de relancer ce processus notamment à travers le programme MEDA qui constitue le cadre financier de la coopération des pays de l’UE avec les pays de l’arc méditerranéen. Fondé sur la mise en place d’une zone de libre-échange et d’actions de soutien à la transition économique, il doit regrouper également des actions destinées à favoriser un développement économique et social ainsi que des actions de soutien à la coopération régionale et transfrontalière. Pour la période 2000-2006, 35 milliards d’euros ont été engagés par l’UE à destination des pays suivants : Algérie, Tunisie, Maroc, Égypte, Jordanie, Liban, Syrie, Chypre, Israël, Malte, Territoires palestiniens, Turquie. Nicolas Sarkis du centre franco-arabe du pétrole a quant à lui estimé que l’interdépendance énergétique des deux rives de la méditerranée ne ferait que  » s’accroître dans les décennies à venir  » étant donné le contexte mondial d’ accélération de la demande énergétique. A l’horizon 2030, la production régionale de pétrole,  » devrait passer de 80 à 120 millions de barils par jour « .

La vraie question du développement économique de cette région reste centrée d’après Fouad Benhalla, ancien directeur général de RFI, sur le décalage entre les populations et leurs politiques,  » une rencontre entre la société et le pouvoir sera-t-elle possible sans drame ? « .

L’éditorial de Claude Imbert – Cette colère qui monte

Claude Imbert – Le point
Jeudi 17 Avril 2008

Jusqu’à présent, leurs souffrances se cachent. Chez eux, pas de Tibet pour nourrir nos compassions de bien nourris. Pas d’Ingrid Betancourt, pas de figure pathétique pour le trémolo des télévisions. Ces pauvres-là n’ont pas, comme nos assistés, la bouche pleine pour crier dans les rues leur énième rouspétance. Ils sont, eux, les muets d’une multitude lointaine, éparse, anonyme. Des fourmis de la fourmilière humaine, oubliés du Ciel et de la Terre. Une centaine, bientôt peut-être plusieurs centaines de millions qu’écrase une fatalité inconnue de nos contrées. Celle de la faim.

La faim, on la savait peu à peu réduite par le progrès humain à des confins désertiques. Elle resurgit non plus dans les sables mais dans l’entassement géant des grandes métropoles. Une saccade d’émeutes, celles des ventres creux, flambe dans les bidonvilles d’Egypte, de Bolivie, du Mexique, du Pakistan, des Philippines, d’Haïti, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Sénégal, et j’en passe… Un crépitement de disettes d’un autre type. Elles étranglent des misérables incapables de se procurer le blé, le riz, le maïs de leur ordinaire que leur arrache l’envolée des prix. Rechute imprévue dans un des enfers de l’humanité !

Dramatique raté de la globalisation des échanges, de la crise financière, de la vertigineuse croissance démographique, de l’aspiration des peuples pauvres vers l’eldorado illusoire des villes, du déracinement de l’agriculture, que sais-je encore… Et qui fait une fois de plus rêver-mais en vain !-d’une maîtrise enfin mondiale… de la mondialisation.

Dans l’immédiat, on dénonce volontiers un effet collatéral de la crise financière. La spéculation, ailleurs échaudée, se reporte sur du « solide » : les matières premières et les denrées de base. Les cours du blé et du riz ont quasiment doublé en une année. Mais la concordance d’une production agricole record et de cette flambée des cours donne à penser que les prix agricoles resteront durablement élevés. Du coup, on réévalue les besoins de la population mondiale et l’avidité de nouveaux mastodontes qui ne produisent plus chez eux de quoi nourrir leur propre population. En fait, l’offre agricole, très performante, augmente brillamment mais pourtant moins que la demande qu’attise la spéculation sur les stocks céréaliers (1).

C’est une épouvantable désillusion ! La mondialisation avait spectaculairement réduit dans le monde les zones de famine récurrente. La production agricole, en permanente croissance, se faisait forte d’anticiper la croissance démographique. Elle peut, d’ailleurs encore, dit-on, s’épanouir jusqu’à nourrir les 9 milliards d’humains qu’on nous promet pour 2050. L’humanité enregistrait ainsi une victoire historique contre la pauvreté. De la perspective de famines inéluctables on était passé à l’état, encore peu satisfaisant mais moins tragique, de zones de « malnutrition ».

Dans cet étranglement imprévu, la nouveauté, c’est celle « de situations où il y a de la nourriture mais où les misérables n’ont pas de quoi la payer ». Alors, dans l’angoisse, et un peu de panique, on recommence à douter qu’une production agricole globale suffise pour satisfaire les besoins mondiaux. Les uns s’alarment d’un détournement de céréales vers l’éthanol et autres biocarburants. Les autres d’une atrophie des cultures vivrières, en Afrique notamment, par le réchauffement climatique et l’exil des paysans vers les villes. D’autres, enfin, d’une évolution de la demande des peuples nouvellement développés et, par exemple, nouveaux consommateurs de viande, d’où un besoin accru de céréales destinées au bétail… Pour finir tombe ce catastrophique pronostic onusien : « Plus de 1 milliard d’humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025, soit 600 millions de plus que précédemment anticipé… »

Tous les pays victimes sont déjà ravagés par des révoltes de désespoir. Et leur tissu social, lacéré par l’ensauvagement de la misère : les crève-la-faim n’ont pas les moyens de la civilité publique : manger d’abord, la morale plus tard… Et, certes, le premier des droits de l’homme est… de survivre !

Conséquence seconde : les pays pauvres vont se raidir contre les riches de la planète. Dans la globalisation qui rapproche-pour le meilleur et pour le pire !-des nations et civilisations aux niveaux de vie si éloignés, la pression politique et migratoire ne peut qu’enfler. Les grands « machins » internationaux commencent de se remuer. Il n’est que temps. Jamais autant de ventres creux n’auront salivé sur nos banquets de riches ! L’Europe, sur ses balcons, entend, au loin, cette colère qui monte…

1. Voir l’excellent dossier du Monde (dimanche 13-lundi 14 avril).

Plumpy’Nut pour lutter contre la malnutrition

Plumpy’nut, la « véritable révolution » dans la lutte contre la malnutrition. A l’heure où la hausse du prix des aliments enflamme la rue, de Port-au-Prince à Ouagadougou, l’expression semble audacieuse. C’est pourtant celle qu’ont choisie d’employer plusieurs responsables d’organisations spécialisées de premier plan, dont Jean-Hervé Bradol, président de Médecins sans frontières (MSF). Plus sobrement, Denis Metzger, président d’Action contre la faim (ACF), salue un « tournant ».

L’objet de leur enthousiasme se présente sous la forme d’un sachet en feuille d’aluminium rempli de 92 grammes d’une pâte brune au goût sucré de cacahuète. Inventé et breveté en 1997, expérimenté en Ethiopie, cet aliment dont le nom commercial, Plumpy’nut, signifie  » noix dodue » ou « grassouillette », a connu, le 7 juin 2007, une première consécration officielle. Ce jour-là, la directrice générale du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, Josette Sheeran, a salué l’avènement d' »un produit dont la composition permettra de sauver des millions de jeunes vies ».

D’une même voix, l’Unicef, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le PAM ont alors reconnu « une approche novatrice (qui) permet de progresser contre la malnutrition aiguë sévère qui affecte quelque 20 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde ». Les trois agences de l’ONU ont publié un texte commun prônant le recours aux  » aliments thérapeutiques prêts à l’emploi » désignés par leur sigle anglais de RUTF (ready to use therapeutic foods) et dont le Plumpy’nut, fabriqué par une étonnante PME française, est le produit phare.

Entourée d’enfants sauvés de la famine en un temps record, Susan Shepherd, coordinatrice de MSF au Niger, confirme ce « succès impressionnant » dans un pays où, d’ordinaire, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans : « Les mamans voient tout de suite les résultats et sont encouragées, constate-t-elle dans une vidéo diffusée sur Internet par l’organisation non gouvernementale (ONG). Il y a moins d’abandons. »

Jusqu’à présent, ces enfants au seuil de la mort relevaient d’un protocole à base de lait thérapeutique. Le traitement suppose une prise en charge lourde incluant une hospitalisation et un long suivi médical destiné à éviter erreur de dosage et complications. Le lait, fourni sous forme de poudre, nécessite l’adjonction d’eau potable chaude et donc de moyens de cuisson.

Les aliments de type Plumpy’nut font disparaître ces obstacles. Prêts à l’emploi, ils peuvent être administrés par les mères elles-mêmes, sans eau et donc sans risque d’infection ni d’erreur de dilution, mais ne dispensent pas d’un suivi. Les mères, qui étaient réticentes à laisser au village leurs aînés pour séjourner dans un dispensaire avec leur petit dernier dénutri, repartent désormais de la consultation avec les sachets nécessaires à un mois de traitement. Ces aliments sont appréciés des enfants pour leur goût, entraînent une augmentation spectaculaire de leur poids et une amélioration rapide de leur état.

Leur composition, qui mêle lait en poudre, arachide, huiles végétales et sucre, enrichie en vitamines et sels minéraux, est équivalente au lait thérapeutique, mais permet une conservation même par grande chaleur. Leurs ingrédients – locaux – et leur processus de fabrication – simple – rendent possible leur production sur place.

Une dizaine d’années ont été nécessaires pour que l’intuition d’André Briend, le médecin concepteur du Plumpy’nut – remplacer le lait par un aliment solide aussi apprécié des enfants que le Nutella, aussi nutritif que les produits antérieurs et aussi facile d’emploi qu’un gâteau sec -, prenne forme, se diffuse et commence à faire l’objet d’un consensus.

Mais la « révolution » des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi ne se limite pas à une technique innovante. Pour s’imposer, ces nouveaux aliments bousculent les habitudes. Les ONG qui les portent aux nues aujourd’hui ont longtemps traîné des pieds. Les aliments prêts à l’emploi  » ont remis en cause un modèle de traitement basé sur de petits hôpitaux de brousse, explique André Briend, aujourd’hui médecin à l’OMS. Certaines ONG avaient construit leur réputation sur leur capacité à organiser de telles unités. Toute une routine s’était installée. »

D’autres obstacles ont surgi : certains médecins, rétifs à l’idée d’abandonner leurs prérogatives, attribuent la malnutrition au comportement inadéquat des mères, qui justifierait la nécessité d’une aide médicale. Sans compter une certaine hostilité des humanitaires à l’égard des produits de l’industrie agroalimentaire.

Avec l’ardeur des convertis, MSF prend aujourd’hui la tête d’une croisade comparable à celle menée pour la diffusion dans les pays pauvres des médicaments antirétroviraux contre le sida. L’organisation milite non seulement en faveur de la généralisation de l’usage des RUTF pour traiter la malnutrition aiguë des jeunes enfants dont seuls 3 % y ont accès aujourd’hui. Mais, forte de l’expérience très positive chez 65 000 enfants de la région nigérienne de Maradi, dont elle se prévaut, l’organisation en prône l’emploi contre la malnutrition modérée, aujourd’hui traitée avec des « farines enrichies » moins efficaces.

Au-delà de l’intervention d’urgence, les petits sachets nutritifs permettraient donc d’envisager une action pérenne à large échelle. Les nouveaux aliments peuvent être distribués plus facilement et donc plus largement à un âge fatidique dont dépend la survie sans séquelles. Or les retards de développement accumulés entre 6 mois et 3 ans sont rédhibitoires.

Pourtant, d’autres écueils ont surgi. Même s’il a évolué, le système d’aide alimentaire reste marqué par la nécessité d’écouler les excédents de céréales américaines. « L’aide financière attribuée à chaque pays par le PAM reste proportionnelle au tonnage de céréales qui lui est distribué. Personne n’a intérêt à favoriser les sachets de Plumpy’nut », explique un haut responsable sous le sceau de l’anonymat. En outre, la pâte nutritive coûte, à poids égal, dix fois plus cher que les farines distribuées par le PAM. Même si son efficacité permettrait, selon un spécialiste, de diviser par dix les quantités distribuées, ce produit qui cible les formes graves de malnutrition ne constitue pas un remède miracle à la crise actuelle, qui plombe le prix des ingrédients qui le composent.

Les promoteurs du Plumpy’nut n’hésitent pas à renverser l’argument. Jean-Hervé Bradol, président de MSF, estime que  » l’explosion des coûts va obliger à mettre le problème sur la table ». « Avec la crise, tout le système de l’aide alimentaire va devoir être remis à plat », pronostique un autre responsable.

De fait, la dramatisation des enjeux liés à l’alimentation des pays pauvres pousse déjà à imaginer des pistes variées de financement et de promotion, y compris des subventions aux matières premières antifaim et la participation de structures privées. Déjà, Danone, engagé au Bangladesh dans la fabrication de yaourt enrichi à bas prix, mais aussi la Fondation Bill et Melinda Gates s’intéressent à la »révolution » du Plumpy’nut.

Par Le Monde

Le pire Crime contre l’Humanité a commencé

Un être humain meurt toutes les 5 secondes de malnutrition, 720 par heure, 17.000 par jour, plus de 6 millions par an.

Le pire Crime contre l’Humanité a bien commencé !

Alors qu’un peu partout dans l’hémisphère sud et sous les tropiques, des estomacs crient famine et poussent les affamés à piller commerces et entrepôts, en Mauritanie, au Cameroun, au Burkina Faso, en Éthiopie, Indonésie, Égypte, au Maroc, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, à Madagascar, aux Philippines, à Haïti, au Pakistan et en Thaïlande ; alors que sur les 55 économistes sondés par le Wall Street Journal, 73% estiment que la première puissance du monde, les USA, va s’affaiblir et que le pire de la récession est devant nous ; alors que des experts, comme le Prix Nobel Joseph Stiglitz, évaluent le coût de la guerre en Irak à 3.000 milliards de dollars ; alors que les «résolutions» du Grenelle de l’environnement sont bafouées, et que les paysans de France et du monde entier seront livrés d’ici peu à la dictature des semenciers d’OGM ; alors que partout sur la planète s’érode la biodiversité ; alors que nous serons 10 à 12 milliards d’êtres humains à vivre sur Terre d’ici une quarantaine d’années… les chantres de l’ultralibéralisme continuent à prôner l’accélération de la consommation comme moteur de développement dans un monde voué, à terme, à la pénurie de ses ressources. Ainsi voudrait-on nous faire croire que nous n’avons pas d’autre alternative que de poursuivre sur la voie d’un système qui, partout, se lézarde et n’annonce que chaos sociaux, désastres écologiques, pénuries alimentaires, «guerres de civilisations», pollutions néfastes et réchauffement climatique. Charmantes perspectives !

Le début de la faim… mondialisée

Une multitude de voyants clignotent dans le rouge. Pendant ce temps, les inconscients au nombre desquels nous comptons, continuent à se goinfrer, à consommer tant et plus et à dilapider les ressources naturelles… comme si de rien n’était. Et les mêmes s’ingénient à promouvoir, et même à imposer par la force, un système qui ne fait qu’accroître les inégalités rendant les riches encore plus riches et les pauvres toujours plus pauvres… y compris dans leurs propres pays.
Si le développement économique de ces 20 dernières années a sorti quelques centaines de millions d’individus du sous-développement, plus de deux milliards d’êtres humains survivent avec moins de deux dollars par jour, quand le prix de certaines denrées alimentaires de première nécessité, comme le riz, le blé et le maïs, aura doublé entre 2005 et fin 2008. Les uns consomment plus, gaspillent plus, se nourrissent plus, quand les autres, beaucoup plus nombreux évidemment, ne trouvent même plus à se nourrir.

Une Troisième Guerre mondiale encore plus meurtrière

Certains, comme Jean Ziegler, Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, auteur de «L’Empire de la Honte», n’hésitent pas à parler de Crime contre l’Humanité pour qualifier la situation actuelle et plus encore celle qui se dessine à l’horizon. Une personne meurt des conséquences directes ou indirectes de la malnutrition toutes les 5 secondes dans le monde ! 12 personnes chaque minute, 720 chaque heure, 17.000 chaque jour, plus de 6 millions chaque année, soit plus que pendant la Seconde Guerre mondiale ! Et pendant ce temps, plutôt que de réduire leur consommation de carburants fossiles, les pays occidentaux s’apprêtent à planter des millions d’hectares pour produire des agrocarburants afin de réduire leur facture pétrolière, limitant d’autant l’aide alimentaire d’urgence qu’ils pourront accorder aux pays de la faim. Concomitamment, le FMI (Fonds monétaire internationale) contraint les pays où sévit la famine à cultiver fruits et légumes d’exportation qui viendront garnir les supermarchés occidentaux, comme ces fraises et ces cerises proposées au beau milieu de l’hiver. Et on en arrive à la situation absurde où le kilo de pommes est vendu 2,5€ chez nous au mois de décembre, quand le kilo de litchis est proposé à 1,5€, après avoir parcouru en avion-cargo les 10.000 kilomètres qui nous séparent de Madagascar… où des millions de personnes ne mangent pas à leur faim !

Une Troisième Guerre mondiale motivée par la pénurie des ressources de subsistance alimentaire a bien commencé. Elle est et sera plus meurtrière que les précédentes !

Yves Barraud .
Sources : Rénovation-démocratique.org.

Près de 150 millions d’Africains menacés par la crise alimentaire, selon la BAD

Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Daniel Kaberuka, a annoncé vendredi soir à Tunis que son institution avait décidé d’engager un milliard de dollars supplémentaire pour venir en aide aux pays africains les plus menacés par la crise alimentaire mondiale.

La banque africaine a ciblé 12 pays comme étant les plus menacés dans le continent, dont ceux sortant de conflits ou dépendant fortement des importations, tels que le Liberia, la Gambie, la Guinée-Bissau, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, Djibouti et même l’Egypte.

Ce montant vient s’ajouter à un porte feuille de 3,8 milliards de dollars consacré par la BAD depuis juillet dernier à la promotion du secteur agricole en Afrique, a précisé le Rwandais Kaberuka, qui s’adressait à la presse à l’issue d’un conseil d’administration consacré à cette crise.

Selon lui, près de 150 millions de personnes « courent des risques très sérieux » en Afrique du fait de cette crise, notamment les populations pauvres des zones urbaines et rurales, les mères et les enfants en bas âge et les personnes vivant avec le VIH/Sida.

Il a estimé à environ 35,8 millions de tonnes métriques le déficit de denrées alimentaires en Afrique.

L’aide annoncée, également destinée aux pays dont les balances de paiement sont en difficulté, fait partie d’un train de mesures prises par le conseil d’administration de la BAD, qui a décidé de dégager environ 250 millions de dollars à titre de décaissements rapides pour l’achat des intrants et engrais.

Outre la « réorientation d’une part importante de son portefeuille d’infrastructure pour dynamiser les investissements dans les systèmes d’irrigation », la BAD entend « accélérer les activités visant à réduire les pertes post-récoltes évaluées à 40% des récoltes en Afrique, une réduction de 10% pouvant engranger cinq millions de tonnes supplémentaires de céréales ».

Selon Daniel Kaberuka, les signes de la crise ont commencé à se manifester depuis deux ans. Mais « le choc » a été provoqué cette année par la sécheresse qui a sévi en Australie et l’interdiction faite par certains pays producteurs tels que la Thaïlande et le Vietnam d’empêcher les exportations de céréales, notamment le blé et le riz et aggravé par les fonds spéculatifs.

Tout en rendant hommage aux pays qui ont annoncé des aides d’urgence pour aider les pays affectés dont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon, il a exhorté les pays ayant interdit les exportations « à ne plus faire obstacle au libre jeu du marché ».

Sources :africatime.com / AP.