Meurtres xenophobes en série en Grande Bretagne

harry-the-nazi_392Grande-Bretagne: Assassinats d’Algeriens

Des voix s’élèvent pour condamner une montée spectaculaire du racisme en Grande-Bretagne après l’annonce successive de l’assassinat de plus d’une vingtaine de jeunes Arabes durant ces trois dernières années, parmi lesquels trois Algériens.

En plus de la mort de cette vingtaine de musulmans, les quartiers des grandes villes londoniennes ont enregistré une poussée spectaculaire d’incidents intercommunautaires. D’ailleurs, Scotland Yard parle aujourd’hui de plus de 300 incidents à caractère raciste depuis l’an dernier. Mieux encore, la police des transports fouille depuis des mois les usagers arabes pour parer à la menace terroriste suite aux alertes données par la police londonienne. Pis, certains groupes extrémistes anglais munis de différentes armes blanches et parfois d’armes automatiques sont derrière ces assassinats, avait rapporté la police londonienne. Cette montée inattendue, explique la police de Scotland Yard, s’est propagée à travers les grandes villes anglaises, surtout après les attentats terroristes de Londres perpétrés par un commando d’Al Qaïda. Ces extrémistes promettent plus de violence à l’égard de la communauté musulmane dans l’avenir, surtout si ces musulmans ne quittent pas l’Angleterre. Du côté de nos compatriotes, Scotland Yard a indiqué l’assassinat de trois Algériens en l’espace de quelques mois seulement, une information confirmée par Home Office dans sa toile. Un Algérien répondant au nom de A. Mohamed a été tué dans la banlieue de Liverpool alors qu’il était en compagnie de son amie. Il y a quelques mois, un autre Algérien, natif de la commune de Bourouba (Hai El Kahf) et âgé de 28 ans, a été assassiné d’un coup de hache dans la banlieue de Liverpool (Nord de l’Angleterre) par de jeunes voyous. Un autre Algérien vient allonger la triste liste (rapporte Le Jeune indépendant). Agé de 18 ans seulement, il a reçu une balle en pleine poitrine dans le nord de Londres et son identification est toujours en cours, précise pour sa part la police de Scotland Yard. Il est bon de rappeler que dans ce même lieu d’autres arabes ont connu le même sort, tous assassinés par des extrémistes anglais. Avant-hier seulement, c’est un ressortissant soudanais qui a été assassiné par des inconnus à Londres, après un Yéménite et deux Saoudiens, assassinés dans les mêmes circonstances. De son côté, le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne et par la voix de son président, le docteur Abdul Bari, avait dénoncé cette barbarie.

«Ce qui est en train de se passer aujourd’hui dans la plupart des villes et quartiers londoniens est très inquiétant, car le racisme et l’islamophobie vont ensemble. Les assassinats qui se sont produits ces derniers temps visent surtout les Arabes et c’est toute la communauté musulmane qui est sous pression». Malheureusement cette campagne de tueries visant les musulmans en Grande-Bretagne est accompagnée d’expulsions et d’accusations gratuites «créées» par la justice londonienne et appuyées par les autorités londoniennes à l’encontre des jeunes musulmans. En effet, plusieurs dizaines de musulmans ont été expulsés de Grande-Bretagne durant ces deux dernières années pour le «danger» qu’ils représentent pour le pays. Des accusations «gratuites» d’appartenance aux groupes terroristes ont été également «collées» à plusieurs jeunes Arabes, sans que ces derniers n’aient le temps d’agir pour prouver leur innocence. Autrement dit, ces jeunes ne sont pas uniquement la cible de certains extrémistes anglais mais également des autorités.

Le Jour d’Algérie

Cri de detresse d’un detenu Algerien en Grande Bretagne

Grande-Bretagane:Entrée en vigueur des lois sur l’immigration

Par :Samia Lokmane-Khelil

“Vieux, non anglophones, travailleurs sans qualification s’abstenir.” Cet avertissement a de quoi tempérer les ambitions des candidats au départ les plus obstinés. Comme des pays d’Amérique et d’Europe, la Grande-Bretagne prône l’immigration choisie, ce choix consistant à vider le tiers-monde de ses compétences et de fermer sa porte aux naufragés des boat people.

Le gouvernement britannique n’exige pas des Roumains, des Bulgares et des Polonais, qui arrivent par cars entiers sur son territoire, de parler anglais et d’avoir des qualifications précises. Même si leur déferlement fait grincer les dents de la population locale qui les accuse d’accaparer l’immobilier et les emplois, aucune loi ne leur interdit de s’expatrier sur les bords de la Tamise. Les préalables à l’immigration ciblent uniquement les candidats des nationalités hors européennes. Depuis le début du mois d’avril, les prétendants d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes doivent, comme au loto, cocher les numéros gagnants pour décrocher leur place au soleil (rare) au Royaume-Uni. Le système dit à points place la barre très haut, tellement haut que le nombre des aspirants risque de fondre comme neige au soleil. Dans l’agriculture, le bâtiment et les services, la main-d’œuvre bon marché, venue tout droit des nouveaux “petits frères” de l’Est, de l’UE, satisfait largement la demande. Les campagnes anglaises sont investies par les héritiers des kolkhozes, prêts à tous les sacrifices pour économiser le prix d’une maison qu’ils iront construire dans leur pays d’origine. La crise des vocations touche surtout le secteur tertiaire, l’enseignement, la santé, la recherche… où les compétences manquent considérablement. Ces failles sont le résultat de la fuite des cerveaux britanniques à l’étranger. Une récente enquête de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a révélé que plus d’un million d’universitaires du Royaume-Uni se sont exilés depuis dix ans sur le Vieux Continent, en Amérique et en Australie, pour fuir la vie devenue trop chère dans leur pays. Jusqu’au remake manqué des attentats de Londres, l’été dernier, les médecins du monde entier, des pays du tiers-monde tout particulièrement, étaient les bienvenus dans les hôpitaux du royaume afin de pallier l’hémorragie des blouses blanches locales. L’identification d’un des kamikazes comme faisant partie de l’équipe des urgentistes de l’hôpital de Glasgow a révélé toutefois la légèreté avec laquelle les permis de travail étaient octroyés aux praticiens d’origine étrangère. Si aussitôt après, des instructions ont été données aux services de la santé et de l’immigration pour appliquer un contrôle plus rigoureux sur les candidatures, aucune interdiction à la venue de médecins étrangers sur le territoire britannique n’a cependant été prononcée. La transformation des agents de l’immigration en chasseurs de têtes bien faites et vaccinées contre la tentation terroriste provient aussi du désir ardent et vital des Anglais de casser les frontières des ghettos ethniques qu’ils ont mises en place au nom du multiculturalisme. Au lendemain des attentats du 7 juillet 2007, l’opinion découvre stupéfaite que les auteurs n’étaient pas des étrangers, mais des Britanniques, enfants d’immigrés. Alertés par des signes précurseurs comme la hausse de la criminalité ou la montée du prosélytisme islamiste, les autorités admettent l’échec de leur politique d’intégration. Tout bas où à cœur ouvert, des hommes politiques accusent l’État d’avoir offert l’hospitalité à tout venant. Actuellement, le Royaume-Uni compte 7 millions de citoyens britanniques d’origine étrangère, dont 1,5 million de musulmans. Les premières vagues de migrants remontent aux années 1950. Les populations des anciennes provinces de l’empire colonial britannique en constituent les principaux contingents. L’appartenance des arrivants au Commonwealth les exonère d’une quelconque autorisation d’entrée. Mais très tôt, des frictions font jour entre eux et les Britanniques de souche. Avant son immortalisation dans une comédie romantique, le quartier de Nothing Hill à Londres était surtout connu pour avoir été pendant les années 1950 le théâtre de la première offensive anti-immigrés. Cette tension, exacerbée par des conditions économiques difficiles, conduit les pouvoirs publics à émettre les premières restrictions en matière d’immigration. Des permis de travail et le regroupement familial sont institués.

Des immigrés “tardifs”
Les Algériens découvrent tard “l’île au trésor” britannique. L’absence de liens historiques avec ce pays et le handicap linguistique détournent l’attention des prétendants à l’expatriation qui se ruent plutôt vers la France. Les premiers compatriotes arrivent presque par hasard en terre victorienne. Dans le sillage de la politique de défrancisation de l’enseignement, des boursiers sont envoyés en masse au Royaume-Uni pour poursuivre leurs études supérieures. L’Institut des études africaines et orientales (SOAS) à Londres reçoit une foule d’étudiants en sciences sociales et politiques. À l’issue de leur cursus, beaucoup de boursiers choisissent de ne pas retourner au pays. Aujourd’hui, ils font le bonheur et la fortune de laboratoires de recherche qui marchandent leur savoir à coups de millions de livres. Dans les années 1990, une nouvelle marée de compatriotes s’abat sur les côtes du vieux royaume. Une minorité, des journalistes, des policiers, des militaires, est poussée sur les rives de l’Atlantique par le climat de terreur qui s’emparait de l’Algérie. Mais la plupart des arrivants, en quête d’asile politique, sont des militants islamistes qui ont décidé de transférer leurs activités subversives à Londres. Au lendemain des attentats de 2005, le Royaume-Uni se sent coupable d’avoir donné refuge à de dangereux propagandistes qui ont transformé de jeunes Britanniques en bombes humaines. Pour entraver la venue de nouvelles cohortes de réfugiés, le gouvernement pense à abolir l’asile politique permanent et à réduire sa durée à 5 ans. Mais ce frein reste sans effet sur les candidats. Lorsqu’ils sont arrêtés par la police, les harragas algériens introduisent aussitôt une demande d’asile, prétextant le malvivre et la hogra dans leur pays. Deux générations de compatriotes sans papiers se sont succédé au Royaume-Uni. La première avait raté sa route vers l’Australie à la fin des années 1980 et avait pris “le bateau” pour la Grande-Bretagne. La seconde, plus nombreuse actuellement, y débarque sur des embarcations de fortune. Le Home Office estime qu’environ 10 000 Algériens vivent clandestinement au Royaume-Uni. Un certain nombre fait partie d’un collectif pour demander la régularisation des sans-papiers. Au cours de la dernière bataille pour l’élection du maire de Londres, les trois candidats en lice, dont le travailliste Ken Levingstone, ont plaidé pour une régularisation en masse des étrangers. Mais d’aucuns considèrent cette proposition comme un slogan de campagne.
Poursuivant la politique de Tony Blair, son prédécesseur au 10, Downing Street, le Premier Ministre Gordon Brown a mué le pays en citadelle. En décembre dernier, sa ministre de l’Intérieur Jacquie Smith annonçait le durcissement des conditions d’octroi du visa touristique en ramenant sa durée à 3 mois, au lieu de 6 auparavant, et en imposant une caution d’un millier de livres aux fournisseurs des attestations d’accueil. Il y a un peu plus de deux mois, elle dévoilait le nouveau dispositif d’octroi de la nationalité britannique aux étrangers. Le système à points exclut les demandeurs ne parlant pas anglais, n’ayant pas de connaissances sur la culture de leur terre d’accueil et rendus coupables d’infractions dans leur pays d’origine. Le délai d’attente passe de 5 à 8 ans. Une clause de la loi prévoyant la réduction de cet intervalle pour les individus engagés dans des actions caritatives a été tournée en dérision par une partie des médias. De leur côté, les concernés tentent déjà de contourner la législation en se faisant délivrer de fausses attestations d’aptitude en anglais. Un scandale de cette nature vient d’impliquer une école de langues à Londres qui vendait des certificats falsifiés. De bonne ou de mauvaise foi, les postulants au rêve anglais doivent ainsi mettre la main à la poche. La nationalité britannique coûte plusieurs centaines de livres. De l’autre côté de la Manche, Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, est séduit par l’idée de faire payer les candidats à la naturalisation et favoriser ceux qui accomplissent du bénévolat. “Rejoindre un pays, c’est un geste d’amour. Le plan britannique reflète bien cette dimension : rien n’est jamais acquis”, a-t-il commenté.
Avis aux intéressés !

Un professeur algérien incarcéré en Grande-Bretagne en vue d’être extradé

Il encadrait un étudiant pour un exposé sur Al Qaïda….Un professeur d’université algérien incarcéré en Grande-Bretagne en vue d’être extradé.

L’affaire de l’incarcération d’un professeur d’université algérien, qui encadre l’élaboration d’un exposé sur « la stratégie de l’organisation d’Al Qaïda », a suscité une grande polémique dans les milieux politiques et académiques de l’université de Nottingham au nord-est de l’Angleterre qui voient dans l’affaire un rétrécissement de la liberté académique, sous peine de « l’agenda préventif » adopté par le gouvernement britannique, dans le but de faire échouer toute action terroriste probable.

La police britannique a arrêté le professeur algérien « Y. Hichem », la semaine passée, et elle a fouillé minutieusement son bureau à l’université et son logement dans la ville de Nottingham, de même qu’elle a confisqué son appareil informatique avant de le relâcher, mais elle l’a arrêté de nouveau, sous peine de la loi sur l’immigration.

Il a été incarcéré dans le centre de détention Colnbrook, en attendant son extradition vers l’Algérie mardi prochain.

Le drame du professeur algérien remonte au 14 mai dernier, lorsque la police britannique a arrêté Redouane Saber, étudiant à l’université de Nottingham, qui prépare un magistère sur « la stratégie terroriste de l’organisation d’Al Qaïda », avec l’encadrement du professeur algérien.

La police a trouvé chez l’étudiant 1500 pages de documents évoquant la stratégie d’Al Qaïda, et après l’interrogatoire, il s’est avéré qu’il s’agit de documents diffusés par des sites gouvernementaux américains sur Internet, qui ont été imprimés par le professeur algérien, dans son bureau à l’université, afin d’alléger les dépenses de l’étudiant qu’il encadre.

La police britannique a libéré l’étudiant mais elle a à nouveau arrêté « Y. Hicham », pour des raisons liées aux lois de l’immigration cette fois-ci.

Des professeurs de l’université de Nottingham ont considéré ce qu’a fait la police comme « une attaque qui limite la liberté académique sous peine de la loi de la lutte antiterroriste », et ils ont demandé l’arrêt des procédures d’extradition du professeur algérien vers son pays.

– El Khabar