Trafic dans la telephonie a l’international

Multimedia
 (Jeudi 12 Février 2009)

 

Fraude dans le trafic téléphonique à l’international
Une menace sur la sécurité du pays
Par :Faïçal Medjahed

Un fraudeur moyen utilise entre 700 et 1 000 puces téléphoniques, et chaque puce consomme 8 000 DA de recharge par jour. Si l’on tient compte de ces chiffres, il est loisible de constater un blanchiment de 8 millions de DA  par jour et par fraudeur.

Un opérateur privé algérien a saisi l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (Arpt) pour dénoncer “la fraude dans le trafic en provenance de l’international sur les réseaux fixe et mobile algériens”. Cet opérateur a indiqué, dans une lettre adressée au directeur général de l’Arpt, dont Liberté détient une copie, qu’“une analyse très détaillée élaborée par les opérateurs VOIP, en collaboration avec Algérie Télécom en septembre 2006, nous a permis de révéler l’existence de fraudeurs qui utilisent un autre support de télécommunications basé sur le réseau téléphonique commuté (RTC). Le volume de la terminaison du trafic en provenance de l’international sur le réseau fixe algérien, acheminé via les opérateurs VOIP, est estimé à un million de minutes par jour”. Ce trafic téléphonique a disparu, selon l’opérateur, du circuit d’Algérie Télécom (AT) et celui des opérateurs VOIP depuis la mise en place de la nouvelle convention de tarification à la minute entre AT et les opérateurs VOIP. Ce trafic a été récupéré et balancé illégalement, selon la même source, sur le réseau RTC par des opérateurs non déclarés, soit à travers le grand public, soit en utilisant certaines institutions dont l’activité nécessite l’utilisation d’un grand nombre de lignes téléphoniques, tels que les hôtels et les administrations. Or, ces fraudeurs ont besoin d’amasser des sommes considérables en monnaie locale, soit le dinar algérien, pour que ce trafic puisse avoir lieu, précise-t-on. Le produit de ce trafic étant vendu principalement en Europe, des réseaux de blanchiment d’argent — agissant aussi bien en Algérie qu’à l’étranger — sont mis à contribution pour récupérer les sommes colossales en dinars, lesquels réseaux mafieux se font payer en devises via les fraudeurs, explique cet opérateur qui a préféré garder l’anonymat. Ce dernier a également révélé : “Nous détenons d’autres preuves irréfutables relatives à un détournement sur le trafic téléphonique des réseaux mobiles des opérateurs Mobilis et Nedjma.” Et d’ajouter : “Les auteurs de ce détournement utilisent des passerelles IP/GSM qui fonctionnent avec des puces et des cartes de recharge pour téléphones mobiles.” La fraude est irréfutable, dit-il, vu l’absence de contrôle ou d’une quelconque traçabilité. À titre indicatif, un fraudeur moyen utilise entre 700 et 1 000 puces téléphoniques, et chaque puce consomme 8 000 DA de recharge par jour. Si l’on tient compte de ces chiffres, il est loisible de constater un blanchiment de 8 millions de DA par jour et par fraudeur, explique-t-il. Plus explicite, il a révélé que “nos investigations nous ont permis d’identifier l’une des personnes impliquées dans ces opérations criminelles. Il s’agit d’un Indo-Pakistanais de nationalité française qui se déplace souvent en Algérie afin de maintenir et d’étendre ses réseaux de blanchiment”. Ce fraudeur s’est rendu en Algérie entre mai et juin 2007, ajoute-t-il. L’auteur de cette lettre a estimé que “ces pratiques représentent une menace réelle à l’économie, voire à la sécurité du pays, tant tout porte à croire que l’argent servant à l’alimentation de ce trafic sert, aussi, à renflouer les caisses des groupes terroristes dont la corrélation avec les réseaux mafieux à travers le monde ne sont plus à prouver”.
Ces sommes colossales qui circulent en dehors du circuit financier réglementaire sont, selon lui, une véritable ressource pour le terrorisme, le grand banditisme, le trafic de drogue et toutes les autres activités criminelles. Enfin, cet opérateur a proposé à l’Arpt deux solutions pratiques et efficaces pour contrecarrer ces pratiques frauduleuses. La première — à mettre en œuvre dans l’immédiat — permettra d’arrêter ce trafic provisoirement et la seconde —définitive — nécessitera la mobilisation d’importants investissements pour l’acquisition d’équipements de contrôle et de suivi à mettre au niveau des arrivées en fibre optique internationales (Internet) et des hubs satellitaires. 

F. M.

liberte

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