Pas de visa français sans test de connaissances

Regroupement familial : Pas de visa français sans test de connaissances

par Djamel B.
Les candidats au regroupement familial en France devront, désormais, passer un examen culturel dans leur pays d’origine et avoir des bases solides en français pour obtenir un visa, selon un décret qui doit paraître sur le journal officiel de la République française. Selon le journal Le Figaro, les candidats au regroupement familial devront apprendre le français dans leur pays d’origine pour l’obtention d’un visa. «Parce que la langue est le meilleur vecteur d’intégration», le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, souhaite désormais que les migrants, avant d’arriver sur le sol français, puissent s’exprimer en français, même rudimentaire, rapporte jeudi le Figaro sur son site internet. «Toute demande de visa d’immigration familiale donnera lieu à un examen culturel et linguistique, sur place, en répondant à des questions simples, précise le quotidien français qui a pu se procurer le décret.

Ils devront répondre à des questions, tel que : «En France, une jeune femme peut-elle travailler sans l’autorisation de son mari ?». Les migrants disposant des bases de français seront donc dispensés de cours, ainsi que les jeunes de moins de 16 ans et les plus de 65 ans, ajoute le journal. Ce dispositif d’apprentissage précoce du français, dès la terre d’origine, entrera en vigueur à partir du 1er décembre prochain, précise Le Figaro.

D’autre part, et selon le ministre de l’Immigration, le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière en France, pour les neuf premiers mois de 2008, a dépassé celui de l’ensemble de l’année 2007, qui était de plus de 23.000. A la fin septembre, souligne le ministre, le nombre d’éloignements des étrangers en situation illégale était supérieur au total des éloignements de toute l’année 2007. L’an dernier, ce chiffre avait atteint environ 23.200, au-dessous de l’objectif de 25.000 pour 2007, porté à 26.000 pour 2008, dans le cadre d’une politique visant à encourager l’immigration professionnelle et à limiter le regroupement familial. La politique mise en oeuvre par Brice Hortefeux, un proche de Sarkozy, se caractérise aussi par une volonté affichée de lutter contre l’immigration clandestine, notamment par l’expulsion des sans-papiers.

Cette politique a été décriée par plusieurs ONG, qui avaient dernièrement indiqué que le bilan de la droite en matière d’immigration est «désastreux et que les différentes lois Sarkozy et Hortefeux sur le sujet sont facteur d’injustice et de désordre… ». Le parti socialiste (P.S) aussi n’a pas été tendre en critique envers la politique de la droite en matière d’immigration. L’un des responsables du P.S., Faouzi Lamdaoui, a récemment souligné que «l’hyperactivité législative de Sarkozy ne sert qu’à dissimuler son mauvais bilan en matière d’immigration : quatre lois sur l’immigration en quatre ans, fait inédit sous la Vème République. La multiplication de textes inutiles et d’effets d’annonce populistes contribue à une stigmatisation intolérable des immigrés dans notre pays», écrit Lamdaoui, dans une tribune intitulée «Non à la France grimaçante d’Hortefeux», publiée par «Libération». Pour l’auteur de la tribune, «la pression exercée sur l’administration pour atteindre des objectifs démagogiques de 25 000 reconduites par an est dangereuse, et conduit à des drames humains semblables à celui des immigrés défenestrés ou noyés ces derniers mois». Le responsable du PS a préconisé «une nouvelle politique d’accueil et d’intégration plus efficace, reposant sur le contrat d’accueil et d’intégration, l’octroi du droit de vote aux étrangers non-communautaires après cinq ans de résidence légale aux élections locales par voie parlementaire et la réintroduction du droit au regroupement familial dans l’intérêt des familles, conformément à la convention européenne des droits de l’Homme».

En visite au Gabon, en septembre dernier, le ministre français de l’Immigration avait affirmé que l’Europe ne devait devenir «ni une forteresse, ni une passoire», soulignant qu’il fallait organiser l’immigration en tenant compte des particularités de chaque Etat. «C’est exactement l’inverse d’une barricade. L’Europe ne doit ni devenir une forteresse, ni une passoire», a estimé le ministre en répondant à un journaliste parlant d’une Europe qui se barricade. «On tient compte des particularités de chaque Etat. L’objectif, c’est d’organiser. Il faut mettre fin à une période où chacun s’ignorait l’un l’autre. Au contraire, il faut que l’on bâtisse des accords de gestion concertée des flux, et c’est ce que nous sommes en train de faire», a-t-il ajouté.

le quotidien oran
2 NOVEMBRE 2008Sommet européen sur l’immigration à Vichy : la France est-elle cohérente avec ses engagements universels ?

par Fayçal Megherbi *
Les 3 et 4 novembre, la présidence française de l’Union européenne réunit, à l’initiative de Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, l’ensemble des 27 ministres européens de l’Intérieur et de la Justice pour échanger sur les « bonnes pratiques » à promouvoir à l’échelle de l’Union européenne sur la question de l’immigration. Pendant ces derniers mois, des mesures à l’encontre des immigrés résidant en Europe ont connu une forte accentuation.

En effet, après le vote par le Parlement européen, le 18 juin dernier, de la «directive de la honte», qui a pour objet d’harmoniser les conditions de rétention et d’expulsion des immigrés en situation irrégulière dans l’Union européenne, l’acceptation le 26 septembre du Pacte européen sur l’Immigration et l’Asile, soumis pour adoption au Conseil de l’Union européenne le 15 octobre, la tenue de la Conférence interministérielle euro-africaine du 25 novembre en matière d’immigration et de développement pour tenter de transférer aux pays de transit ou d’origine des migrants l’impopularité d’une politique axée sur la répression, et enfin, l’organisation par le ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, à Vichy les 3 et 4 novembre, d’un Sommet européen en vue de la mise en oeuvre d’une politique convergente à l’échelle européenne en matière d’immigration, de droit d’asile, de contrôle des flux migratoires, de coopération et de développement.

Toutes ces initiatives confirment que la politique européenne, en matière d’immigration, progresse vers la construction de sa forteresse. L’Europe démocratique prend-elle en compte ses engagements en matière des droits de l’homme ? La politique française d’immigration «choisie», avec la négation du droit de vivre en famille, est-elle finalement conforme aux dispositions de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés européennes, qui prévoit des règles qui garantissent le principe de mener une vie familiale et privée stable et normale dans les Etats membres de l’Union européenne ? Le gouvernement français a justifié cette nouvelle approche de la politique de l’immigration par ses intérêts économiques.

Toutefois, une étude de l’Insee (1), réalisée en 2007 et publiée le 24 octobre dernier, souligne que le taux de chômage des immigrés, qui sont principalement ouvriers ou employés, est deux fois plus élevé que celui des non-immigrés, avec des différences selon les qualifications, le sexe et l’origine. En 2007, 361.000 immigrés de 15 ans ou plus étaient au chômage, d’après l’enquête Emploi de l’Institut national de la statistique.

Les immigrés (nés étrangers à l’étranger mais qui ont pu devenir Français) représentent ainsi 16% des chômeurs, alors qu’ils ne constituent que 9% de la population active (2,4 millions d’immigrés sur 27,8 millions d’actifs). Le taux de chômage parmi les immigrés (15,2%) est deux fois plus élevé que parmi les non-immigrés (7,3%).

Cet écart est en partie dû aux différences de qualification. «Les immigrés sont plus nombreux à occuper des emplois peu ou non qualifiés et sont donc davantage exposés au chômage», explique l’Insee. Parmi les 30-64 ans, les immigrés actifs sont trois fois plus nombreux que les non-immigrés à ne posséder aucun diplôme (37% contre 12%).

Mais, à diplôme égal, les immigrés actifs, dont un quart sont diplômés de l’enseignement supérieur, demeurent plus souvent au chômage que les autres.

Ainsi, le taux de chômage de ces immigrés diplômés est près du triple de celui des autres actifs de niveau équivalent. «Les formations qu’ils ont pu suivre à l’étranger ne sont pas forcément reconnues en France», souligne Pascale Breuil (Insee), qui se dit «prudente sur la question des discriminations». Les femmes immigrées sont également plus touchées par le chômage que les hommes immigrés (17,3% contre 13,5%) et elles travaillent plus fréquemment à temps partiel que les autres actives (34% contre 28%). Même constat chez les jeunes immigrés : 28% des 15-24 ans sont au chômage, contre 13% des 50 ans et plus.

L’Insee note également que les immigrés actifs nés dans l’Union européenne sont beaucoup moins exposés au chômage que les autres.

«Les immigrés qui viennent d’Espagne, d’Italie ou du Portugal, qui sont présents depuis plus longtemps en France», ont même un «taux de chômage inférieur» d’un point à celui des actifs non immigrés, précise Mme Breuil.

A l’inverse, les natifs d’Algérie ou de Turquie ont un risque de chômage triple de celui des non-immigrés.

Globalement, 62% des immigrés occupent des emplois d’ouvriers ou d’employés, contre 51% des autres actifs ayant un emploi. Les immigrés venus des pays d’Europe, autres que l’Espagne, l’Italie et le Portugal, sont davantage cadres ou professions intermédiaires.

Quant aux femmes immigrées, un tiers d’entre elles occupent des postes d’employées non qualifiées, contre une sur cinq pour les non-immigrées. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent majoritairement dans le tertiaire (73%). Et dans des secteurs comme le nettoyage, les services domestiques et les entreprises de sécurité, plus de 20% de la main-d’oeuvre est constituée d’immigrés. L’Insee précise qu’en Ile-de-France, 69% des salariés des entreprises de nettoyage sont des immigrés.

Peut-on parler de valeurs républicaines à la française en relevant, d’une part, les différences de traitement entre les employés en raison de leur origine, sexe et nationalité, et la violation d’une autre part le principe d’égalité (article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés européennes) ?

L’enjeu aujourd’hui n’est pas d’entourer l’Europe d’une enceinte de barbelés électrifiés et militairement gardés mais plutôt de garantir aux immigrés présents sur le sol européen le bénéfice de toutes les conditions pour s’insérer dignement dans la société française ou les sociétés européennes (accès au logement, à l’emploi, à la santé, à l’éducation…).

Par ces mesures, l’Europe sortira grandie s’il elle fonde sa construction sur le respect des droits de l’homme et la démocratie.

* Doctorant en droit et juriste d’ONG à Paris

(1) Institut national de la statistique et des études économiques

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3 Réponses

  1. CONTENU DU NOUVEAU TEST POUR REGROUPEMENT FAMILIAL SVP.
    MERCI.

  2. nik les francais ou nik leur visas

  3. Université de Fribourg

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