Emigration : Intérêt diplomatique avant le grand rush

La prise en charge de la communauté algérienne résidente à l’étranger, notamment ses besoins et ses interrogations, est repassée au devant des préoccupations de la diplomatie algérienne, si l’on en juge par les rencontres organisées par le ministère avec les diplomates en poste à l’étranger. Hier dimanche au siège du ministère, et devant les chefs de poste, le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a tenu à rappeler la mission première des diplomates, c’est-à-dire être au devant des préoccupations et des interrogations de la communauté nationale résidente à l’étranger.

Développant une nouvelle démarche en ce qui concerne la prise en charge de cette importante frange d’Algériens (environ 4 millions dans le monde, dont plus de 1,5 million en France), les autorités diplomatiques algériennes semblent s’éveiller sur une nouvelle exigence qui a été, ailleurs au Maghreb, mieux perçue, prise en charge et gérée. Au Maroc, les MRE (Marocains résidant à l’étranger) ont leurs propres structures d’accueil et de départ (police des frontières, douanes, banques, voyagistes), et, comme en Tunisie, les transferts financiers vers leur pays des émigrés représentent plus de 5 milliards de dollars annuellement. Dans leur pays, ils disposent d’une panoplie de mesures qui leur facilitent et rendent leurs vacances agréables, alors que leurs investissements dans leur pays bénéficient de toutes les facilités (bancaires, administratives, etc.).

Aujourd’hui, les autorités ont-elles compris le besoin impérieux de la communauté nationale à l’étranger d’être d’abord mieux représentée et défendue dans les pays d’accueil, ensuite d’être bien prise en charge lors des grandes vacances ? L’intégration de cette communauté est également un des objectifs des autorités diplomatiques, d’autant que la diaspora algérienne à l’étranger représente un formidable potentiel en termes financiers et de savoir-faire. Selon M. Medelci, cette intégration mettra au profit du pays le potentiel représenté par la communauté algérienne établie à l’étranger en matière de «savoir-faire, de ressources et de disponibilité», et la mettra en communion avec le reste du peuple algérien, qui lui aussi doit être informé de ce qu’est la communauté nationale à l’étranger.

«Il faut mieux écouter les préoccupations des ressortissants algériens, percevoir leurs messages et assurer d’autres niveaux de solidarité, outre la solidarité humaine», a-t-il dit à l’adresse des chefs de poste, avant de relever que «peut-être dans certains cas nous, qui sommes ici dans le pays, nous avons une vision un peu étriquée de ce que représente notre communauté à l’étranger. Il faut donc que cette communication entre Algériens puisse se faire d’une manière plus large, plus intelligente et plus mobilisatrice». Il a ainsi annoncé que des programmes d’actions conjoints entre le secteur des Affaires étrangères et celui de la Solidarité nationale seront élaborés et concrétisés selon les moyens disponibles en faveur de la communauté nationale à l’étranger. Il n’a pas précisé quels seront les moyens qui seront déployés pour mieux prendre en charge les besoins de la communauté nationale à l’étranger.

De son côté, le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale établie à l’étranger, M. Djamel Ould Abbès, a affirmé que son département ministériel oeuvrera à la protection des droits de la communauté algérienne émigrée. «La consolidation des liens avec la communauté nationale à l’étranger se fixe comme objectif premier de mettre à contribution la ressource humaine pour l’intérêt du pays et l’octroi, à ceux dont l’incapacité de produire est établie, le droit à une juste reconnaissance dans la dignité et le respect». «Nous veillerons sur la protection de leurs droits», a-t-il ajouté, avant de lancer un appel pour la mobilisation de cette communauté en faveur du développement national et la relance de l’économie nationale.

Pour autant, les deux ministres ont laissé beaucoup de points en suspens, notamment le degré d’intervention des autorités diplomatiques algériennes en faveur des sans-papiers, des harraga détenus dans les centres de transit, les cas sociaux, les reconduites aux frontières, etc. Autant de questions restées sans réponse, d’autant que les émigrés algériens, en Europe ou ailleurs dans le monde, sont souvent astreints au parcours du combattant quand ils veulent investir dans leur pays, ou simplement se faire virer de l’argent à partir de leurs comptes domiciliés dans les banques en Europe. Des questions, comme celles du transport et de l’accueil dans leur pays, qui constituent actuellement le talon d’Achille de la politique actuelle en matière de prise en charge de la communauté algérienne établie à l’étranger. Ou bien ce brusque intérêt n’est-il que conjoncturel, une opération de charme sans lendemain coïncidant avec la période des vacances

par Ali Babès

le qutidien d’oran

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