L’Italie déclare la guerre à l’immigration

Depuis mercredi, être clandestin en Italie devient plus risqué. Le paquet de mesures adoptées mercredi par le Conseil des ministres renforce considérablement les moyens à la disposition des forces de l’ordre et de la magistrature pour contrer un phénomène qui concerne quelque 650 000 sans-papiers. Trois sujets brûlants ont été abordés lors de ce Conseil de quatre heures convoqué à la préfecture de Naples, dans une ville parcourue sans incident notable par plusieurs cortèges de protestataires et quadrillée par d’importantes forces de police.

En premier lieu, la sécurité, avec un décret-loi entré immédiatement en vigueur, et deux projets de loi qui seront débattus en juin au Parlement. Ensuite, la lutte contre les ordures ménagères qui envahissent Naples, avec la centralisation des efforts au sein du gouvernement. Enfin, diverses mesures économiques qui devraient dégager 3 à 5 milliards d’euros de ressources pour accroître le pouvoir d’achat des familles. Sur le versant sécuritaire, le dossier préparé par le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, dirigeant de la Ligue du Nord favorable aux peines les plus dures, a été longuement débattu. Plusieurs membres du gouvernement se sont montrés soucieux de ne pas prêter le flanc aux critiques de Bruxelles et du Parlement européen, ravivées par les remontrances de Madrid.

L’idée d’introduire dans le Code pénal le délit d’immigration clandestine, assorti d’une peine de prison de six mois à quatre ans, a été retenue. Le ministre de l’Intérieur a justifié cette mesure en évoquant l’exemple de la Grande-Bretagne et de la Grèce. Il appartiendra au gouvernement italien de trancher. En revanche, le gouvernement est convenu d’expulser sur-le-champ tout immigré jugé coupable d’un délit. S’il est clandestin, la peine sera aggravée d’un tiers. S’il est pris dans un contrôle de police, tout immigré sans papiers devrait être interné dans un camp de rétention pour une période allant jusqu’à dix-huit mois. Encore faudrait-il que ces centres (CPT, en italien) soient en nombre suffisant : l’Italie n’en compte pas plus d’une douzaine. Une banque de données recensant l’ADN de tous les délinquants sera instituée. Le ministre de l’Intérieur en attend une réduction de 50 à 60 % des délits les plus répandus.

Par ailleurs, un test ADN sera proposé pour les cas litigieux de regroupements familiaux. Quant aux mariages de convenance (25 000 par an), une attente de deux ans sera imposée pour acquérir la nationalité italienne.

La question la plus délicate concernait le sort des domestiques, personnel d’accompagnement et aides-soignantes qui vivent au sein d’une famille italienne, souvent pour assister des personnes âgées. Quelque 450 000 d’entre eux se trouvent en situation irrégulière et la Ligue du Nord voulait les assimiler à des clandestins. Le gouvernement a préféré temporiser, le temps de trouver une solution pour en régulariser le plus grand nombre sans que cette mesure apparaisse comme une amnistie générale. Enfin, le gouvernement a décidé de punir avec sévérité les marchands de sommeil. Les appartements et autres locaux loués aux clandestins à des loyers prohibitifs seront confisqués aussitôt. Quant aux propriétaires, ils seront passibles de peine de six mois à trois ans de prison.

source : le Figaro

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