L’Algérie au carrefour de trois périls

L’Algérie au carrefour de trois périls

L’Algérie n’est pas dans la zone rouge. Ses 110 milliards de réserves de change peuvent lui permettre de venir voir, jusqu’à quand? L’économie algérienne portée par ses exportations exceptionnelles en hydrocarbures est-elle en sursis? Les dernières décisions prises par le gouvernement algérien afin de faire face à la spectaculaire hausse des prix des produits de consommation, devraient permettre de donner un répit aux citoyens. Il est prévu que le prix du blé sera revendu par l’Etat aux prix affichés sur les marchés mondiaux. L’Algérie qui émarge à la 5e place des pays importateurs de blé, achète quelque 5% de la production céréalière de la planète. Son agriculture qui a produit environ 43 millions de quintaux, l’année dernière, n’assure que 50% des besoins de la population. Ces chiffres à eux seuls témoignent de l’énorme dépendance du secteur agricole de ses produits importés. L’autosuffisance est une des priorités que se sont fixées les gouvernements successifs algériens depuis l’Indépendance. On demeure loin du compte. La sécurité alimentaire de l’Algérie n’est assurée que grâce à l’historique manne financière engrangée par ses exportations en hydrocarbures et à un baril de pétrole qui ne cesse de voler de record en record, 119,90 dollars mardi à New York.

Terrorisme, hausse des prix des produits de consommation, réchauffement climatique, ajoutons à tout cela la flambée historique des prix de l’or noir et l’on obtiendra la «recette» qu’il faut pour voir mourir à petit feu quelque 100.000.000 de personnes. Les dernières informations qui s’égrénaient et nous parvenaient, avaient de quoi mettre la puce à l’oreille. Tirer la sonnette d’alarme. L’homme le plus puissant de la planète s’est montré très inquiet. La cause: le prix du baril de pétrole qui flirtait avec les 120 dollars. «Je suis évidemment inquiet pour nos consommateurs», a déclaré le président des Etats-Unis G.W.Bush. Mais le dérèglement de l’économie mondiale a rendu surtout vulnérables les pays les plus pauvres. Et les pays industrialisés, l’Union européenne et les Etats-Unis, peuvent culpabiliser. Le Premier ministre britannique s’est montré disponible pour faire fléchir les objectifs de l’Union européenne en matière de production des biocarburants. Tout le monde s’accorde actuellement à dire que la modification des cultures liées à leur production favorise la flambée des prix de certains produits alimentaires (blé, maïs, soja…). La réunion d’experts convoquée par Gordon Brown et à laquelle a pris part, mardi, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a qualifié la crise alimentaire actuelle de «tsunami silencieux». Elle menace de précipiter dans la famine 100 millions d’êtres humains.

«C’est le nouveau visage de la faim: des millions de personnes qui n’étaient pas classées en état d’urgence alimentaire il y a six mois qui le sont maintenant», a désespérément constaté Josette Sheeran, directrice du PAM. La Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, a plus que doublé le prix de cette denrée. De gros exportateurs, tels que l’Egypte, l’Indonésie, le Cambodge se sont imposés de sérieuses restrictions. Pour une simple raison: répondre à la demande de leurs populations. «Le monde consomme plus qu’il n’en produit depuis trois ans, donc les réserves se sont amenuisées», a expliqué Josette Sheeran. L’Algérie qui a mené tambour battant une stratégie de désendettement extérieur entre 2004 et 2006, s’est libérée d’une lourde contrainte financière qu’elle traînait comme un boulet. Cela lui permet d’avoir des perspectives d’avenir qui la mettent, par ailleurs, hors de cette zone rouge: la sécurité alimentaire. Depuis une dizaine d’années environ, elle a fait face à ce fameux triptyque «terrorisme, hausse des prix, réchauffement climatique».

Pour le premier, on peut considérer qu’elle l’a vaincu. Pour le second, elle y fait face tant bien que mal. Et c’est peut-être le troisième phénomène qui risque de lui poser problème. Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’à moyen terme, le climat risque de subir de sérieuses perturbations: augmentation de la température, du niveau des océans et des mers, sécheresse et avancée du désert…Selon certaines études, la région méditerranéenne pourrait compter parmi les plus affectées par une réduction de la pluviométrie. Une sérieuse menace pour l’Algérie et son agriculture qui est dépendante à 50% des importations. L’élévation du niveau de la mer pourrait avoir de sérieuses conséquences sur ses infrastructures portuaires et littorales. Son économie, qui repose essentiellement sur les exportations en hydrocarbures, peut être mise en difficulté par les efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Séquestrer le carbone par le reboisement ou la capture et le stockage de gaz carbonique dans le sous-sol, constitue un des mécanismes qui mènent au développement propre. Encore un défi à relever et il n’est pas des moindres.

source : l’Expression

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