détenus algeriens en Libye

L’affaire des détenus algeriens en Libye.

Des cas d’injustice dans un « pays frère »
Il a fallu des cris de détresse de dizaines de nos compatriotes détenus pour des affaires de droit commun, en Libye, parfois montées de toute pièce, dans les journaux algériens, pour que les hauts responsables daignent enfin, prendre à bras-le corps cet épineux problème.
Après des mois de lutte et le recours à une grève de la faim dans les prisons mouroirs de ce pays frère, par des détenus algériens, pour qu’enfin, naisse un semblant d’espoir pour eux. En effet, la venue chez nous, samedi dernier, du premier ministre libyen qui s’est réuni avec les dirigeants algériens, a permis aux deux pays de conclure un accord sur « la situation des détenus dans les deux pays ».
En réalité, il s’agit des détenus algériens qui croupissent dans les geôles libyennes depuis des lustres. Y’a-t-il en effet, des détenus libyens en Algérie ? Si cela est, ils ne seraient pas condamnés sans raison et preuves comme cela se passe chez notre voisin de l’est. Dans ce pays, il suffit d’un rien pour que les étrangers et notamment les Algériens soient maltraités, volés de leurs biens acquis légalement, que leurs passeports soient confisqués, qu’ils soient jetés à 50 dans des cellules minuscules et oubliés pour des années. Des témoignages de nos concitoyens qui ont connu cette situation sont légion. Ils démentent tous les discours des dirigeants libyens sur « les relations excellentes » qui existent entre les deux pays. Entre ces discours et la réalité, le fossé est très large. Du reste, il n’y a même pas une convention judiciaire entre les deux « pays frères » et même si un tel accord existait, cela n’aurait rien changé à la situation de nos compatriotes qui ont eu la malchance de tomber entre les mains des services de sécurité libyens. Les deux pays ont conclu «un accord pour une solution à la question des détenus dans les deux pays», selon un communiqué commun publié samedi dernier, à l’issue de la rencontre entre le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem et son homologue libyen El Baghdadi Ali El Hamoudi. Or, le communiqué reste imprécis comme d’habitude sur le contenu de cet accord, ni sur le nombre de détenus concernés des deux côtés. On sait seulement grâce aux journaux et aux témoignages d’avocats algériens qu’il y aurait « une soixantaine de détenus algériens, dont certains condamnés à la peine capitale ou à l’amputation de la main droite, se trouvent actuellement dans les prisons libyennes, qui ont été condamnés pour trafic de drogue ou vol notamment, des crimes respectivement passibles de la peine de mort et de l’amputation de la main droite ».
La Libye applique les préceptes de la Charia contre les auteurs de ces crimes. Et il suffit qu’un dossier du genre, monté de toutes pièces, pour que l’on passe de vie à trépas sans coup férir dans ce pays où la justice est souvent, pour les étrangers, une vue de l’esprit. On se rappelle de l’affaire des infirmières bulgares… Le cas des détenus algériens en question n’aurait sûrement pas été porté à la connaissance de l’opinion publique et des autorités si leurs familles n’avaient pas introduit une demande auprès du président Bouteflika qui a personnellement pris en main cette affaire en février dernier, et mis au courant de dirigeant libyen Kadhafi « pour obtenir leur grâce », selon la presse. Or, même cette intervention n’a pas donné de résultats puisque de l’autre côté, on n’a pas appliqué la mesure. Cela dit, si du côté libyen, on oublie les promesses, pourquoi, tient-on des réunions communes de haut niveau sanctionnées par des engagements qu’on ne respecte pas ? Ainsi, à l’issue de la réunion de samedi dernier, les deux parties dit-on, « ont exprimé leur volonté commune de renforcer la coopération bilatérale dans différents domaines et de la hisser au niveau requis ».
Belkhadem qui s’exprimait lors de cette rencontre a affirmé que « les deux parties sont à nouveau appelées à faire une évaluation globale des relations de coopération pour cerner les difficultés et les entraves afin de les surmonter pour la mise en œuvre de projets et décisions, notamment pour ce qui a trait au volet humain et économique ». Son vis-à-vis a estimé que « la révision du processus de coopération entre les deux pays a révélé que cette dernière «demeurait en deçà des attentes en dépit des efforts consentis d’où la nécessité de cerner les difficultés et trouver les solutions nécessaires en vue du partenariat escompté ». Il faut dire que depuis des années ces déclarations lénifiantes n’ont rien donné sur le terrain, les frères libyens étant connus pour leurs humeurs changeantes…
Abbes Benali
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